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 La course a commencé

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Le roi des ombres
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MessageSujet: La course a commencé   Jeu 5 Oct - 20:57


La course a commencé
Amaëlle & Lucas

Douze noms, c’est la liste que j’avais au début, une liste que j’ai caché à celle qui était dans ma tête, que je cache toujours d’ailleurs. Plus les jours passent et plus la liste diminue, à côté de ça je continue d’œuvrer avec la moroï qui croit me manipuler. Oh j’ai bien l’intention de retrouver ce médaillon désormais, mais pas pour elle, pour moi. Après tout quitte à avoir construit une arme destructrice, autant que ce soit son créateur qui l’utilise, non ? Je pense que le peu de personnes qui me sont proches doivent se douter contre quelle espèce je compte utiliser cette arme, les humains bien évidemment. Ces insectes m’ont bien trop de fois mis des bâtons dans les roues, plus que les dhampirs, plus que les moroïs, alors cette fois je ne les épargnerais pas. Je ne me tourne pas vers Lucie qui vient d’apparaître silencieusement dans mon dos, mon alliée de toujours, mon ennemie d’aujourd’hui maintenant que c’est elle qui la contrôle.

"Alors Lucas, qu’est-ce que cet interrogatoire plutôt... sanglant t’a apporté comme réponse ?"

- J'avais raison, cette personne a déjà vu le porteur du médaillon, on lui a fait oublier ses souvenirs.

"Donc tu ne sais toujours pas de qui il s’agit ?"


Je quitte enfin des yeux ma cible pour me retourner vers Lucie, plantant mon regard dans le sien. Décidément, cet air dédaigneux n’a jamais été celui de Lucie et je ne l’apprécie définitivement pas.

- Il faut plus qu’un peu d’hypnose pour m’empêcher d’avoir des réponses.

"Dis-moi de qui il s’agit."

- Un homme contre qui tu ne ferais certainement pas le poids, mais moi oui.


Après tout qui d’autre que moi peut affronter Daniel Fisher et avoir une chance de s’en sortir ? Je vois bien les sourcils se froncer sur le visage de Lucie, je la sens bouillir, la colère monte en elle. Pauvre petite moroï, tu n’avais aucune idée qu’en essayant de me manipuler, c’est toi qui perdrais la partie. Tu ignores encore plus que je me rapproche de toi, je te laisse moins d’une semaine pour vivre et encore je suis généreux.

"Tu comptes achever cet homme ou le laisser agoniser encore des heures ?"

- Si le sang te dérange il ne fallait pas faire alliance avec moi.

"Je crois que je te préférais quand tu étais fragile et à ma merci Lucas, attention, je pourrais changer d’avis sur notre pacte."

- Ma chère quand on signe un pacte on ne revient pas sur ses paroles, toutes les grandes personnes savent ça.

"Je reviendrais demain, j’espère que tu seras moins orgueilleux d’ici là."


Je ne réponds pas, j’attends juste que Lucie disparaisse, que la moroï disparaisse avec elle. La seconde suivante le contact est rompu, me voilà de nouveau seul à seul avec ma proie, on dirait que l’interrogatoire va pouvoir se poursuivre. Contrairement à ce que la moroï peut penser, je n’interroge pas ce dhampir au sujet de Daniel, le concernant je suis déjà au courant depuis plusieurs jours qu’il possède le médaillon mais je préfère gagner du temps. Il faut d’abord que je découvre l’identité de cette moroï avant de récupérer le médaillon et il me reste encore cinq noms à vérifier. Je récupère la lame plantée sur un bureau et me rapproche du dhampir, glissant le côté tranchant près de son oreille gauche.

- Tu n’as besoin que d’une oreille pour écouter mes questions et que d’un œil pour regarder ce dessin.

Je sors de ma poche un dessin froissé et éclaboussés de sang, dessus se trouve le signe que j’ai vu sur le cou de la moroï lors de sa petite intervention à l’usine. Un croissant de lune, une tâche de naissance. Je place la feuille au même endroit que tout à l’heure, sur les genoux du dhampir.

- Tu vis à l’académie et tu as confessé connaître ces cinq personnes. Laquelle porte cette tâche ?

- J’en sais rien ! Je vous jure que j’en sais rien, j’ai jamais fait attention à ce genre de détails. Je vous l’ai déjà dit, il n’y en a qu’une avec qui j’ai réellement discuté et elle portait un col roulé !

- Peut-être pour cacher une marque comme celle-là.

