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 Cruel mirage aux allures de tendresse

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Le torturé
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Sam 26 Aoû - 18:24




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

Je ne sais pas réellement ce que je suis censé faire ce soir, face à toi. Te repousser ? Te garder près de moi ? Je ne suis pas sûr d’être capable de l’un ou de l’autre, pourtant... Pourtant quoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus rien désormais. Maintenant que nous avons évoqué ce passé douloureux ensemble, que je t’ai avoué la vérité, je ne sais pas ce que nous sommes supposé faire. On ne peut pas reprendre notre vie comme avant comme si rien ne s’était passé, c’est une certitude, et en même temps te laisser partir est difficile, mais je n’ai pas le droit de te garder à mes côtés, pas après tout ce que j’ai fait. Pourtant quand je te tourne le dos, quand j’attends ta voix se briser en prononçant mon prénom, j’ai le sentiment que tu ne veux pas que je m’en aille. Pourquoi ? Pourquoi désirerais-tu que je reste ? Pourquoi ne me détestes-tu pas ? Je ne te comprends pas Kathlyn, je ne sais pas comment tu fais pour avoir un si grand cœur.

Je n’arrive pas à me retourner vers elle, malgré mon envie, je me concentre pour ne pas la regarder parce que si je le fais je vais craquer, je ne vais plus vouloir m’éloigner, je ne vais pas la laisser s’en aller pour trouver ne serait-ce qu’un semblant de bonheur ailleurs. Alors je reste là, me contentant simplement de lui demander si elle a un endroit sécurisé où loger, parce que c’est important à mes yeux de la savoir saine et sauve. Elle me répond qu’elle a bien un endroit où aller mais qu’il n’est pas sécurisé et je sens ces picotements se propager dans mon corps. Mon esprit me hurle de laisser tomber mais mon cœur est plus convaincant quand il me dicte que je ne dois pas la laisser partir là-bas, après tout c’est mon devoir de mari de la protéger et même si la mort nous a séparé une fois, je crois que le serment que l’on a prêté tient toujours si on revient à la vie.

Le temps que je réfléchisse aux pour et aux contres, je la sens se rapprocher dans mon dos, je sens sa chaleur près de moi alors qu’elle ne me touche même pas, ou alors n’est-ce qu’un souvenir de ce que nous avions autrefois. Face à ta demande, je finis par me retourner vers toi. Oui, mon cœur l’a emporté sur ma raison finalement. Je glisse une main à l’intérieur de ma veste et en ressort une petite photo carrée de Kathlyn et Judith que je garde toujours sur moi, peu importe les circonstances, peu importe ce que je porte. Je lui tends la photo et la laisse s’en emparer au moment où je reprends la parole.

- Prends-la, j’en ai d’autres chez moi.

Chez moi, c’est fou comme ces mots sonnent creux et c'est étrange de les prononcer alors que je ne considère pas vraiment cet appartement comme l’un de mes biens. Le seul véritable chez moi que j’ai eu, c’était avec Judith et toi, mais je n’ai pas pu rester à cet endroit après le drame. J’ignore pourquoi mon cerveau envoie de tels ordres à mon corps, mais ma main finit par se relever, glissant tendrement une mèche de cheveux de Kathlyn derrière son oreille alors que mon regard est posé sur elle.

- Viens avec moi, l’endroit est sécurisé et tu pourras regarder par toi-même ce que j’ai gardé.

Tu risques d’être surprise du nombre d’affaires que j’ai gardé, à peu près tout en fait, je n’ai pas réussi à m’en séparer, mais je n’ai pas réussi à les déballer non plus. Tout est chez moi, proprement enfermé dans des cartons, si nombreux qu’ils en remplissent presque toute une pièce, une pièce dans laquelle je n’ai jamais osé remettre les pieds non plus. Ma main toujours près du visage de Kathlyn, je caresse sa joue de mon pouce, incapable de rompre à nouveau le contact avec elle. C’est trop difficile de m’éloigner de toi, même si je sais que je devrais, pas pour ce que tu es, mais pour ce que moi je suis.

