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 Retour à la réalité

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La captivée
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Date d'inscription : 04/09/2017
MessageSujet: Retour à la réalité   Lun 4 Sep - 23:40



Retour à la réalité

Je ne sais pas ce qui est le pire, ne rien savoir sur ce qui m’est arrivé pendant deux ans ou me souvenir de tout ? Je crois que dans ces conditions, l’oublie est mieux que la vérité, mais en même temps ne pas savoir est cruel, c’est se poser des questions sans cesse sans jamais avoir de réponses. Peut-être qu’un jour je me souviendrais. J’ai intégré l’infirmerie dans la nuit, mes parents sont arrivés peu de temps après, soulagé de me savoir en vie, apeuré également. On m'a donné du sang pour soigner mes blessures, d’après les infirmiers les ravisseurs ont fait en sorte que je ne garde pas de séquelles définitives sur mon corps, donc pas de cicatrices. Mon corps restera intact, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il n’y ait plus aucune trace de ce qui m’est arrivé. Ça a été un soulagement pour mes parents, comme s’ils auraient pu ne plus m’aimer si je restais à jamais abîmée. Quand j’ai réalisé cette étrange vérité, je me suis renfermée et j’ai cessé de parler.

J’ai laissé les infirmiers faire leurs diagnostics, d’abord les dégâts physiques, ensuite les questions auxquelles je ne répondais pas. Mes parents me suppliaient de donner quelques informations aux infirmiers, mais je ne voulais pas parler, j’avais seulement envie qu’on me laisse tranquille. L’interrogatoire ne menant à rien, les infirmiers ont choisis de me laisser quelques heures de repos, faisant sortir ma famille. Je pensais que me retrouver seule m’aiderait à me calmer mais finalement ça n’arrangeait rien. Je suis épuisée et pourtant je n’arrive pas à fermer l’œil, je sursaute au moindre bruit et j’ai horreur de l’obscurité dans laquelle on m’a plongé.

J’ai dû finir par m’endormir d’épuisement puisque c’est d’une caresse à l’épaule que ma mère me réveille. Je me redresse en sursaut et la repousse violemment, je ne veux pas qu’on me touche. Les infirmiers entrent à leur tour et me parlent d’autres examens qu’ils aimeraient me faire. Je finis enfin par parler, je leur demande de quel genre d’examens il s’agit et même si la réponse est vague, je comprends qu’ils veulent vérifier si j’ai été victime ou non de viole. Je me fige, mon sang se glace. Moi ? Violé ? Ce mot me donne la nausée. Je leur dis que je ne veux pas faire ces tests mais ils insistent, alors je les repousse et cours m’enfermer dans la salle de bain. Tout le monde tambourine à la porte, me demandant de leur ouvrir et la seule chose que je trouve à dire sont ces mots.

- Lilith ! Je veux qu’on m’amène Lilith !

Je ne sais même pas pourquoi c’est elle que je réclame, peut-être parce qu’elle a connu un passé douloureux et serais la plus à même de m’aider, peut-être parce que d’une certaine façon il n’y a qu’elle qui arrive à voir au-delà des apparences. Lilith m’a déjà calmé une fois, peut-être y arrivera-t-elle cette fois encore ? Je ne sais pas, je sais juste que je ne veux pas parler à mes parents ni à un quelconque infirmier. Mon corps est tremblant lorsque je m'avance vers le miroir de la salle de bain, c'est étrange comme j'ai l'impression d'être la même personne tout en étant en même temps si différente. Je regarde rapidement les bleus sur ma peau pâle, les marques de griffures et autres coups. Je ne supporte pas mon reflet bien longtemps, alors je me recule et me laisse tomber contre la porte. Je reste assise sur le sol derrière la porte fermée à clef, mes bras autour de mes jambes, recroquevillée sur moi-même. Quand est-ce que je vais pouvoir reprendre une vie normale ? Je veux qu’on arrête de me poser des questions, je veux qu’on arrête de me dévisager. Je veux juste retourner étudier, sortir avec mes amis et faire la fête. Je veux que tout redevienne comme avant.

