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 Sois tranquille, tout va bien

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L'être sensible
Messages : 2
Date d'inscription : 13/12/2017
MessageSujet: Sois tranquille, tout va bien   Mer 13 Déc - 23:29


Sois tranquille,
tout va bien
Garrett & Jace
Roulé en boule dans le lit miteux d’un motel, j’attends que la douleur passe. Ils m’ont donné des cachets pour ça mais j’ai arrêté de les prendre dès que je me suis aperçu de leur inefficacité, soit très tôt, pourtant ils continuent encore de m’en prescrire, à croire que c’est pour se donner bonne conscience. Quel médicament peut soigner de l’adamentium dans les os de toute façon ? La douleur se calme enfin mais mon corps est en feu et en sueur et ma respiration saccadée. J’attends encore un peu, allongé dans ce lit avant de me décider à prendre une douche, sachant de toute façon que je ne dormirai pas. Je reste de longues minutes sous l’eau froide, je n’arrive plus à prendre de douche chaude maintenant, c’est comme touché du fer après l’avoir fait chauffé, ça brûle et ça fait mal. Je finis par sortir de là et enfile des vêtements avant de quitter le motel, choisissant de me remettre en route. Je trouve ma situation assez ironique, en me rendant plus fort ils m’ont aussi rendu plus fragile, mais après tout qu’importe ? Je vais enfin pouvoir retrouver mon frère et c’est tout ce qui compte pour moi. Cette fois c’est la dernière ligne droite, la dernière heure de voiture avant d’arriver jusqu’à lui, j’espère seulement que je n’aurais pas à faire de pause, mais après ma dernière injection ça devrait aller.

Pas de problème sur la route. Je me gare au parking du motel de mon frère, remarquant une autre voiture quasi identique à la mienne. Visiblement l’unité est abonnée à la même marque automobile, à moins que ce ne soit qu’une coïncidence. Je me dirige vers l’accueil, demandant à quelle chambre loge Garrett Aymes, mais le standardiste refuse de me répondre, affirmant que ce sont des informations confidentielles qu'il n'a pas le droit de fournir. Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, si un ennemi avait demandé la chambre de mon frère, je serais bien heureux que cet homme ne réponde pas, mais dans mon cas ça m’embête un peu, je ne vais quand même pas aller toquer à toutes les portes. Alors plutôt que d’insister je retourne à ma voiture et guette les passants, attendant d’apercevoir mon frère, espérant qu’il voudra prendre sa voiture assez vite.

Les minutes passent et je réfléchis à ces retrouvailles avec mon frère, me demandant ce que ça donnera. A-t-il pris goût à cette nouvelle vie sans moi ? Non, je me dis que d’une manière ou d’une autre je dois lui manquer. Une voiture se gare en face de la mienne et me tire de mes pensées. Deux hommes en descendent et me font froncer les sourcils, je les ai déjà vu quelque part. J’ai un mauvais pressentiment. Je suis du regard ces deux hommes, n’ayant pas besoin de sortir de ma voiture pour les suivre, l’avantage d’avoir une vue comme la mienne, c’est que je peux voir dans quelle chambre ils entrent sans prendre le risque de me faire repérer. Une fois que la porte se referme derrière eux je sors de ma voiture et m’avance jusqu’à cette chambre, essayant d’écouter ce qu’il se passe à l’intérieur. Je regrette de ne pas avoir l’ouïe de mon frère pour pouvoir les espionner.

Mon mauvais pressentiment continue de grandir et ça ne s’améliore pas lorsque je me rappelle où j’ai vu ces hommes. L’unité. Et je parie que c’est mon frère qui se trouve dans cette pièce. Il ne m’en faut pas plus pour réagir, enfonçant d’un coup d’épaule la porte de la chambre, profitant de ces nouveaux os pour pouvoir le faire sans qu’ils ne se cassent. Evidemment le bruit attire l’attention et lorsque je me trouve dans cette chambre il y a deux chargeurs braqués sur moi. Seule la voix de mon frère réagissant à temps les empêche de tirer. Je le regarde longuement, ne me souciant même plus de ces armes, de ces hommes.

- Garrett...

J’avais imaginé différemment nos retrouvailles, d’autres mots, juste lui et moi, peut-être un bon repas dans un restaurant du coin. Mais nous sommes là, dans sa chambre de motel, accompagné de ces deux soldats qui écoutent mon frère. Je ne saurais même pas dire s’il est leur chef ou juste leur collègue. Je ne comprends pas cette situation.

- Que fais-tu avec ces hommes ? Tu... Tu devais vivre loin de tout ça... Tu devais t’épanouir...

Je sais, sorti comme ça c’est un peu enfantin, naïf, utopique, mais c’est dans ma nature d’être le plus positif de nous deux, d’espérer, de vouloir, de croire. Travailler avec eux te détruira, ils te forceront à faire de mauvaises choses, des choses que je ne veux pas te voir accomplir. Je reste immobile face à cette scène, tiraillé entre l’envie de serrer mon frère dans mes bras tout en étant bloqué par ces deux spectateurs inconnus. J’aimerais qu’ils sortent de là Garrett, je te le demande à travers mon regard, si tu as du pouvoir sur eux, dis leur de nous laisser.

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Le soldat aguerri
Messages : 4
Date d'inscription : 11/12/2017
MessageSujet: Re: Sois tranquille, tout va bien   Sam 17 Fév - 14:39



 
Sois tranquille, tout va bien
Garrett & Jace
Encore combien de temps à supporter cette surveillance constante de leur part ? Ils devraient pourtant se rendre compte que j’étais assez… coopérant dans ma façon de travailler. Et ils me connaissaient, même si, à premier vu, je ne donnais aucun signe d’insubordination, j’étais plus que capable de trouver des moyens de faire chier mes supérieurs. Et le fait de ne pas avoir eu de nouvelles de mon frère ne faisait que rendre la situation pire encore. Je sentais naître en moi de la contrariété et même si mon visage n’en montrait rien, ma tension rendait les soldats mal à l’aise. Bien. Peut être qu’ils retrouveront un peu d’instinct de survie et qu’ils ne me feront pas chier du coup. En tout cas, ils valaient mieux pour eux.