- J’aimerais vraiment que tu acceptes Kat.

Je sais que je n’ai rien le droit de te demander et je ne te demande pas de le faire pour moi mais pour toi, pour ta sécurité car je ne supporterais pas te perdre à nouveau, pas alors que je viens tout juste de te retrouver.

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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Jeu 31 Aoû - 13:14


Cruel mirage aux allures de tendresse

Est-ce qu’on fait les bons choix, Jensen ? Les choix de notre passé n’était pas les bons, mais maintenant, est-ce qu’on arrivera à faire les bons ? Je l’espère. Jude a déjà payé le prix, il faut que pour elle, nous nous assurions que plus personne ne souffre des choix que nous puissions faire. Et malgré cette décision, je n’arrive pas à te laisser partir, alors que je sais que cela serait le bon choix. Je sais que cette unité, que tu as toutes les raisons de haïr et qui provoque en moi une méfiance de plus en plus certaine, garde un œil sur moi. Et si je reste dans les environs, ils risquent de te retrouver. Je… Je ne peux pas m’imaginer refaire ma vie, vivre autrement. Je ne peux pas t’imaginer le faire non plus. Mais je sais qu’un jour, tu le désireras surement. Et ce jour-là, je ne veux pas être un frein à ton bonheur. Parce que malgré toutes mes réserves, malgré mes sentiments mitigées, je sais que tu le mérites. Tu renierais surement cette idée mais tu le mérites. Tu as fais des erreurs, oui, mais tu les assumes aujourd’hui, nous les assumons. Maintenant, il faut juste… Qu’on arrive à avancer.

Voir ton dos provoque en moi un sentiment d’urgence. Je ne peux pas te laisser partir aussi facilement, je ne veux pas que ce soit notre dernière conversation. Je suis vraiment mauvaise pour m’en tenir à mes décisions, décidément. Je m’approche, sentant, malgré la distance qui nous sépare encore, la chaleur de ton corps. Le mien est devenu si froid après ma mort et il l’est resté, mais j’ai l’impression que ta chaleur serait suffisante… Je deviens folle, n’est-ce pas ? Je ne sais pas nommer ce que je ressens pour toi, je ne pense pas que ce soit l’amour d’autrefois, malgré tout, j’ai tant besoin de toi que je suis prête à faire d’énormes erreurs…

Il y a une demande qui me tient à cœur. Peu importe le temps que je vivrais encore, j’aimerais… pouvoir revoir son visage. Le tien aussi. Pouvoir vous revoir sans que ma mémoire ne me joue des tours, sans que je ne me demande si ses sourcils étaient aussi foncés que sa chevelure, ou si son sourire était aussi éclatant qu’au premier jour… Je veux une dernière image de mon enfant, de mon petit bébé. Une que je puisse emporter à jamais. Tu te retournes et j’attrape la photo que tu me tends, remarquant ses bords légèrement usés, avant de voir l’image inscrite à jamais sur le papier glacé. Je me rappelle de cet instant, je l’évoquais souvent à travers la douleur de ma soif, pendant mon enfermement, cette soirée où Jude s’amusait tellement et où elle avait fini par faire du poney. Une vraie campagnarde… La plus jolie.

« Merci… »


Ma voix s’étrangle doucement pendant que je serre la photo contre mon cœur, relevant les yeux vers Jensen, étonnée de sentir son geste tendre. Je croyais que tu voulais partir ? Et malgré mes envies égoïstes, je t’aurais laissé faire… Alors pourquoi es-tu encore ici ? Tes mots me surprennent, je croyais que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec la femme que j’étais devenue aujourd’hui. Alors… Pourquoi cette invitation ? Elle me surprend tellement que je ne sais pas quoi te répondre, je me contente de scruter ton regard, de découvrir ta sincérité.