- Ou peut-être parce qu’on était en hiver et que tout le monde portait des pulls.


Agacé, je finis par trancher l’oreille de ce dhampir qui se met à hurler. Je refuse de repartir d’ici sans avoir au moins un nom de plus à rayer. Plus ma liste diminue et plus il m’est difficile de me rapprocher de cette moroï sauf que j’ai bien l’intention de gagner cette bataille. Je retourne vers le bureau et réfléchis, mais c’est à ce moment-là que je sens une présence se rapprocher, une personne que je connais bien entre dans le bureau et s’arrête à la porte, plantant son regard dans le mien sans même porter un regard à ma victime.

- J’espère que tu n’es pas venue pour lui, sinon il faudra la queue.


acidbrain
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La dame des ombres
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MessageSujet: Re: La course a commencé   Lun 23 Oct - 21:13

La course a commencé
Amaëlle & Lucas

On dit qu’on s’habitue à tout, je commence à y croire. Je commence à me dire que j’ai l’habitude de finir seule, mais que ce n’est pas pour autant que j’apprécie cela. J’ai toujours l’impression de plonger la tête la première dans un bac d’eau froide quand je me retrouve seule, pour moi qui me nourris bien plus de la chaleur que du sexe, c’est l’une des pires sensations. Mais ce n’est pas aujourd’hui que j’y échapperais. Est-ce que je t’attends toujours, Lucas ? Je ne sais pas. Je ne ressens pas l’envie de m’approcher d’un autre corps, d’une autre âme. Pas ce soir, pas encore. Est-ce que ça veut dire que je t’attends pour autant ? Je ne sais pas, je ne suis pas capable de voir si loin, de m’imaginer si loin.

Sans un regard en arrière, je quitte le bar de Lucian, y laissant ce dernier. C’est plutôt étonnant qu’il n’ait pas encore tenté de tuer Lucas mais je ne vais pas m’en plaindre. Je préfère avoir Lucian comme allié passif que comme ennemi, bien que je déteste les gens qui n’agissent pas. Je sens mon corps être parcouru d’un frisson pendant que je traverse les allées dans cette nuit froide, ce qui est plutôt étonnant, parce que le froid ne m’a plutôt atteint depuis une trentaine d’années…

Je n’ai pas le temps de plus m’interroger que j’entends le son d’une voix que je ne risque pas d’oublier, pas de si tôt. Lucas… Je relève la tête, me trouvant devant un bâtiment en assez bon état, apparemment toujours habité. Ce n’est pas dans ses habitudes… Je me glisse rapidement dans le bâtiment, sans me faire remarquer par le gardien, avant de monter les étages jusqu’à arriver à un endroit qui embaumait le sang et l’odeur de Lucas, mais les deux étaient dissociés, de quoi me rassurer un peu. Je pousse sur la porte, forçant la serrure et je me retrouve pour la première fois depuis des jours à avoir Lucas devant moi.

Tu as changé. Et je n’aime toujours pas ses changements. Je n’aime pas voir cette mine impassible, cette absence de chaleur dans tes yeux. J’aime encore moins que tu ne me portes qu’une attention distraite. Et franchement, Lucas, je t’ai connu plus intuitif. Comme si j’allais courir après un quelconque dhampir. Ils ne sont pour moi que des proies intéressantes, c’est tout. Ce n’est pas ton cas. Malgré ses changements, je ne peux pas manquer que tu as l’air bien nourri, en forme, plus que tu ne l’as jamais été à mes côtés. Je suppose que tu as réussi à te nourrir à la source, dans ce cas… C’est drôle comme les rôles changent… Je jette malgré tout un regard au dhampir, croisant des yeux apeurés et un visage en sang. J’ai une légère moue de dégoût, malgré moi, en le voyant chercher de l’aide auprès de moi, auprès de l’ennemie. Décidément, cette ville fait faire du grand n’importe quoi…

« Ne te présente pas comme un idiot, tu es plus intelligent que cela, Lucas. »

Et ton alliée ? Où se trouve-t-elle ? Pas ici apparemment, tu es devenu une arme ? Si c’est le cas, saches-le, ce rôle ne te va pas. Tu es bien plus que cela. Alors qu’est-ce que tu attends pour te battre contre elle ? Tu n’as pas besoin de connaître son identité pour lui trancher la gorge dans son sommeil après tout. Mais je suis certaine que tu ne seras pas d’accord avec moi, toujours à tout prévoir, même en étant piégé…

Je me rapproche de lui, doucement, jusqu’à me retrouver à quelques centimètres seulement de son corps. Je suis obligée de serrer les poings pour ne pas tendre ma main et toucher sa peau. Pourtant j’aimerais, oh oui. Mais je ne sais pas quel serait les conséquences. Je ne sais pas non plus si je serais capable de le laisser s’en aller s’il me laissait faire. Et je ne veux plus être sa femme dépendante. Je ne veux plus retourner dans cette spirale, tout autant que j’aimerais le faire rester. Je vais finir par devenir folle, enfin encore plus qu’à l’origine.