De longues minutes se sont écoulées avant qu’on ne m’annonce qu’ils sont partis chercher Lilith, une part de moi est soulagée, je n’aurais pas aimé qu’on me refuse cette demande. La voix de ma mère est cassée derrière la porte, elle tente de m’atteindre, de me pousser à lui ouvrir la porte mais je ne lui réponds rien. Je reste juste là à l’écouter et à lui supplier mentalement de s’en aller. Puis à un moment donné j’entends un échange au loin, je ne comprends pas ce qui est dit mais juste après j’entends des pas s’éloigner de la chambre avant de la quitter. Je ne sais pas si Lilith est arrivée, je ne sais pas si c’est elle qui les a fait sortir, mais je sais qu’il n’y a plus personne derrière la porte, hormis la personne qui les a fait partir. Je ne déverrouille pas la porte de la salle de bain pour autant, pas encore, avant j’ai besoin d’entendre le son de sa voix pour être sûre que ce soit elle.

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MessageSujet: Re: Retour à la réalité   Jeu 21 Sep - 18:35


     

Retour à la réalité

Si tu attends assez longtemps, une balle te trouvera. Ma vie c'est ça, la mort et la douleur. La douceur, ça sera pour une autre fois.

Quand quelqu’un me demande, je lui dis que je n’ai plus de famille, plus de sang en tout cas. Pour moi, le seul restant de famille que j’ai, c’est Daniella et au vu de ce qui s’est passé avec sa fille, avec la seule femme que j’ai aimé, je ne suis pas du genre à crier ce lien sur tous les toits. Pour les autres, je ne les considère pas comme ma famille, loin de là même. Que ce soit de la famille de part mon père ou ma mère, ils sont tous aussi pourris les uns que les autres. Ils savaient à quel point leur frère ou leur sœur étaient toqués mais aucun n’a bougé son cul à ma naissance pour agir, pour les faire enfermer. Je suis pas retournée au point de leur en vouloir pour mon Enfer, mais je vais certainement pas les accueillir à bras ouverts. Nan, pour moi, aucun d’entre eux ne fait parti de ma famille. Alors j’ai juste envie de raccrocher au pouf de cette pouffiasse qui m’appelle en se disant être ma tante, en disant que je dois l’écouter, qu’on a besoin de moi. Va voir ailleurs si j’y suis, la peroxydée, j’ai pas de temps à perdre pour toi. La seule raison qui fait que je prends mon gros tout terrain pour me ramener à l’académie, c’est un nom, un seul : Jade.

Cette femme et moi, c’est un peu étrange. Quoi que, femme n’est peut-être pas bon le terme. C’est une gosse, le genre de gosse que je n’ai jamais pu être. Le genre de femme têtue, indépendante toute en étant dépendante, rebelle mais attachante, garce mais douce. Elle était tout autant fausse que je pouvais être franche, tout autant manipulatrice que je pouvais être brutale. On était le feu et la nuit, mais étonnement, elle était la seule envers qui j’acceptais de parler. Peut-être parce que contrairement aux autres, elle ne fermait pas les yeux. Oh, elle ne connaissait rien, absolument rien de mon passé, elle me prenait juste pour une sauvageonne avec une éducation à zéro pointée. Mais au moins, son regard ne passait pas au travers de moi, en essayant d’oublier sa culpabilité. Elle était innocente. Et elle était de retour.

« Lilith ! Merci d’être venue, Jade s’est… »

« Ta gueule, le vieux. Je suis pas venue pour t’entendre te parler. Gardes ton inquiétude pour les médias, j’en ai rien à foutre de ton numéro. »


Je referme ma portière, dépassant le vieux d’un coup d’épaule. Ouais le père de Jade, c’est comme sa mère, l’un et l’autre m’écoeurent. Ils sont hypocrites, plus occupés par l’apparence que par la réalité. Ils vivent dans un conte plein de miel et de fausseté. Jamais ils ne survivraient plus d’une heure dans mon monde. Alors je n’en ai rien à faire d’être délicat avec eux. Tout comme je n’en ai rien à foutre de sa mère, du médecin et des deux infirmières présentes dans la pièce, essayant de causer à la porte où s’est enfermé apparemment Jade.