Ta main contre ma joue fait remonter tellement de souvenirs. De bons souvenirs. Je connais chacune de ses cales, dues au maniement des armes à feu, je connais chaque minuscule cicatrice qui rendent ce contact si doux et si rugueux. Et pourtant, je redécouvre ton contact, je le ressens plus que jamais, tout comme cette chaleur. Tu insistes, me surprenant. Ce n’est pas vraiment l’ancien toi, cela. Mais… Je crois que je pourrais apprécier ce nouvel aspect.

« D’accord… Mais pas trop longtemps. Je ne veux pas te mettre en danger. »

Je parle autant de ma soif, que des strigoïs qui pourraient suivre notre odeur ou de cette unité. Il y a trop de dangers pour que je reste longtemps, malgré mes envies contradictoires. Je t’adresse un léger sourire, en voyant le reflet dans tes yeux. Te regarder m’est à la fois si douloureux et bienfaisant, je retrouve en toi les traits de Jude, les traits dont je suis également tombée amoureuse… Mais je redécouvre aussi ses traits, me rappelant que si je les avais oublié, c’était en partie à cause de ses si grandes absences… Mais je ne veux pas me laisser aller à la tristesse, pas encore. Je lève la main, attrapant la sienne avec douceur. Mettons-nous en marche alors, avant que des gens malintentionnés n’arrivent…

« Je te suis, Jen’, allons-y… A moins que tu n’ais un autre arrêt à faire cette nuit ? »

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Le torturé
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Dim 17 Sep - 22:26




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

Cette soirée est douloureuse, même si je fais tout pour ne rien montrer, c’est douloureux de la revoir. Le passé remonte, mais en même temps ce n’est pas comme si j’avais réellement pu l’oublier ou même passer à autre chose. Je sais que je devrais être heureux que Kathlyn soit en vie, même dans cet état, sauf que je ne suis pas sûr d’avoir le droit de l’être alors que sa nouvelle espèce la fera souffrir, la fait probablement déjà souffrir. Pourquoi sommes-nous encore de ce monde Kathlyn ? Pourquoi nous et pas elle ? Si je pouvais avoir une conversation avec le maître de nos destins, il y a beaucoup de questions que je lui poserais, pourquoi de reproches que je lui ferais aussi. Sauf que ces reproches c’est à moi que je les fais.

Maintenant que Kathlyn a eu cette photo je devrais probablement repartir, je sais que je devrais la laisser s’en aller. Pourtant je reste là et je la pousse à en faire de même à travers ce doux et amer contact. Je perds alors toute conviction et réalise que je ne peux pas la laisser partir, encore moins si sa vie est en danger. Alors je finis par lui proposer de venir chez moi en attendant de trouver mieux, mais au fond on sait tous les deux qu’une fois que tu auras posé tes affaires là-bas, je t’empêcherais de repartir. Evidemment je ne te forcerai jamais à rien, mais je te convaincrai. Tu acceptes ma proposition, affirmant que tu ne resteras pas longtemps mais la raison ne me plaît pas. Si tu es en danger Kathlyn, tu seras plus en sécurité chez moi qu’ailleurs, et crois-moi je ne m’en fais pas pour ma sécurité, tu ne devrais pas t’en faire non plus.

- Je suis préparé à affronter le danger.

Elle m’adresse un sourire, loin de ressembler à ceux que j’ai connu mais qui la rendent tout autant chaleureuse. Sa main se pose sur la mienne, doucement, presque douloureusement à mes yeux et c’est une bonne chose qu’elle veuille qu’on se mette en route, autrement je crois que j’aurais été capable de l’embrasser. Je ne mérite pas ses baisers, encore moins son amour.

- Non, rien de prévu. Allons-y.

