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 Je dois le revoir

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La captivée
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MessageSujet: Je dois le revoir   Mar 5 Sep - 0:28



Je dois le revoir

Peut-on retrouver une vie normale quand on a vécu un traumatisme ? Peut-on réellement appeler ça un traumatisme quand on ne sait plus ce qu’il s’est passé ? Les médecins ne savent pas si on m’a forcé à oublier ou si c’est mon esprit qui a choisi de tout effacé en auto-défense. Ils veulent que je consulte un psychologue, moi, je leur ai ris au nez. Je sais ce que je dois faire pour qu’ils me laissent enfin tranquille, je dois faire semblant, je dois redevenir la Jade qu’ils ont toujours connu. Faire semblant n’est pas vraiment compliqué, ça n’aide pas, mais c’est facile. Parler de mon kidnapping est rapidement devenu un sujet tabou, de toute façon à quoi bon parler de quelque chose que j’ai oublié ?

Ce que je n’ai pas oublié en revanche c’est ce strigoï, son visage, le son de sa voix, le contact de ses mains. Mon héros. Mes pensées sont toutes tournées vers lui, il hante mes nuits et j’essaie de poser un nom sur ce visage mais il ne me l’avait pas donné, je m’en serais rappelée sinon. Je me demande encore pourquoi un strigoï a choisi de me sauver, pourquoi ne pas simplement avoir mis un terme à ma vie ? Ou alors il aurait aussi bien pu décider de m’épargner et m’abandonner à mon sort. Sauf que non, il s’est approché de moi et il m’a aidé. J’aurais aimé ne pas perdre connaissance dans ses bras. J’aurais aimé qu’en me réveillant ce soit son visage que je revois. Etait-il au moins réel ? Parfois il m’arrive de douter, pourtant ses traits sont tellement ancrés dans mes pensées que je me dis qu’il m’est impossible de l’avoir inventé.

Face à mon immense penderie, je décide de laisser les robes et jupes de côté étant donné les marques qu’il y a encore sur mon corps. J’opte quand même pour une tenue fraîche, un pantalon moulant à fleurs accompagné d’un haut blanc simple et d’une veste bleue avec des baskets blanches. Pas de noir pour moi, pas de vêtements tristes ou sombres, jamais. Je reste toujours à la page niveau mode et au moins au lieu de me demander comment est-ce que je vais on me demandera plutôt où est-ce que j’ai acheté mes fringues. Je me place ensuite devant mon miroir et je m’applique à cacher les bleus qu’il y a sur mon visage, ajoutant de la couleur sur mes yeux et mes lèvres pour attirer le regard ailleurs. Une fois terminé je m’observe devant le miroir et suis satisfaite du résultat, je ressemble bien mieux à la véritable Jade comme ça.

C’est ma première nuit hors des portes de l’académie depuis mon retour. J’ai esquivé mon dhampir pour ne pas qu’il m’accompagne, je crois que je vais en demander un autre, j’ignore pourquoi mais je n’arrive plus avec lui, d’ailleurs je me demande s’il y en a au moins un que j’accepterais. Je sais que je ne devrais pas m’aventurer dehors, encore moins toute seule, mais j’ai besoin de retrouver ma ville, de me sentir réellement libre. Je me rends compte que j’attire toujours autant les regards dans la rue, au moins une chose qui n’aura pas changé, pourtant je ne suis pas sûre que ça m’aide à me sentir mieux. De toute façon pour l’instant toutes mes pensées sont tournées vers lui et je garde espoir de le revoir.

En passant dans le quartier centre je me rapproche d’un bar que j’avais l’habitude de fréquenter à l’époque. Je regarde discrètement à travers une fenêtre, je n’ose pas rentrer à l’intérieur mais je me rends compte qu’il n’y a aucune des personnes avec qui je venais traîner ici dans le bar. Juste moi, attendant toute seule dehors. En deux ans tout le monde a avancé, ils ont eu leur diplôme, quitté l’académie pour une partie d’entre eux, continuent leurs études ailleurs, poursuivent leur vie. Moi je ne sais pas ce que je suis censée faire, tout me paraissait si clair avant ça et aujourd’hui... Plus rien. J’ai l’impression de ne rien savoir.

Lorsque je me tourne prête à m’éloigner, j’ai l’étrange sensation d’être observée. Je sens la panique grandir peu à peu. Et s’ils étaient revenus pour moi ? Peut-être regrettent-ils de m’avoir laissé partir ? En fait je ne sais même si ce sont eux qui m’ont relâché ou moi qui me suis enfuis. En tournant la tête j’aperçois cet homme qui me regarde un peu plus loin. Lui. Dès lors que nos regards se croisent il disparaît. Non, pas ça. Je cours dans sa direction, tournant vers la ruelle où il se trouvait mais il n’est plus là, ou en tous cas je ne le vois pas.