Je pousse la porte de la chambre qu’ils m’avaient réservé, tombant sur deux hommes qui attendaient à l’intérieur. Si c’est pour des activités sportives, tentez une autre chambre les hommes. Je hausse un sourcil et j’ai le droit à une diarrhée verbale. Visiblement, ils veulent connaître l’avancement de ma mission. Je ne prends même pas la peine de répondre, attrapant la tablette que me tend le deuxième homme. S’ils voulaient connaître l’avancement de mes missions, ils n’avaient qu’à lire mes rapports. Et s’ils ne le pouvaient pas, ce n’était pas moi qui allais vendre la mèche. Manipuler les autres afin de les faire se retourner les uns contre les autres, c’était beaucoup de perte d’énergie et de temps pour rien. Je préférais encore la méthode plus directe, ou plus bourrine comme dirait mon frère.

J’écoute distraitement les mots de l’autre tout en lisant les nouveaux paramètres de ma mission, fronçant les sourcils à celle-ci. On dirait qu’ils aménageaient mon emploi du temps pour un peu plus de temps libre. Ce n’était pas normal. C’était peut-être une ruse pour connaître mes activités ? Mais dans ce cas, ils risquaient d’être déçus. Je n’étais certainement pas la personne la plus intéressante à observer. Ils s’étaient trompés de frère pour cela. J’ai beau ne pas prêter d’attention aux deux hommes, en tout cas pas plus que cela, je n’oublie pas la menace qu’ils représentent, restant debout et face à eux. Et heureusement parce qu’ainsi, je peux réagir quand j’entends quelqu’un défoncer la porte. Je relève le regard, mais je sais déjà qui est entré. Je reconnais cette démarche, même si elle semble plus lourde, ainsi que les battements de son cœur.

« Baissez vos armes ! »

Je ne suis peut-être qu’un sujet d’étude remplaçable, mais mon corps en lui-même vaut quelques millions de dollars, tout comme celui de mon frère. Soit bien plus que la valeur de ces soldats. Et s’ils ont bien leur devoir avant de venir me voir, ils doivent savoir que je n’aurais aucun remord à les éliminer s’ils menacent Jace et que peu importe la punition, l’unité elle-même s’est rendue compte que rien ne me ferait changer. Ils ont fini par s’y accommoder, en même temps, ils n’ont guère eu le choix. Je préfère encore mettre fin à leur expérience en me tirant une balle dans le crâne plutôt que de les laisser toucher à Jace. Je ne sais pas s’ils se rendent compte d’à quel point mes pensées peuvent aller loin, sinon cela ferait longtemps qu’ils auraient essayé, en vain, d’y changer quelque chose. Mais quelque part, un reste d’instinct doit réussir à leur faire comprendre qu’il y a des mauvais choix à effectuer, et de bien meilleur, même si ces derniers ne les laissent pas toujours en contrôle de la situation.

J’entends Jace parler, mais je ne lui réponds pas. Je n’utilise pas souvent la parole pour m’exprimer, avec Jace, la moitié du temps cela ne sert à rien. Mais je sais que cette fois, je devrais lui parler. Visiblement, on a tous les deux eu de mauvaises informations. Mais il est hors de question que je laisse ces deux mecs disséquer nos retrouvailles comme si cela leur fournirait des armes. Je comprends mieux leurs présences, soudainement. Ils étaient là pour assister à cette rencontre, plus que pour me donner des ordres. Sauf que s’ils tiennent à la vie, ils vont avoir d’autres choix à faire. Je sens le regard insistant de Jace sur moi et je ne lui réponds pas. Pas directement.

« Je garde cette tablette. »

Et vous pouvez partir. Les mots traînent dans le silence mais sont plus qu’audibles. Je sens l’un des gars prêt à reprendre la parole alors j’abats mes deux mains sur leurs épaules, serrant les doigts jusqu’à ce que leurs os protestent. Parfois, la menace est la manière la plus rapide d’obtenir satisfaction. Et je gérerais le retour du bâton sans cilier, comme toujours. En quelques secondes, nous ne sommes plus que deux dans la chambre. Je glisse mes mains dans les poches de mon jean et le seul signe de malaise visible chez moi, c’est mon changement de position, mon transfert de poids d’un pied sur l’autre. En même temps, seul Jace est capable de me faire ressentir des émotions. Et parfois Damian, quand je le laissais entrer. Peu souvent donc.

« Ils m’ont dit que tu étais dans le coma. Entre leurs mains. Et maintenant, ils organisent nos retrouvailles… »


Je me contente de faits, bruts, et pourtant, je ne lâche pas Jace du regard. Il a l’air… Je ne sais pas. Différent. Je n’ai pas l’habitude de voir quelque chose m’échapper en lui. D’une certaine façon, il est mon double et normalement, aucune de part de l’autre ne se trouve dans l’ombre. Pas comme cette fois. Je m’approche d’un pas, d’un seul, croisant son regard si expressif. Mon miroir plus que mon double… Mon miroir contraire. Blanc et noir. Ou plutôt rouge et noir.

« Je n’aurais pas pu rester loin. Pas tant que tu n’étais pas en sécurité. Pas tant que tu étais avec eux. Alors j’ai gagné du temps… C’est pour ça qu’ils étaient là, ces hommes… »
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