La seule chose que je prévoyais ce soir, c’est de rentrer et sortir une bouteille d’alcool. J’imagine que la bouteille peut bien attendre. Le contact se rompt entre nous et nous voilà en route. Le trajet est calme, voire même trop silencieux, à tel point qu’il m’arrive par moment de vérifier du coin de l’œil si elle me suit toujours. Au final on arrive assez rapidement, je n’habitais pas très loin de toute façon. Après avoir dépassé les bâtiments, on arrive dans un village ou plusieurs maisons se font face les unes aux autres tout au long de la rue. En temps normal c'est dans un studio miteux que je vis, cette maison m'est plus utile pour le travail que je mène, mais j'imagine qu'il est préférable que je l'amène ici. Etant donné mes activités j’avais besoin d’un sous-sol, et c’est tout de même plus facile d’installer du matériel de sécurité dans une maison que dans un immeuble, donc elle sera plus en sécurité ici.

Je sors un trousseau de clés et active le portail qui s’ouvre devant nous pour nous laisser entrer, puis j’attrape une autre clé pour ouvrir la porte et pénétrer à l’intérieur de la maison. C’est assez spacieux, mais cette impression est aussi due au manque de meubles. La maison est plutôt vide, à quoi bon prendre le temps de la meubler alors que j’ai déjà le nécessaire ? J’ai un bureau avec le matériel nécessaire pour mener mon travail à bien, ordinateurs et tableau d’enquête. J’ai une chambre avec simplement un matelas posé à même le sol et deux meubles pour mes vêtements. Une cuisine avec un frigo et des placards pas réellement remplis. Une salle de bain avec des serviettes et du savon. J’ai l’eau et l’électricité. Je n’ai pas besoin de plus. Il n’y a que deux pièces qui sont interdites d’accès, le sous-sol ainsi qu’une pièce complètement vide de meubles mais remplie de cartons. C’est vers cette pièce que je me dirige accompagné de Kathlyn et c’est cette porte que j’ouvre.

- Je crois qu’il y a à peu près toutes vos affaires ici. Je n’ai pas réussi à m’en séparer. Je n’ai pas réussi à les déballer non plus.

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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Dim 1 Oct - 11:01


Cruel mirage aux allures de tendresse

Je n’arrive pas à savoir quel choix est le meilleur à effectuer. Est-ce que je dois te laisser partir ? Sachant que cela surement notre dernière rencontre et que tu risques de t’en vouloir pour le reste de ta vie face à ce qui nous est arrivé ? Ou dois-je te retenir ? Sachant que ce choix pourrait t’être dangereux et être dangereux pour nos cœurs. Je suis tombée amoureuse de toi, Jensen, pour tellement de raisons que j’en ai eu le tournis, j’aimais chacun de tes défauts, de tes faiblesses et de tes qualités. Et même si je ne sais plus ce que je ressens face à toi, je sais que je pourrais bien vite retomber dans cet état de douceur, sans savoir si c’est réellement une bonne idée.

Ton contact, si léger, me surprend, encore plus quand tu touches ma peau. J’avais cru comprendre, en entendant ton histoire, que tu ne supportais pas les strigoïs. Alors comment peux-tu supporter de me toucher ? D’entrer en contact avec ma peau si froide, si blanche ? Je ressemble tellement au cadavre que je suis devenue ce soir-là, que je ne supporte plus de croiser mon reflet, alors que toi, tu réussisses à me toucher… Je ne sais pas si cela me choque ou m’émeut le plus… Mais je sais que mon cœur se gonfle de tendresse presque douloureusement. Oui, je te suivrais, mais pas longtemps, pas assez longtemps pour te devenir dangereuse.

« Surement oui. Mais laisses-moi penser que je peux te protéger également. »

Je ne veux pas être celle responsable de ta déchéance. Nous sommes déjà tombé si bas, si profondément que nous ne voyons plus la lumière… Inutile d’en rajouter. Je lève doucement ma main pour la poser sur la sienne. C’est difficile, après autant de temps passé dans cette peau, de tout faire avec la vitesse et la force d’une humaine. J’ai encore du mal à doser, parfois, il faut dire que je n’ai pas vraiment eu d’entraînement auparavant, juste de la douleur… Mais je ne veux pas penser à cela. Alors je te souris avant de te demander si nous pouvons y aller. Ta réponse me fait doucement hocher la tête avant qu’on se sépare pour se mettre à marcher.