J’amène mes doigts à ma bouche, poussant un sifflement strident qui attire le silence et l’attention sur moi. Faites pas vos mines surprises, j’ai jamais été connue pour ma délicatesse, je vais pas commencer maintenant. Pas même pour vos gueules de mannequin refaites. Je vois le regard de la mère de Jade, de ma tante, s’arrêter avec dégoût sur ma nouvelle cicatrice à la gueule. Visiblement, ça lui plaît pas. Ca me ferait presque aimer ma nouvelle copine tiens. Tu comprends décidément rien à l’histoire des cicatrices toi…

« Foutez tous le camp. Je vous préviens, si vous êtes pas sortis dans la minute, je vous raccompagne et ça va chauffer pour votre matricule. »


Les soignants me connaissent, j’ai déjà fréquenté cette infirmerie, alors ils se cassent. Y en a même un qui se permet de me faire un sourire. La mère prend plus de temps à se casser mais j’en ai rien à foutre. Je la fusille du regard jusqu’à ce qu’elle se casse, non sans me faire part de sa déception. Ça aussi j’en ai rien à foutre, j’ai gagné, tu t’es barrée. C’est le plus important. Pour tout l’or du monde, je fréquenterais pas les relents pourris des restes de ma famille. Finalement, je me retrouve devant la porte fermée de la salle de bain et je fais pas dans la délicatesse. Je tambourine du poing dans celle-ci et même si j’ai un petit gabarit, j’ai quand même assez de force, plus que la mère de Jade. Alors elle risque pas de se tromper sur celui qui a fait ça.

« Bon ma jolie, y a plus que moi dans la pièce alors ouvres la porte, j’ai pas la patience de causer à une planche de bois. Et si tu pouvais en profiter pour me dire pourquoi je rate ma première nuit de sommeil depuis trois jours, ça serait cool. J’ai pas voulu sentir les relents pourris qui sortent de la bouche de tes vieux, mais toi tu pourras me répondre. »


Ouais ouais, je sais, je suis pas délicate. Je l’ai jamais été en même temps. J’ai cru comprendre une histoire de kidnapping mais bon, j’y croirais quand j’aurais les preuves. Et même si c’était vrai… Je veux bien être un peu plus douce, mais je serais pas pour autant délicate. C’est pas avec la vie que j’ai mené que je vais devenir choquée et confuse parce que ma cousine s’est faite kidnappée et peut-être torturée. Okay, je compatirais, mais je la prendrais pas en pitié. Si faut des rock-stars du drama, on a pas sonné à la bonne porte. Surtout que le manque de sommeil me rend pire qu’une ours sortie d’hibernation. Alors ouais… Ca commence peut-être mal mais bon, c’est moi tout craché, alors soit on m’accepte, soit je squatte un lit, au choix. Le mien sera vite pris en tout cas.

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La captivée
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MessageSujet: Re: Retour à la réalité   Mar 3 Oct - 15:15



Retour à la réalité

Laissez-moi tranquille. Je hurle ces mots dans ma tête mais je suis incapable de les prononcer, sans réellement savoir pourquoi, peut-être parce que je n’en ai tout simplement pas la force. Pour une fois je ne veux pas de tout ce monde autour de moi, je ne veux pas qu’on me touche, je ne veux pas qu’on me parle, je ne veux pas qu’on me regarde. Ne peuvent-ils pas comprendre ça ? Non, bien sûr que non, après deux ans à s’inquiéter pour moi, ils trouvent tous cela normal de me coller maintenant qu’ils me retrouvent. Je hurle dans ma tête, je leur hurle dessus, je brise tout ce qui se trouve à porté de main, je passe ma crise de nerfs, mais encore une fois tout se passe dans ma tête. La seule chose que je suis capable de faire en réalité, c’est courir dans la salle de bain et m’enfermer dedans en réclamant Lilith.

J’ignore combien de temps s’écoule, je sais juste qu’ils continuent de taper à la porte et tentent de me convaincre de sortir. Je sens ma gorge se serrer, j’ai envie de pleurer et pourtant rien ne vient, mes yeux sont aussi secs que le désert, peut-être parce que j’ai dû déjà épuiser mon stock de larmes là où je me trouvais. Au bout d’un certain temps le silence revient enfin, je n’entends plus les voix de mes parents ni des infirmiers, je n’entends plus personne toquer à la porte. Je tends l’oreille, me concentrant pour vérifier si tout le monde est sorti, c’est calme, très calme, jusqu’à ce que quelqu’un tambourine à la porte en me faisant sursauter. Lilith. En effet, la voix que j’entends ensuite me confirme que c’est elle. Lilith est franche, directe, elle-même, et d’une certaine façon c’est assez rassurant même si je sais que ce n’est pas la femme la plus compatissante qui existe sur Terre.