- S’il te plaît reviens !

J’hausse la voix pour qu’il puisse m’entendre, peu importe où il se trouve. Ma situation est bien pathétique, une moroï qui court dans la rue après un strigoï, sauf que pour une fois je me moque des apparences. Je veux le revoir. J’ai besoin de le revoir. Je me tourne à droite, je me tourne à gauche, espérant qu’il réapparaisse mais toujours rien. Je lâche un soupire, peut-être que je me suis fait des idées à propos de cet homme, peut-être qu’il m’a juste sauvé comme il aurait sauvé n’importe quelle autre femme dans cette condition. J’attends encore mais il ne se montre pas. Je devrais partir je le sais, je ferais même mieux de rentrer à l’académie avant de faire une mauvaise rencontre, pourtant je continue de rester là à attendre. A l’attendre lui.

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MessageSujet: Re: Je dois le revoir   Dim 10 Sep - 11:15


Je dois le revoir
Ellyn & Julian
Combien de temps faut-il à une ville pour se détériorer ? Si j’en crois ce qui se passe dans cette ville, je dirais qu’il faut bien peu de temps. Depuis mon départ, on dirait que bien des choses se sont passés, rendant cette ville de plus en plus dépravée et mauvaise. Quelque soit l’espèce, on dirait que le souhait commun est de savoir combien cette ville saura supporter d’horreur avant d’imploser. Je dois dire que cela ne me plait guère de voir mes racines ainsi détruites mais ce n’est pas pour autant que je compte m’interposer à tout va histoire de pouvoir jouer les héros. J’ai fais quelques petites exceptions, certes, mais ce ne sera que des cas isolés, indifférent à la méchanceté de la masse populaire…

Je salue d’un signe de la tête quelques personnes, des connaissances avec qui j’ai réussi à avoir un marché permettant ma tranquillité. En effet, celle-ci est plus que difficile à obtenir, quand des humains hargneux sont à notre recherche et quand les alliés d’Emma peuvent être un peu trop revanchards. Mais j’ai réussi à trouver un léger équilibre. Un équilibre que je ne compte pas détruire d’ici à mon départ, qui ne devrait pas tellement tarder. A dire vrai, je ne devrais déjà plus être ici, mais il y a quelque chose dans cette ville qui me fait rester une nuit de plus et qui recommence le soir suivant, me laissant condamner à rester.

Deux heures avant la fin de la nuit, je quitte le bar que gère Lucian, sans avoir croisé celui-ci. En effet, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Hors de question que je repasse les siècles suivants à me demander ce que me veut Emma, et tant que celle-ci est introuvable, son plus vieil allié est encore ma meilleure piste. Mais cela ne sera pas ce soir encore. Je traverse Missoula à pieds afin de rejoindre l’hôtel où je loge, dans le quartier cendre. Ce qui est parfait avec cette hôtel, ce sont ses quartiers sous-terrains, pour les quelques personnes de mon espèce…

J’ai par contre, la surprise de tomber sur un fumet qui ne m’est pas inconnue. Avoir soigné cette personne, avoir baigné dans son odeur pendant une journée et demi, me rend assez sensible à celle-ci. La moroï blonde. Celle qui a été torturé de façon assez intense, bien que cela ne soit pas à la hauteur d’Emma… Enfin, heureusement pour elle, sinon elle n’aurait pas survécu. Juste quand je le pense, je vois sa silhouette fine au coin de la rue, fixée sur une enseigne. Je la détaille du regard, elle a encore quelques zones colorées sur la peau, mais vu qu’elle marche, je suppose que cela signifie qu’elle va bien. Je m’apprête à m’éloigner quand je croise son regard et que j’y vois une lueur de reconnaissance. Mince. Quelles sont les chances qu’elle se rappelle de moi alors qu’elle était assaillie sous la douleur et comateuse la plupart du temps ? A croire que toutes les bonnes actions payent…

Je m’éloigne rapidement, entendant le bruit de ses talons qui me suivent. J’arrive dans un cul-de-sac, de quoi me faire me questionner sur ma chance. Mais je ne réfléchis pas, sautant et escaladant une gouttière jusqu’à arriver sur le toit, à temps pour disparaître du regard de cette femme. Je ne la lâche pas du regard quand elle apparaît, me questionnant sur sa santé mentale. Que leurs apprennent-ils à l’académie, s’ils ne craignent plus les strigoïs mais se jettent sur leur chemin ? Non, décidément, je ne peux pas comprendre la logique.