Je ne sais pas à quoi tu penses, mais je ne peux pas empêcher mes pensées d’errer vers le passé. Autant vers notre passé en commun que celui que j’ai vécu avec Cara. Je me demande comment tu réagirais face à toutes les marques de morsures sur mon corps ? Des morsures que je me suis infligée. Surement t’en voudrais-tu. Tu restes bien trop noble, malgré notre passé, Jensen. A t’en vouloir pour des choses dont tu n’as pas le contrôle. Quand à moi, à qui est-ce que j’en veux ? J’ai du mal à faire le tri dans mes émotions. A savoir à qui est destiné l’amour, la haine, la colère, la culpabilité…

Tout à coup, on se retrouve dans un de ses quartiers de série américaine, avec les maisons domestiqués où chacun peut parler à son voisin par-dessus la haie… Et je me retiens d’exprimer ma surprise quand je vois un portail s’ouvrir suite à une pression de Jensen sur son trousseau. Est-ce que tu habites vraiment ici, Jen’ ? Ca ne paraît pas être ton genre. Je t’aurais plutôt imaginé dans un loft que dans une maison, surtout après ce qui s’est passé dans la dernière…

Je marche dans ses pas et j’ai la surprise de tomber sur une maison qui ne paraît pas du tout habité. Aucune photo, aucun bibelot, pas de tapis, pas de cadre, pas de poussière. Rien. Juste du vide. Et une porte qui s’ouvre vers une salle remplie de cartons. Je tourne mon regard vers Jensen quand il prend la parole, esquissant un sourire douloureux à ses paroles.

« C’est difficile de croire qu’autant d’années de notre vie peuvent tenir dans si peu de place, n’est-ce pas ? »


Je regarde ensuite la pièce et après une profonde inspiration, je rentre dans cette salle. J’ai l’impression d’être une étrangère dans mon corps, d’assister à cette scène sans mes émotions. Je ne réalise pas encore. J’ouvre doucement un premier carton qui se trouve sur une pile arrivant à ma hauteur et je tombe sur plusieurs bouts de tissus bien pliés. Et quand j’en déplie un, je tombe sur l’une des jolies robes de Jude. Je me mords les lèvres jusqu’au sang pour retenir mon sanglot, le silence laissant tout de même entendre ma respiration tremblante quand je m’éloigne du carton. Je ne me tourne pas vers Jensen, je préfère qu’il voit mon dos plutôt que mes yeux remplient de perles salées que je tente de retenir. Je serre les poings sur le bas de ma robe blanche, en froissant le tissu délicat.

« Je crois que je me suis surestimée. » Je laisse un petit rire tremblant m’échapper avant de continuer, toujours dos à lui : « Est-ce que je pourrais revenir dans cette salle un peu plus tard ? »

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Le torturé
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Dim 8 Oct - 15:08




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

C’est assez ironique de parler de protection ce soir alors que c’est justement ce dont nous avons cruellement manqué il y a quelques années, ce manque de protection qui nous aura coûté la vie de notre enfant. C’est d’autant plus ironique que l’on cherche mutuellement à se protéger aujourd’hui malgré nos espèces respectives. Tu devrais vouloir me vider de mon sang pour tous les malheurs que tu as enduré par ma faute, et je devrais te chasser pour arrêter cette cruelle vie dont j’ai toujours voulu t’épargner. Pourtant nous voilà là, l’un en face de l’autre à discuter si simplement, à évoquer le passé et notre vie ensemble. Il faut croire que le destin aime se jouer de nous. Dis-moi Kathlyn, est-ce que tu penses qu’aujourd’hui on saura réellement se protéger ? Ou est-ce qu’on chutera ensemble, menant à la perte de l’autre ?