« Qu’est-ce que tu attends pour agir, Lucas ? »

Que ce soit pour me repousser ou pour agir contre elle. Ou pour mettre fin à tout cela en actionnant ton arme. Je ne sais pas trop ce que je veux te demander. Je crois que c’est tout cela en même temps… Non en fait, je sais que c’est ça… Tout comme je sais que si tu décides de m’ignorer, cela brisera quelque chose en moi, peut-être mon espoir…

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Le roi des ombres
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MessageSujet: Re: La course a commencé   Dim 29 Oct - 19:05


La course a commencé
Amaëlle & Lucas

J’ai tous les éléments en main pour passer à l’action, je sais qui détient le médaillon, je sais où se trouve l’arme et comment l’utiliser, je sais qu’une fois le médaillon en ma possession, mon ennemie se présentera à moi pour le récupérer. Pourtant me voilà ici à faire passer un interrogatoire pour connaître son identité. Que voulez-vous, j’aime avoir toutes les données en main avant d’agir, je déteste laisser une case vide, je déteste avoir des interrogations. Je pourrais découvrir l’identité de cette femme en la faisant venir à moi, ou je peux aussi continuer de rayer les noms de cette liste jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. J’ai décidé d’opter pour le second choix.

Ce n’est plus qu’une question de temps avant que son identité me soit révélée, à ce moment-là j’aurais toutes les cartes en main pour la détrôner alors qu’elle n’aura plus rien. Alors donne-moi un nom dhampir, à entourer ou à éliminer, peu m’importe, mais fais-moi avancer dans mon enquête. Amaëlle s’ajoute à la partie. Es-tu venue me voir torturer ou bien as-tu envie de participer ? Je serais ravi de te voir à l’œuvre. J’ignore si je dois considérer les paroles d’Amaëlle comme de la provocation, mais je ne peux m’empêcher d’afficher un mauvais sourire face à ses mots, un petit rictus qu’elle ne doit pas apprécier voir sur moi.

Alors Amaëlle, si tu es venue pour moi fais donc quelque chose. Je la vois s’approcher, toujours plus près, s’arrêtant juste en face de moi. Tu sens ce vent froid qui circule entre nous ? La chaleur d’autrefois doit beaucoup te manquer. Tu finis par me poser ta question. Allons Amaëlle, ne penses-tu pas que je suis déjà en train d’agir ? Ou alors tu veux savoir quand est-ce que je compte tuer cette moroï et dans ce cas tu devrais être un peu plus précise dans tes paroles. Tu me connais après tout, j’aime la précision.

- N’importe quel grand joueur sait qu’il faut être patient pour finir vainqueur.

On sait tous les deux à quoi nous mène la précipitation, rien de bon la plupart du temps, quoi que je dois bien reconnaître que nous avons eu le droit à quelques exceptions assez mémorables, mais dans une telle guerre je ne prendrais aucun risque. A moitié assis sur le bureau, je finis par me redresser, ce qui diminue davantage le peu de distance qui se trouvait entre nos deux corps.

- Les pions sont pratiquement tous mis en place Amaëlle, alors tu devrais profiter du calme qui règne, il ne durera pas longtemps.

Bientôt les choses évolueront. Bientôt tu te plaindras que cette période de calme soit terminée. Tu devrais plutôt en profiter pour réfléchir à l’énigme que je t’ai posé, ou alors tu ne t’en es peut-être pas rendu compte. Est-ce que je devrais te le faire remarquer ? Si tu n’enquêtes pas je gagnerai la partie haut la main et ça n’a rien d’amusant lorsqu’il n’y a aucune difficulté. Je finis par quitter ma place, contournant le corps d’Amaëlle pour me replacer face à ma victime qui profite de ce moment de paix pour récupérer. Profite petit dhampir, cette pause ne s’éternisera pas.