Après quelques courtes secondes de silence je finis par déverrouiller la porte de la salle de bain et l’ouvrir lentement. Je suppose que les réponses qu’elle verra sur mon corps valent bien plus qu’une quelconque explication vocale. Je la regarde en silence et j’ignore pourquoi je me raccroche à cette cicatrice qu’elle a sur le visage, me confirmant que s’il y en a bien une qui puisse me comprendre c’est elle. Mes parents n’ont jamais rien vécu de traumatisant ou de douloureux dans leur vie, toi oui, et moi aussi désormais. Alors que depuis mon arrivée ici je fuis le moindre contact, je ne peux pas m’empêcher de me jeter aux bras de Lilith pour me serrer contre elle. C’est assez étrange comme situation, je dois bien le reconnaître, mais ça me fait du bien, alors est-ce que le reste est important ?

- Ils veulent faire d’autres tests... Ils veulent savoir si...

Je me tais, je n’arrive pas à prononcer la suite, comme si ce serait m’insulter, ou peut-être parce qu’une telle réponse est inenvisageable à mes yeux. Je relève mon  visage vers Lilith, me rendant compte que ma vision est trouble parce que mes yeux se sont embués de larmes, il m’en reste encore tout compte fait.

- S’il te plaît ne les laisse pas me toucher.

J’imagine que cette demande doit te sembler étrange sortie de ma bouche. Moi, la petite princesse qui aime jouer de mon corps ne veut plus qu’on l’approche ni qu’on la regarde. J’ai l’impression d’être faible et je déteste cette sensation, mais j’imagine que j’ai bien le droit de m’écrouler aujourd’hui avant de me relever demain. Après deux ans, c’est peut-être normal de réagir comme ça. Est-ce que toi aussi tu as déjà été faible Lilith ? Est-ce que toi aussi tu t’es déjà écroulée en croyant que tout ton monde était brisé ? Dis-moi que c’est normal. Dis-moi que ce n’est pas grave. Dis-moi que demain ça ira mieux et que j’aurais tout oublié. Mon regard est planté dans le sien, la suppliant presque.

- Dis-moi comment on fait. Dis-moi comment on fait pour ne pas avoir mal.

J’observe à nouveau sa cicatrice en prononçant ces mots. Ce n’est pas la première marque que je vois sur ton corps Lilith, et pourtant tu ne m’as jamais semblé faible, jamais paru détruite. Comment est-ce que tu fais pour toujours avoir la tête haute ? Pour ne jamais sembler souffrir ? Comment est-ce qu’on fait pour oublier la douleur Lilith ? Comment est-ce qu’on fait pour prétendre que tout va bien ? Dis-le moi je t’en prie.

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MessageSujet: Re: Retour à la réalité   Ven 17 Nov - 21:55




Retour à la réalité

Si tu attends assez longtemps, une balle te trouvera. Ma vie c'est ça, la mort et la douleur. La douceur, ça sera pour une autre fois.

C’est quoi cette convention contre le sommeil ? Ils ont signés une pétition et ils m’ont pas prévenu ? Dans ce cas, qu’ils soient pas surpris si demain je me ramène pas pour leurs cours de défense de merde, je raccrocherais avec mon plumard. En attendant, j’ai entendu un nom qui m’a quand même motivé à bouger mes fesses, Jade. Je peux bien faire un effort pour des retrouvailles après 2 ans d’absence, j’imagine. Ouais, enfin, c’est ce que je dis, mais à côté je tambourine à la porte comme une sauvage. Sauf que hey, vous avez pas à écouter mes pensées, j’agis juste comme je le fais toujours.