On se met en route vers un endroit sécurisé, une maison que j’ai achetée bien plus pour le travail que pour y vivre. On arrive rapidement sur les lieux, silencieusement, et je te mène directement vers la pièce qui t’intéresse, celle que tu me réclames. Je pousse la porte, te laissant découvrir cette salle remplie de cartons fermés, des cartons que je n’ai pas eu la force d’ouvrir, des cartons dont je ne saurais me débarrasser. Elle se tourne vers moi, prononçant ces mots qui sont tristement vrais. Tu as raison Kathlyn, c’est difficile à croire et pourtant tout est bien là, absolument tout.

- Oui, difficile...

J’aurais aimé qu’il n’y ait aucune boite pourtant, que nous ayons toujours notre maison, que notre fille soit en vie, que tu sois encore humaine. Ce n’est pas de voir ces cartons qui est le plus difficile, mais plutôt de voir où on en est aujourd’hui, si loin de l’avenir qu’on avait en tête. Je la regarde entrer. Moi je reste au pied de la porte, incapable d’aller à l’intérieur, incapable de faire comme elle. Elle attrape un carton au hasard et commence à sortir quelque chose. Un silence pesant règne dans la pièce. Je préfère me concentrer sur la vue de son dos plutôt que d’observer ce qu’elle a sortie de cette boite, pourtant mon regard fini par croiser un bout de ce tissu qui dépasse de la cuisse de Kathlyn. Je me souviens parfaitement de quelle robe il s’agit, je revois encore Judith courir vêtue ainsi. Je détourne mon regard. Je me détourne complètement, tournant le dos à cette pièce, ne désirant pas en voir plus. Visiblement Kathlyn non plus.

- Ce sont tes affaires Kat et celles de notre enfant, cette salle t’est libre d’accès autant de fois que tu le voudras.

Après tout qui suis-je pour t’interdire de mettre les pieds ici ? Ce n’est pas parce que moi je refuse d’y aller que tu dois faire la même chose. Je ne supporterai pas que quelqu’un d’autre mette son nez dans ces cartons mais toi ? Tu as tous les droits sur ce qui se trouve ici.

- Je vais te montrer où tu peux dormir.

Je m’éloigne de cette pièce trop étouffante à mon goût, me dirigeant vers ce que j’appelle une chambre mais qui n’est en réalité qu’une autre pièce vide avec un matelas et un simple placard à l’intérieur. Je baisse complètement les volets, heureusement aucun rayon de soleil ne passe à travers eux car je n’ai pas prévu de rideaux. Kathyn entre à son tour et découvre la pièce, pas vraiment très accueillante mais pour l’instant c’est le mieux que je puisse faire.

- Je t’achèterai un socle de lit et quelques meubles, si tu as besoin de quelque chose en particulier n’hésite pas à me le dire.

Je quitte à nouveau la pièce, il n’y a pas grand-chose à arranger puisqu’il n’y a pas grand-chose dans cette maison. J’imagine qu’il est temps pour moi de la laisser, j’ai un studio qui m’attend et une nouvelle bouteille à entamer.

- J’essaierai de te ramener de quoi te nourrir avant le coucher du soleil. Repose-toi en attendant, tu ne craindras rien ici.

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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Dim 26 Nov - 1:05


Cruel mirage aux allures de tendresse

Est-ce que tu habites réellement ici, Jensen ? J’ai du mal à y croire. Ce quartier, ce n’est pas toi, encore moins le nouvel homme que tu sembles être. Tu as changé, en même temps, après toutes ses épreuves, c’est quelque chose de naturel… Et cet homme que je vois devant moi semble être sombre, amer… Pas le genre d’homme qui irait aider sa voisine à décoincer son chat perché sur son arbre, et pourtant, c’est ce le genre de chose que j’imagine avoir lieu dans ce quartier.

On passe le pas de la porte et même si ce vide me rend mal à l’aise, il correspond bien plus à l’image que je me suis faite de ta vie. Je ne comprends toujours pas le choix de la maison, mais… Je crois que je peux comprendre que tu n’ais pas envie d’y laisser des souvenirs, mais… Tu sembles pousser la chose loin tout de même. Il n’y a rien, on dirait presque une maison à vendre, qu’on visiterait en imaginant un futur moins sombre, sauf que la réalité est bien loin.