- Alors Amaëlle, je suis curieux, où en es-tu dans l’énigme que je t’ai posée ? Je parie que je suis toujours en tête de course.

L’ancien Lucas aurait voulu que tu trouves les réponses et que tu m’arrêtes avant de franchir le cap. Le Lucas d’aujourd’hui ne voit en cette énigme qu’un jeu, une petite course amusante qui opposera ton esprit et le mien. Il est temps pour toi de jouer sur mon terrain Amaëlle, mais la question est : seras-tu à la hauteur ?


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La dame des ombres
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MessageSujet: Re: La course a commencé   Ven 1 Déc - 18:48

La course a commencé
Amaëlle & Lucas

Pour la plupart des gens, tu es une énigme, un énervant casse-tête. Par pour moi. Oh, tu gardes ta part de mystère, je ne prétends pas pouvoir tout savoir de toi, de tes réactions mais… J’en savais assez pour pouvoir prétendre être à tes côtés. J’en savais aussi pour prétendre être celle qui te connaissait le mieux. Maintenant ? Maintenant je suis sûrement celle qui te connaît le moins. Je crois que ce n’est que maintenant que je me rends compte que dès le début, nous avons été… peut-être pas ami, mais allié. Dès le départ, même que nous faisions semblant de nous affronterie, il y avait déjà un lien… Et je me rends compte parce que maintenant, ce lien a disparu et il ne reste plus qu’un vide, froid et béant, à la place…

Je n’ai pas besoin de t’entendre parler pour comprendre que tout va être différent entre nous. Malgré tout, tes paroles me surprennent tout de même légèrement. On aurait presque pu te croire inchangé… Si on ne te connaissait pas comme je te connais. Je m’approche de toi tout en te posant une question volontaire vague. Tu serais surement fier de savoir que j’adopte ton mode de pensées. Je te teste, j’apprends les limites et des informations, avec des questions, des gestes peu subtiles mais qui sont en réalité profondément réfléchis. Après tout, plus c’est gros, moins on se rend compte de la petite chose caché derrière… Et tu sautes à l’intérieur à pieds joints. C’est presque décevant… En tout cas, ça le serait si je ne devais pas me retenir de t’approcher, de te toucher, de te supplier de reprendre contact avec tes sentiments…

Tu me réponds et je ne fais qu’hausser un sourcil. Etre patient ? Je ne suis pas patiente, tu le sais. Et même si toi tu l’es, je ne doute pas que ce soit en partie aidé par Lucie, bien que cela fasse parti de ton caractère de base… Mais avec sa déflection, je ne sais pas si tu sauras le rester encore longtemps. Surtout s’il y a un mystère qui te résiste. Mais ça, après tout, c’est à toi de gérer. Non, moi, je pense à autre chose, tout du moins, je m’inquiète d’autre chose après tes paroles.

« Et tous ceux qui souhaitent jouer avec toi savent que la collaboration doit être courte s’ils veulent avoir une chance de ne pas finir anéanti. Ta charmante maîtresse doit être au courant de cela. Alors, tu penses que vous pourrez jouer encore de temps, Lucas ? »

Je ne suis pas mauvaise pour provoquer, tu le sais. Mais jusqu’à aujourd’hui, tu n’avais jamais pu voir le côté le plus pervers de ma provocation. Jamais je n’avais cherché à te rendre furieux, à blesser ton égo, à détruire ton contrôle si soigneusement préparé. Maintenant, je le fais, et je me permets même de te faire un sourire insolent. J’ai largement eu l’occasion de m’exercer, les hommes sont assez facilement manipulables et ils osent généralement m’approcher pour leurs plus grands regrets ensuite. On dirait que ce sera à toi de garder le contrôle, Lucas, même si je préférerais que tu ne le fasses pas. Même si tu tentais de me tuer… Ce serait encore mieux que la situation actuelle, que cette froide indifférence…

Je le vois s’approcher et je suis obligée de serrer le poing pour m’empêcher de caresser ses traits, d’embrasser ses lèvres. Enfin, c’est avant qu’il ne prenne la parole. Ensuite, j’ai comme une curieuse envie d’envoyer mon poing dans sa belle figure. Je déteste être traité comme un pion dans un échiquier, encore plus quand je ne suis pas celle qui déplace les pions. C’est l’une des raisons pour laquelle je déteste la planification. Avoir été un pion dans mon passé me rendait assez… controversé sur ce point de vue.