La porte s’ouvre et je peux voir enfin Jade. Je l’analyse du regard, sans rien montrer de mes sentiments. En même temps, je suis incapable de ressentir de la pitié, peut-être de la tristesse ? Ouais, même ça, je suis pas certaine que ce soit la première émotion qui naîtrait en moi. Elle est maigre comme un clou, finit le beau visage de poupée, voilà un visage plus anguleux, tout comme ses épaules et sa poitrine. Malgré tout, il n’y a aucune cicatrice sur son corps, rien qui ne se réparera pas en quelques semaines. En même temps, super tatie et tonton n’auraient pas pris la peine de rester si elle avait été cassée, ils l’auraient direct envoyés au chirurgien plastique.

Ce qui me surprend, c’est ensuite le mouvement de son corps. Notre collision me surprend moins, j’ai l’habitude qu’on me fonce dedans. J’ai beau avoir un corps fin et petit, bien plus petit que la moyenne, j’ai de bons appuis et assez de force pour risposter. Mais cette fois, il ne s’agit pas de riposte mais d’une étreinte. Je me retrouve avec les bras balants quand Jade m’entoure de ses bras et souhaite… Je ne sais pas, de la chaleur ? Non mais, je dois être la dernière personne à pouvoir fournir ça. Et je sais pas gérer les câlins, c’est non naturel chez moi. Elle s’écarte légèrement pendant que je pose mes mains sur ses épaules. Fini ?

Je croise finalement son regard et j’y vois des larmes, des traces d’anciennes larmes. De la douleur, de la rage, de la peur. Un regard de bête traquée. Il y a une reconnaissance, celle de deux survivantes qui ont vécus des choses similaires. J’aurais jamais cru que je vivrais cela avec elle. Je ne dis rien et elle parle la première. Viol. Voici le mot que tu n’as pas prononcé. Tu ne veux pas qu’ils s’approchent, soit. Ils ne s’approcheront pas. Mais un jour, t’auras besoin d’avoir les réponses. Crois-moi, t’auras besoin de savoir à quel point ils t’ont salis, pour voir jusqu’où tu dois te relever, mais soit…

« Très bien, ils ne s’approcheront pas. »


Et encore plus les parents, parce que j’imagine qu’on parle aussi d’eux. Après tout, c’est eux qui feront du forcing pour avoir des médecins à son chevet. J’ai l’impression que tu me scrutes pour la première fois avec des yeux sans œillère, Jade. Que cette fois, tu t’attardes sur les cicatrices, les bleus et les bosses qu’offrent mon corps. Et encore, je porte ma veste en cuir et un jean, alors tu ne dois voir que cette cicatrice sur mon visage et peut-être l’amas de cicatrices sur mon cou, dû à des morsures non désirés, qui ont souvent terminés avec un strigoï à arracher de ma nuque et des bouts de peau en moins. Tu demandes, soit. Mais…

« Je suis pas certaine que tu aimeras la réponse, Jade. »


Je soupire avant de l’entraîner sur le lit, défaisant ma veste pour la mettre autour de ses épaules. Je m’assois à ses côtés, contre le bord du lit et je sens son regard toujours sur moi, même si je ne la regarde pas. Ne pas avoir mal. Je n’ai pas mal, pas pour moi, mais seulement pour mon ancienne famille. Mais de manière générale, j’ai abandonné toute morale depuis la mort de Morganna, il ne me reste plus qu’un reste de conscience qui m’empêche de basculer totalement dans l’amoralité. Et je ne crois pas que tu en sois là.

« Ton chemin sera surement différent du mien. J’ai grandi dans la souffrance, le stupre et la folie. J’ai appris plus tard ce que cela signifiait avoir mal, faire le bien. Et je reste toujours cette fille là, celle qui est totalement déréglée et qui tente maintenant de rester dans les rails. Alors quand il m’arrive quelque chose, je ne réagis pas comme les autres. Je n’ai pas mal, je deviens d’abord folle de rage et ensuite, je panse mes plaies. »


Je tourne mon regard vers elle, serrant ma mâchoire et sentant la peau de mes joues bouger avec mes mouvements, rendant ma cicatrice presque vivante. Pourtant, elle ne détourne pas le regard. Non, définitivement, elle était peut-être le seul élément à sauver dans cette famille. Peut-être. En tout cas, si ce n’est pas elle, cela ne sera personne.

« La colère est un bon rempart, Jade. Elle te permet de gagner du temps, le temps que la douleur s’apaise et que tu puisses la détruire. Il faut juste trouver un équilibre. »

by tris
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