Ces cartons… Ces cartons sont emplis de toutes nos années ensembles, de tas de souvenirs, d’odeurs, de sentiments… Et tout cela tient dans une pièce, dans quelques dizaines de petits cartons. Toutes ses années réduites à si peu… Je t’entends me répondre pendant que j’avance et que j’ouvre doucement un de ses cartons. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais… Mais je ne pense pas que je puisse en supporter plus pour ce soir. Te retrouver, même si je te cherchais, étais déjà compliqué… Mais de revoir un souvenir de notre petite fille, sentir son fantôme revenir de la pièce, même si elle ne quitte jamais mes pensées… C’est trop dur.

Je te pose une question, sans me tourner vers toi. Ne le prends pas personnellement, mais j’ai besoin de ce temps pour me reprendre, après tout, nous ne sommes plus ensemble. Enfer, nous ne sommes même plus mariés, j’ai bien vu mon acte de décès dans l’administration. Alors, je ne peux plus, je n’ose plus, te montrer mes pires sentiments. C’est étonnant, parce que même déjà peu avant ma mort, nous étions dans cette situation. Nous étions tellement éloignés, que nous avions construit un masque pour l’autre, enfin c’était mon cas. Je ne me sentais plus assez en confiance pour te dévoiler mes sentiments. Mon confident avait été un autre, un autre qui…

Ta voix me sort de mes pensées et c’est tant mieux. Je ne veux plus m’aventurer sur ce terrain. Je murmure doucement un merci, promenant mon regard sur cette salle. Si vide, si impersonnelle, et pourtant, elle contenait un trésor douloureux, doucereux, précieux en son sein… Je t’entends partir mais je prends une seconde pour ranger la jolie robe de Judith, une larme coulant doucement le long de ma joue pendant que j’effleure du bout de mes doigts mes lèvres, les déposant ensuite contre le tissu en un semblant de baiser. Je suis si désolée, bébé…

Je profite de ma vitesse pour refermer la porte et rejoindre Jensen pendant qu’il ouvre la porte d’une salle un peu moins vide que les autres, mais tout aussi sordide. Je sens ma peau me démanger, je ressens dans tout mon corps le soleil qui s’est levé, ce danger qu’il représente et ça ne me rappelle qu’un peu plus la distance qu’il y a entre nous, bien plus réel que cette distance physique que nous nous imposons. Tu continues à parler et je secoue doucement la tête, reprenant véritablement la parole pour une première fois depuis longtemps…

« Ne t’embêtes pas Jensen, le matelas me suffit, crois-moi. C’est déjà un joli luxe en soit, je n’ai pas besoin que tu dépenses plus d’argent pour moi. »

J’ai passé des années dans une cave, à dormir sur un sol infesté par des cafards et des rats qui venaient me ronger la peau dès que l’obscurité tombait sur la pièce. Un matelas, encore plus propre, c’était déjà bien assez. Je n’avais pas besoin d’autre chose, d’un sommier ou d’une belle literie. J’avais dormi dans des lieux pire encore.

Je détourne la tête quand Jensen reprend la parole, voyant qu’il était déjà prêt à partir. C’est idiot, mais je dois me retenir de lui demander de rester. Ça le mettrait en danger, ça l’insupporterait sûrement mais… Je déteste la solitude. Et je déteste également ce soleil qui m’oblige à me terrer et qui me laisse bien trop de temps pour penser, imaginer, me torturer. Alors oui, je me retiens de lui demander de passer la journée avec moi. Surtout qu’à voir sa tête, j’ai l’impression qu’il va se torturer dès qu’il sera parti. Et même si mes sentiments envers lui sont plus que confus, je ne veux pas le savoir en train de plonger à cause de moi…

« Ne t’inquiète pas pour moi, fais attention à toi s’il te plait, cette ville… Il y a trop de gens qui s’y intéressent, bien trop de dangers… Promets moi juste que tu reviendras, pas forcément ce soir, ni demain, mais quand tu seras prêt. »