Quand il s’éloigne je le laisse faire, entendant le cœur du dhampir s’accélérer quand Lucas s’approche de lui. Je ne me retourne pas immédiatement dans leurs directions, prenant une profonde inspiration pour calmer mon cœur et le sang qui battait dans mes tempes. C’était bien plus compliqué que ce que je n’aurais jamais pu imaginer. Quand il reprend la parole, je me retourne finalement vers lui et je comprends immédiatement ce qui se passe dans sa tête. Tu as peut-être changé, Lucas, mais tu as simplement perdu de ton identité. Maintenant, tu ressembles à n’importe quel autre homme. Tu veux jouer pour confronter nos esprits, pour prouver au monde que tu es le meilleur. Ce n’est plus centré que sur toi et comme tout à l’heure, tu ne me vois que comme un pion. J’ai déjà joué à ce genre de jeu, je ne le ferais pas pour toi Lucas. Pas pour cette version de toi.

« Qui te dit que j’ai envie de prendre la peine d’entrer dans cette partie, Lucas ? La récompense ne vaut pas le travail à fournir, si tu veux vraiment jouer, il faudrait que tu sois plus intéressant. »

Oh non, je n’oubliais pas cette énigme et je ne l’allais pas la laisser partir si facilement, mais Lucas n’avait aucun besoin de le savoir. En réalité, je commencer à penser à l’idée de recruter des gens afin de former un groupe qui puisse m’aider à arrêter cette catastrophe… Le soucis était de choisir des gens qui accepterait de détruire cette arme plutôt que de l’utiliser… Mais tout cela, je n’avais pas besoin de le lui dire. Après tout, il allait surement avoir quelques doutes, connaissant mon caractère tenace mais en plus… S’il pouvait fournir quelque réponse ou récompense, cela pourrait rendre la partie un peu plus intéressante ou facile. Après tout, je n’étais pas folle au point d’imaginer que gagner contre Lucas me permettrait de lui rendre ses sentiments, au contraire même… Ce Lucas ne voudrait jamais se rouvrir aux sentiments. Déjà le Lucas que je connaissais hésitait face à ses sentiments, se demandant si m’apprécier valait toutes les emmerdes qui arrivaient par dizaines, alors ce Lucas, sans sentiment et calculateur ? Non, il n’accepterait jamais de récupérer ses sentiments et je tentais d’oublier le sentiment désagréable que cela faisait naître en moi, la preuve que j’étais encore bien trop attachée à lui, bien trop dépendante, pour que la situation ne devienne qu’une mauvaise phase à la place de l’enfer qu’elle était réellement.

« Ah et Lucas ? Ce dhampir te serait beaucoup plus utile dans la nature qu’attaché ici. Enfin c’est toi qui voit. »

Même si je n’étais pas complètement tournée vers eux, j’avais pu apercevoir le croquis en arrivant et ce n’était pas compliqué de deviner ce que souhaitait Lucas, même ce Lucas… Et s’il n’avait pas réussi à obtenir des informations alors il n’en aurait jamais. Par contre, l’autre solution impliquait des risques que ce Lucas ne prendrait pas. Enfin, pourquoi est-ce que je m’en souciais encore ? Cela ne me concernait plus…

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Le roi des ombres
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MessageSujet: Re: La course a commencé   Dim 3 Déc - 14:24


La course a commencé
Amaëlle & Lucas

Que se passe-t-il Amaëlle ? Hésiterais-tu à te confronter à moi ? As-tu une autre idée derrière la tête ? Peu importe tes choix, peu importe ce que tu comptes faire, rien ne changera l’avenir. Tu ne m’arrêteras pas Amaëlle, tu n’en as pas la capacité, pas aujourd’hui en tous cas, mais c’est assez amusant de te voir essayer, de te voir te battre pour un passé qui n’existe plus. Visiblement tu n’es pas venue ici pour le dhampir, alors il semblerait que je sois responsable de ta présence ici. On dirait que tu as enfin décidé de jouer, mais quelle sera donc la stratégie que tu as choisi d’adopter ? Mh la provocation, la manipulation, je te reconnais bien là mais c’est presque trop prévisible. Décevant aussi. Ainsi donc tu me crois comme n’importe lequel de ces hommes. Ma chère Amaëlle, ceux qui cèdent à la provocation sont ceux qui doutent de leur capacité, hors je suis pleinement conscient de ce dont je suis capable, de ce que je suis. Bien essayé mais tu ne m’auras pas sur ce terrain-là, ne me rabaisse donc pas à un si bas niveau.