Je l’observe s’agiter, m’appeler et rester en place. Moi-même, je ne bouge pas, mais quand près de dix minutes passent sans qu’elle ne fasse mine de partir, je commence à me questionner. Est-ce qu’elle compte rester la proie facile qu’elle ait jusqu’à ce qu’un strigoï vienne se nourrir à la source ? En tout cas, elle n’a pas l’air prête à se déplacer… Avec un soupir, je me laisse retomber dans son dos et j’ai la surprise de la voir se tourner presque immédiatement dans ma direction. On dirait qu’elle n’est pas totalement dénuée d’instincts de survie…

« Cela fait deux fois que je vous croise sans gardien, auriez-vous des intentions suicidaires ? »

Je n’irais pas jusqu’à dire que cela me ferait regretter mon geste de m’être attardé dans sa vie. Mais définitivement, je vais me questionner sur cette ville… Elle a l’air de s’être dépeuplée de toutes les personnes raisonnables pour n’y laisser que les plus fous… Qu’est-ce que cela fait de moi ? Bonne question…
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La captivée
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MessageSujet: Re: Je dois le revoir   Sam 16 Sep - 17:41



Je dois le revoir

L’espoir, c’est ce qui nous anime tous, nous donne envie de nous battre, d’avancer, de ne rien lâcher. C’est l’espoir qui nous donne envie de vivre. Autrefois j’espérais trouver l’amour, tomber sur le prince charmant qui rendrait ma vie parfaite, comme dans les contes. J’espérais être heureuse, pensant que la richesse et l’amour suffirait à ça. Aujourd’hui je n’ai plus les mêmes envies, les mêmes pensées. Je ne sais pas réellement ce que je veux dans la vie, le bonheur toujours, mais je ne pense plus l’avoir de cette façon. En revanche j’ai un espoir depuis mon retour en ville, celui de le revoir. Je me demande si je le reverrai un jour. Va-t-il me trouver ou est-ce moi qui le trouverai ? Et si nos chemins ne se recroisaient plus jamais ? Je n’ose y penser. A nouveau toutes mes pensées sont tournées vers un homme, mais pour la première il s’agit d’un strigoï.

J’ai l’impression qu’en deux ans tout a changé, je ne reconnais plus ma ville, je ne sais pas où sont passés la plupart de ceux que je fréquentais. Ou peut-être est-ce juste moi qui ai changé, moi qui suis en retard par rapport au reste du monde. Il y a ce décalage flagrant entre moi et mon ancien monde et je ne sais pas comment revenir dans la partie, comment tout récupérer. Les seules personnes auprès de moi sont des membres de ma famille, mais en réalité ce n’est pas une bonne chose parce qu’ils m’étouffent. Ils craignent que ça ne recommence, ils craignent que ma mémoire ne revienne jamais, ils craignent de découvrir ce qui a pu m’arriver là-bas. En réalité la seule chose dont ils ont vraiment peur, c’est qu’on ait souillé mon corps parce que ces idiots me croyaient vierge. Définitivement ma famille n’a jamais su me comprendre.

Lorsque mon regard croise le sien toutes mes pensées s’arrêtent, je ne vois plus que lui au bout de cette ruelle, je ne pense plus qu’à lui. Puis il disparaît. Je cours dans sa direction, priant pour le revoir, priant pour qu’il revienne, mais il n’y a pas le moindre signe de lui. Pourtant il faut que je le revois, et ce n’est pas une envie de petite fille gâtée cette fois, c’est un besoin. Pourquoi a-t-il disparu ? Pourquoi me fuit-il ? Me déteste-t-il ? Des tas de questions se bousculent dans ma tête alors que je le supplie de le revenir. Toujours rien, toujours ce silence, mais je continue d’attendre malgré la dangerosité de ma position. Il faut qu’il revienne. J’ignore combien de temps s’est déjà écoulé, plus les minutes passent et plus je me dis qu’il ne viendra jamais, qu’il est sans doute déjà loin, pourtant je continue de rester là. Puis je sens alors un courant d’air dans mon dos, un souffle dans ma nuque et je me retourne immédiatement pour lui faire face. Il est revenu.

- Si un gardien m’avait accompagné je n’aurais jamais pu vous approcher, mais je n’ai jamais ressenti le désir de mourir si cela vous inquiète.