Parce qu’à ce moment là… Tu apprendras peut-être des choses qui te surprendront et je préfère que tu y sois préparés. Malgré moi, une de mes mains glissent sous la manche longue de ma robe, effleurant les cicatrices qui les recouvrent. Oui, plusieurs choses restent encore en suspens… Mais pour une autre fois. Ce matin, nous avons bien assez de choses à penser…

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Le torturé
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Dim 26 Nov - 18:13




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

Etre ici, dans cette pièce avec elle est douloureux. Mon passé me surgit en pleine figure et je ne peux pas l’esquiver. Je ne peux pas lui dire de s’en aller, j’en serais incapable de toute façon. Je ne peux pas non plus lui dire de laisser ces cartons à leur place et de ne pas y toucher, ils lui appartiennent tout autant qu’à moi après tout. J’aimerais juste pouvoir me défiler cette fois, respirer un bon coup car j’ai l’impression que ma cage thoracique est en train de comprimer mes poumons, et ensuite je replacerai ce masque à nouveau. Sauf que je ne peux pas, je dois le maintenir en place jusqu’au bout de cette rencontre, je ne peux pas prétendre être fort et m’écrouler sous ses yeux en même temps.

Je dois pourtant changer de pièce, voilà pourquoi je détourne enfin mon regard de ces boites pour venir lui présenter le lieu où elle pourra dormir. Je me rends compte à quel point cet endroit peut paraître sordide, mais en même temps je ne vis pas réellement ici, bien que mon studio ne soit pas franchement mieux, mais un peu plus meublé tout de même. Je me suis toujours dit que si des voisins ou la police décidaient un beau jour de s’inviter chez moi, ça paraîtrait étrange que tout soit vide, et bien j’imagine qu’accueillir Kathlyn ici est l’occasion pour moi de faire ce que je reporte toujours au lendemain.

- Il faut bien que cet argent serve à quelque chose.

Ou à quelqu’un. Après tout j’ai économisé toutes ces années pour pouvoir offrir de belles études à notre fille, une vie dont elle ne manquerait de rien, sauf qu’elle a disparu et toi aussi. Alors à quoi sert cet argent maintenant ? J’ai pu payer cette maison pour le travail ainsi qu’un studio pour vivre, pour le reste je n’ai besoin que du strict minimum et malgré l’argent que j’ai versé en diverses associations il reste encore ce compte qui continue de s’alimenter. Alors oui, si cet argent peut te servir, utilises-en autant que tu le voudras, autant que quelqu’un en profite même si je sais que tu n’es pas du genre à dépenser des fortunes, mais tu peux au moins avoir un sommier et quelques meubles.

Je m’éloigne d’elle, me disant que je n’ai plus rien à faire ici, qu’il est temps de lui laisser son intimité. Au moins maintenant je saurais où la trouver, mais je ne sais pas si j’aurais la force de revenir si vite, malgré ma proposition de lui ramener de quoi manger avant que la nuit tombe. Peut-être que je pourrais lui faire livrer son repas, et quelques meubles aussi... Je ne sais pas, chaque chose en son temps je suppose. Kathlyn me demande de faire attention à moi, mais elle ignore encore que les autres ne sont pas réellement un danger à mes yeux, mon pire ennemi c’est moi-même et ça elle finira vite par le comprendre.

- Je reviendrais vite Kat, je te le promets. Repose-toi bien.

Et sur ces mots je quitte cette maison et la laisse seule, ignorant si c’est une bonne ou une mauvaise chose pour elle tout comme pour moi, mais je ne pense pas que nous soyons prêt à redevenir proche aussi vite, je ne sais même pas si nous serons proche à nouveau un jour. Je sais juste que pour me vider l’esprit, il n’y a rien de mieux pour moi que ce cher ami le Whisky qui m’attend dans mon studio. Il semblerait que ce soir lui et moi aurons beaucoup de choses à nous dire.

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Cruel mirage aux allures de tendresse
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