Non c’est un tout autre désir que je ressens, surtout en sa présence. Mon regard est plongé dans le sien, obnubilé par sa personne. Je sais bien que je le dévore des yeux mais il faut bien reconnaître qu’il est bel homme. On nous a toujours enseigné qu’il fallait se méfier des strigoïs et les fuir, pourtant ce soir je n’ai pas envie de m’enfuir. Une part de moi est convaincue qu’il n’essaiera pas de me faire de mal, autrement il ne m’aurait pas aidé quand j’en ai eu besoin. Toujours mes yeux plongés dans les siens, je reprends la parole.

- Vous m’avez sauvé la nuit de notre rencontre, pourquoi ?

Est-ce réellement important ? A ses yeux probablement pas, mais aux miens ça a une importance. Je veux savoir si c’était simplement par pitié ou pour une toute autre raison. Je veux savoir pourquoi il s’est attardé sur moi. Je veux savoir s’il continuera de s’attarder ce soir. Ici, à ses côtés, je me sens en sécurité, et c’est bien mieux de ressentir ça plutôt que cette peur constante qui me colle à la peau depuis que je suis rentrée.

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MessageSujet: Re: Je dois le revoir   Lun 20 Nov - 19:34


Je dois le revoir
Jade & Julian
Tout être pensant me connaître dirait qu’il y a une raison derrière chacun de mes actes, chacune de mes paroles, chacun de mes sourires. D’une manière générale, c’est assez vrai. J’ai appris très vite à ne laisser paraître que ce je désirais partager et à semer le doute quand cela est nécessaire. Mais il existe des exceptions, des instants où je redeviens le dhampir que j’étais, l’homme du passé. Des instants où je laisse mon instinct me guider et ouvrir le chemin pour que je suive ses pas. Cette femme… Il n’y avait aucune raison à ce que je la soigne. Aucune raison justifiable aux yeux de ceux qui pensent me connaître, alliés comme ennemis. Nous n’aurons qu’à dire que c’est mon instinct qui a ouvert la voie. Mais je ne suis pas certain que ce soit la vérité. Et autant je peux dissimuler, autant j’applique le principe de ne jamais mentir quand je le peux, encore plus à moi-même.

Je l’observe du haut de ce toit et je me rends compte qu’elle n’est pas prête à partir de là. Quelle étrange moroï. Qu’apprennent-ils dans cette académie, s’ils n’apprennent pas à nous fuir ? Ne sait-elle pas que rien n’est jamais gratuit dans cette vie et qu’il faut encore moins provoquer sa chance ? Il faut croire que non. Est-ce une chance pour elle de retomber sur moi ? Je ne pense pas. Je n’ai pas encore décidé de ce que je vais faire d’elle, pour elle ou contre elle. Mais on dirait que je vais devoir prendre ma décision ce soir car elle n’a pas l’air prête à prendre le large sans une bonne raison, une raison que je puis lui donner si ce qu’il s’en faut.

Je finis par atterrir dans son dos et à me retrouver confronter à son regard bien plus rapidement que prévue. Il semblerait qu’elle possède un certain instinct, finalement. Il faudra juste songer à réviser son jugement, vu qu’elle s’en dessert plus qu’elle ne s’en sert… Je prends la parole pour lui poser une question courtoise, presque vide de sens face à son regard. On dirait qu’elle ne possède pas de désir de mort, juste un désir de frisson, de danger de l’interdit. Je reconnais ce regard, bien que cela fait bien longtemps que je n’y ai pas été confronté. C’est un regard que j’ai croisé plusieurs fois dans le regard de mes étudiantes et étudiants. Contrairement à la croyance populaire, on ne devient pas combattant comme on pourrait devenir gardien, on naît combattant. Parfois notre naissance à lieu bien après notre naissance physique, à l’aube d’un événement important… Mais un combattant est quelqu’un qui dompte son besoin de frisson, d’interdit, de danger, en choisissant à qui adresser sa passion. Cette femme en est une… Elle est juste encore perdue sur ses désirs. Il n’y a que cette explication qui puisse être correcte à mes yeux…

Je finis par enregistrer ensuite ses propos et je sens un de mes sourcils s’arquer sans mon approbation. Vraiment ? Elle pense vraiment qu’un seul gardien aurait pu m’empêcher de faire ce que je voulais ? La seule différence est qu’il m’aurait remarqué avant elle, pour le reste… J’ai été élevé comme gardien. Rien de ce que ne ferait cet homme me défriserait. Par contre, il serait capable de la protéger des autres, voir d’elle-même également si besoin, vu qu’elle a l’air d’être perdue dans cette ville…

« J’ai bien peur de ne pas adhérer à votre opinion, mais n’en parlons pas plus. »

Ce sont les seuls mots que je prononce, en me voyant scruter par son regard curieux. On dirait des rayons X. Ne t’inquiète donc pas, si je voulais t’attaquer, cela ferait longtemps que j’aurais agis. Je glisse mes mains dans les poches de ma veste, humanisant, ralentissant mon geste. Futile, inutile. Les regards se détournent du fond de notre ruelle, croyant à deux humains poussant une discussion futile sous la nuit qui s’éclaircira bientôt. Sauf que c’est loin d’être la réalité.

La question qu’elle me pose ensuite m’oblige à me questionner. Je l’ai dit, je déteste mentir. Et plus précisément, je déteste me mentir à moi-même. Alors, cette question m’oblige à pousser mes réflexions. Pourquoi l’avoir sauvé plutôt que vidée de son sang ? Bonne question. Un bon pour cette charmante domnicella. Sauf que la réponse risque de n’être plaisante ni pour elle, ni pour moi. Eh bien, je n’aime pas mentir, mais je ne suis pas pour donner des munitions à une inconnue non plus, alors…

« Vous m’avez fait penser à quelqu’un d’autre, d’un autre temps… Alors je me suis senti obligé d’agir. Je suis d'ailleurs ravi de vous observer en meilleure forme. »


Rien ne m’oblige à révéler que cet autre soi est moi-même. Après tout, quand je l’ai retrouvé, son cœur n’était qu’une plaie ouverte et son corps paraissait brisé tant il transpirait la maladie. Un autre temps, d'autres mœurs. Enfin, cela ne la concerne pas. D’ailleurs, je suis même étonné qu’elle pense à demander ses raisons à un strigoï. De mon passé, même au moroï, nous apprenions à mordre plutôt qu’à questionner l’ennemi. Mais après tout, cette femme n’a que passé peu de temps auprès de son espèce, tout du moins des suppositions que j’ai formulées après notre rencontre…

« Vous feriez mieux de retourner auprès de vos semblables. Même si la nuit n’est plus toute jeune, la ville reste dangereuse, surtout pour une jeune femme seule. »

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La captivée
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MessageSujet: Re: Je dois le revoir   Jeu 23 Nov - 17:47



Je dois le revoir

Je ne peux m’empêcher de regarder cet homme lorsqu’il apparaît enfin à moi. Je me demande si mon regard sur son corps le gêne ou si au contraire il l’apprécie, ou peut-être en est-il indifférent. Je sais juste que je n’ai pas envie de baisser les yeux, je veux pouvoir continuer de le regarder car je sais qu’il pourrait bien disparaître d’une seconde à l’autre. C’est étrange, je devrais avoir peur de lui, je devrais vouloir le fuir, pourtant je ne me sens pas en danger à ses côtés alors qu’il n’aurait aucun problème à me tuer s’il le désirait. Oui je suis bien consciente de cela et pourtant ce n’est pas de la peur que je ressens lorsque je me trouve à ses côtés. J’aime entendre la voix du strigoï lorsqu’il prend la parole, une voix à la fois douce et masculine, un véritable homme qui connaît parfaitement la langue pour pouvoir manier les mots en son sens. Encore une fois un homme dangereux et pourtant ce n’est toujours pas la peur qui m’anime.

Je vois son sourcil se relever, il a l’air surpris par mes mots, il n’est pas d’accord et je comprends vite pourquoi. Je ne doute pas que certains dhampirs de l’académie soient puissants, mais je suis persuadée qu’aucun ne rivaliserait avec lui, alors non je ne pense pas qu’un dhampir l’empêcherait de m’approcher. En revanche un dhampir m’empêcherait de l’approcher, et dans ce sens c’est bien plus correct. Après tout aucun dhampir ne m’aurait laissé courir après un strigoï et je n’aurais eu la force de m’opposer à aucun d’entre eux. Néanmoins je ne me corrige pas, autant ne pas lui dire que je le sais plus puissant que la plupart de ses ennemis, ou du moins que je le pense aussi. Ce n’est jamais bon pour l’égo d’un homme de le caresser dans le sens du poil.

J’entends des bruits de pas dans mon dos, des humains passer dans le coin et vite repartir, tant mieux, je n’ai pas envie qu’on nous interrompt, je crains déjà de ne pas pouvoir profiter de cette rencontre assez longtemps. Mais tant que je l’ai là j’essaie de lui poser des questions, n’étant pas sûre qu’il veuille y répondre mais après tout je ne perds rien à essayer. Il finit par répondre et je me demande à quelle personne de son passé je lui fais penser. Une amie ? Une épouse ? Une enfant ? Après tout je ne sais rien de lui, ni l’âge qu’il a ni la vie qu’il a pu mener. Il termine en m’annonçant qu’il est heureux de me voir en meilleure forme et j’esquisse un faible sourire. Visiblement tout le monde tombe dans le piège de la belle image, celle que tout le monde veut voir mais qui cache en réalité une profonde souffrance.

- Je me dois de vous remercier, c’est grâce à vous que je vais mieux aujourd’hui.

Mieux physiquement du moins, mais pour le reste je ne sais pas. La plupart du temps je me sens vide à vrai dire, fatiguée, désemparée. J’ai du mal à savoir ce qui est bon ou mauvais pour moi, c’est peut-être pour cette raison que je continue de rester là. Pourtant lui me suggère de partir. Est-ce réellement pour ma sécurité ou juste une façon poli de me renvoyer ? S’il s’inquiète pour moi, il n’a qu’à donc continuer de me tenir compagnie.

- Je ne suis pas seule ce soir.

Je prononce ces mots en insistant sur mon regard. Oui je ne suis pas seule, je suis avec lui, un strigoï puissant qui pourrait aussi bien choisir de me protéger que de me tuer. J’accepte le sort qu’il me réservera, après tout que puis-je y faire au fond ? Je n’ai pas eu mon mot à dire avec mes agresseurs, je sais que je ne l’aurais pas plus avec lui s’il décidait de se retourner contre moi.

- Et je ne suis pas sûre d’être plus en sécurité à l’académie que dehors...

Après tout j’ignore encore tout de mes agresseurs, s’ils sont strigoïs, dhampirs ou peut-être moroïs. Parfois ils m’arrivent de penser que mes ennemis sont bien plus proche de moi que je ne le pense, puis je me dis que c’est sûrement la peur qui me rend paranoïaque et j’essaie de chasser ces idées de ma tête, mais elles ne sont jamais trop loin. Au final la seule personne dont je suis persuadée ne pas être mon agresseur est ce strigoï en face de moi dont j’ignore encore le nom.

- J’aimerais savoir quel est votre nom.

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MessageSujet: Re: Je dois le revoir   Sam 2 Déc - 19:33


Je dois le revoir
Jade & Julian
Je ne sais pas ce qui se passe dans cette ville mais on dirait que quelque chose dans l’air rend les gens qui le respirent effronté et malade. Il n’y a pas d’autres explications pour toutes les anomalies présentes dans ses lieux. Et l’une de ses anomalies se trouve définitivement être ce nombre aberrant de  moroï qui n’écoutent plus que leurs envies d’adrénalines plutôt que leurs logiques. Bon, je suppose également que la société actuelle y joue un rôle mais tout de même, j’ai vécu dans bien des villes, bien des lieux, bien des civilisations et pourtant, Missoula restait toujours aussi unique, peu importe le temps qui y passait, les êtres qui y vivaient, les noms qui changeaient… Les faits restaient les mêmes.

Je me retrouve devant cette moroï et je ne peux que constater sa ténacité. Malheureusement pour elle, elle l’utilise à mauvais escient. Je ne prévois pas de me tuer, ni de me nourrir, mais je ne prévois également pas de laisser de trace de ma présence. J’avais déjà du effacer bien des mémoires et malgré le dernier désastre que cela avait engendré… Je n’hésiterais pas à recommencer. Bien que je souhaitais éviter de me retrouver aussi proche de cette femme là que de ma dernière rencontre.

Enfin, toujours est-il que je me reconcentre sur notre conversation qui, elle, se centre sur des banalités. Aller mieux. Oui et non, on dirait que ce terme ne lui plait pas mais je ne compte pas rebondir là-dessus. Quand elle me remercie, je ne fais qu’hocher légèrement la tête pour répondre et lui faire comprendre que j’ai pris en compte sa remarque. Toutefois, je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi est-elle toujours devant moi ? Que cherche-t-elle ? Si c’était à me remercier, elle devrait déjà être partie et elle n’avait pas l’air de vouloir se mettre en route… Afin de confirmer ou non mon intuition, je lui signale qu’il est temps pour elle de rentrer. Et sa remarque fait venir sur moi une grimace que je retiens de justesse. Pitié, dites-moi que ce n’est pas une mesure d’une femme qui désire draguer, mes conquêtes ne sont pas forcément le genre de femmes qu’il faut garder dans ses fréquentations. Non, définitivement, je devrais juste courir pour me trouver au plus loin. Sauf que je me reprends en me rendant compte du ridicule de la situation. On dirait presque que c’est l’immortel qui a peur de la petite femme fragile devant lui. Vraiment, quel ridicule, je me ferais presque honte…

Je reprends contact avec la réalité quand elle continue à parler, s’ouvrant encore un peu plus sans même que je ne le demande, ce que je n’aurais d’ailleurs surement pas fait. L’académie… C’est un lieu auquel je ne suis pas autorisé à penser depuis longtemps. J’y ai passé bien des années, j’y ai laissé bien des souvenirs, parfois terriblement mauvais, d’autre bien plus doux. Et c’était un lieu sur lequel j’avais su tirer un trait, surtout quand tous les hommes qui y vivaient lors de mon humanité étaient morts (en dehors d’Emma bien évidemment, mais cette dernière était définitivement un cas bien spécial…). Enfin… Quand elle reprend la parole une dernière fois, je ne peux pas m’empêcher de me demander quel est la tactique derrière cette demande. Mon nom a dû être perdue dans les plus vieilles archives à présent, après tout, jusqu’à peu je me cachais d’Emma et me retrouver dans ce lieu n’était définitivement pas dans mes plans alors même aux yeux des gardiens qui auraient pu découvrir la vérité, j’étais définitivement mort. Et de toute façon, elle ne demandait même pas mon nom, mais juste mon prénom. Je plongeais mon regard dans le sien pour y voir une dévorante curiosité mais manifestement aucune malveillance. Cette femme était assez confondante…

« Vous êtes bien étrange… Je me prénomme Julian. »


Et je sais que pour une dame, j’aurais du retourner la question afin d’éviter de la vexer, sauf que cette fois, je ne comptais pas garder cette dame dans mon répertoire. J’avais bien assez de chose comme cela à régler avant de partir et la liste ne faisait que se rallonger alors même que je ne m’accordais que peu de temps pour me reposer. Je poussais un léger soupir avant de faire un signe de la main vers la sortie de la ruelle.

« La sécurité est une vaste blague, elle ne peut être garantie par rien d’autre que par vous-même. C’est en faisant confiance aux bonnes personnes que vous pourrez être en sécurité. Et je ne pense pas que les ruelles de cette ville regorgent de gens de confiance. Même si l’académie n’est pas parfaite, au moins elle vous offre un éventail de gens qui connaissent les dangers de la vie des moroïs. A vous de désigner celui à qui vous pouvez faire confiance. Enfin… Je vais vous raccompagner le plus proche que je le puis et je vous fais confiance pour trouver ensuite le bon chemin. »

Cette phrase avait l’air d’être à double sens et je me demandais si ce n’était pas réellement le cas.. Après tout, rien ne l’empêcher de retourner en ville mais je croyais dans les mots que je lui offrais. De plus, si je ne revoyais pas cette femme après ce soir, je pouvais au moins m’assurer qu’elle fasse les bons choix. A croire que de voir nos passés aussi semblables m’avaient conduit à ce soir et au fait de devenir doux et indulgent. Quelle décadence. Il allait falloir que je m’assure d’éviter de possibles témoins et d’éviter de reproduire cette scène.

D’un geste de la main, je frôlais son dos pour la pousser à se mettre en marche, me rendant compte en même temps qu’elle était assez… petite. Ou plutôt non, de taille moyenne mais j’avais conscience d’être d’une stature un peu plus imposante, surtout avec les habits sombres que je mettais, alors oui, elle avait l’air bien plus petite ainsi dans sa tenue solaire. Bref… D’une légère impulsion dans son dos, je la poussais à se mettre en route, gardant ma main à quelques centimètres de son dos pour la guider vers la sortie de cette ruelle sordide.

« Mettons-nous en route. »

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La captivée
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MessageSujet: Re: Je dois le revoir   Jeu 14 Déc - 22:50



Je dois le revoir

Pour la première fois je ne me sens pas étouffée par la présence de quelqu’un, ni jugée, ni observée, ni quoi que ce soit. Je suis juste bien. Je suis juste moi, ou plutôt la nouvelle Jade, car il semblerait que je n’arrive pas encore à redevenir celle qu’ils ont tous connu. Tous sauf lui. Je me demande s’il apprécierait l’ancienne moroï que j’étais, je me demande s’il la préférerait à celle que je suis en ce moment ou s’il la détesterait. Pourquoi est-ce que je me pose autant de questions ? Je ne m’en pose jamais lorsqu’il s’agit d’hommes, je n’ai pas besoin de m’en poser, je sais déjà tout, ce qu’ils veulent, ce qu’ils aiment, ce qu’ils pensent. Mais encore une fois avec lui c’est différent. Je ne vois rien, je ne sais rien et quelque part ce mystère m’attire.

C’est assez amusant qu’il me qualifie d’étrange alors que je lui demande seulement son prénom. Je me demande même s’il va me le donner et il finit par me répondre. Est-ce que Julian est vraiment son prénom ? Je l’espère, parce qu’il lui va vraiment bien. Julian... Je souris légèrement à l’entente de son prénom, de sa réponse, heureuse qu’il n’ait pas juste décidé de m’ignorer. Puis je me demande s’il ne connaît pas déjà mon prénom, puisqu’il ne me demande pas le mien. Le lui aurais-je déjà dit la nuit de notre rencontre ? Je ne sais pas, mes souvenirs de cette soirée sont encore assez flous. Il me sort de mes pensées en faisant un geste, me montrant la sortie et si au départ je pensais qu’il voulait se débarrasser de moi, finalement on dirait bien qu’il décide de m’accompagner. C’est une petite victoire pour moi, même si je n’en montre rien. Au moins j’ai gagné un peu de son intérêt pour qu’il veuille me raccompagner. J'écoute aussi ses conseils à propos de confiance, sachant qu'il a raison, pourtant je ne suis pas sûre de pouvoir accorder ma confiance à nouveau après ce qu'il s'est passé.

- Et si aucun ne mérite cette confiance ?

Les dhampirs d’aujourd’hui ne sont plus aussi serviables et légendaires qu’on les connaissait avant. Certains passent des pactes avec leur moroï pour pouvoir être des tranquilles, d’autres ne sont pas prêts à mettre leur vie en jeu, d’autres encore ont un mauvais fond. Les moroïs ne sont pas mieux, certains bossent même avec les strigoïs au détriment de leur propre espèce. Le monde d’aujourd’hui est indigne de confiance, alors pourquoi devrais-je choisir parmi eux ? Pourquoi n’ai-je pas le droit moi aussi de me faire mon propre avis sur les strigoïs ? Sur lui. Je ne veux plus écouter ce qu’on nous enseigne à l’académie, je ne veux plus servir de poupée à mes parents, je ne veux plus que mon gardien soit le même.

Je sens sa main dans mon dos, délicate et ferme à la fois, m’orienter vers le chemin à suivre. Je le suis, d’abord silencieuse, me demandant de quelle manière est-ce que je pourrais le ralentir. Je ne veux pas que nous ayons à nous séparer si vite, pas si je ne suis pas sûre de le revoir rapidement, mais je ne peux pas non plus l’entraîner dans un bar et lui proposer de boire un verre avec moi, quelque chose me dit qu’il se contenterait de partir. Alors j’avance à ses côtés, me donnant pour objectif de lui donner envie de me revoir après cette rencontre. Il faut qu’on se revoit...

- Est-ce que c’est difficile... de résister à l’appel du sang ? J’ai entendu beaucoup d’histoires à propos des strigoïs, ils disent qu’ils ne ressentent plus rien, que ce sont des barbares, qu’ils ne savent pas se contrôler, et beaucoup d’autres choses encore... Pourtant vous ne ressemblez pas à ce qu’ils décrivent.

Je le trouve même bien plus humain que certains moroïs ou dhampirs. Nous racontait donc-t-on ces histoires uniquement pour nous effrayer ? Nous empêcher de sortir seul et les approcher ? J’ai du mal à comprendre, si certains strigoïs peuvent être bons, pourquoi ne pas s’allier ensemble ? Je me rends compte que je ne m’étais jamais posée toutes ces questions avant, pas grand-chose du monde extérieur ne m’intéressait, j’avais ma petite vie tranquille et ça m’allait très bien. Aujourd’hui je me pose des questions sur tout et n’importe quoi, comme si je redécouvrais le monde, comme si j’ouvrais enfin les yeux. Je m’arrête dans la marche, plantant mon regard dans le sien.

- Est-ce que c’est difficile de résister à mon sang ?

Je ne suis même pas sûre de savoir qu’elle réponse me plairait le plus. D’une certaine manière j’ai envie qu’il soit tenté par mon sang, pas au point de me tuer, mais de me désirer. Il semblerait que l’ancienne Jade ne se soit pas éloignée tant que ça tout compte fait.

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