- On jouera aussi longtemps qu’elle me survivra, mais comme tu le sais avec moi les jeux ne s’éternisent jamais.

Et je suis proche de faire échec et mat, mais rassure-toi, je te tiendrais au courant de l’avancée si c’est ce qui t’inquiète. Je m’éloigne d’elle, reportant une partie de mon attention sur le dhampir mal en point, j’avais besoin d’une réponse mais je commence à être exaspéré de son silence, soit il est vraiment doué, soit il ne sait vraiment rien mais dans les deux cas il y aura des répercutions. J’ai horreur de perdre mon temps et c’est ce qui est en train de se passer. Je le regarde de ma place, écoutant son cœur s’accélérer, tout comme je remarque le rythme saccadé de celui d’Amaëlle. Alors Amaëlle, on dirait que tu n’es pas si sereine que tu essaies de le faire paraître, quel dommage. Je ne fais pas de réflexion à ce sujet, à la place j’évoque l’énigme que je lui ai lancé avant de devenir ce Lucas qu’elle ne supporte pas. Je suis curieux de savoir où en est Amaëlle, mais visiblement elle n’a pas envie d’avancer, ou alors c’est ce qu’elle veut me faire croire. Tu veux que je sois plus intéressant ? Pourtant il me semble que l’enjeu est déjà assez important, mais si tu veux une autre motivation, crois-moi j’ai de quoi t’en donner une.

Amaëlle change de sujet en se concentrant sur le dhampir, mais d’un coup il vient complètement de redescendre dans ma liste des priorités. Alors éliminons l’inintéressant pour passer à quelque chose de plus concret. J’use de ma rapidité pour trancher d’un coup sec la gorge du dhampir, après tout je n’ai pas l’intention de le laisser courir dans la nature comme l'a suggéré Amaëlle et je n’ai plus envie de perdre mon temps avec lui. Pendant qu’il se vide de son sang, je lui tourne le dos pour faire face à Amaëlle et reporter mon attention sur elle. Ne changeons pas de sujet veux-tu ? Ce que tu disais avant est beaucoup plus intéressant.

- Peut-être que la survie de ta progéniture rendrait la partie plus intéressante.

Tiens, il semblerait que j’ai touché une corde sensible. L’avantage à se connaître si bien aujourd’hui, c’est que je sais où attaquer pour te faire réagir, pour te forcer à entrer dans mon jeu, pour t’atteindre en plein cœur. Est-ce que maintenant tu acceptes de me porter toute ton attention ? Il semblerait que ce soit déjà mieux que tout à l’heure.

- J’étais à deux doigts de la trouver avant ces petits... désagréments. Passer de l’autre côté ne m’a pas fait arrêter mes recherches pour autant. Savais-tu qu’elle se trouve à Missoula ? A ton avis, combien de temps l’unité mettra avant de lui tomber dessus ?

Penses-tu être capable de la sauver alors que tu ne sais même pas qui elle est ni où elle se trouve ? Si tu ne veux pas que l’on joue l’un contre l’autre Amaëlle, alors continuons de jouer dans la même équipe. Le but final de toute cette histoire est d’utiliser cette arme pour anéantir les humains, si tu n’as rien contre cette idée alors je ne vois pas pourquoi nous devrions nous affronter.

- Alors oui, tu ne devrais pas chercher à résoudre cette énigme pour m’arrêter, tu devrais vouloir la résoudre pour accélérer le processus. Les humains n’ont pas leur place ici, il est temps de leur rappeler à quel point ils sont vulnérables.


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La dame des ombres
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MessageSujet: Re: La course a commencé   Jeu 7 Déc - 19:30

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Amaëlle & Lucas

Je n’aime pas cette situation Lucas, mais ce n’est pas comme si l’avouer à voix haute changerait quoi que ce soit. Je ne pense pas que mon avis t’intéresse encore. Je ne vois en tout cas rien dans tes yeux qui ne me donnent l’impression d’être autre chose qu’un insecte à disséquer. Je suis devenue un cobaye parmi tant d’autre, et savoir que j’ai perdu ce petit quelque chose qui me différencie à tes yeux du reste du monde… C’est assez dur à avaler. Tout comme c’est compliqué, de ne plus me réveiller en sachant que je te retrouverais quelques minutes ou quelques heures plus tard. Aujourd’hui, je ne sais même plus si je te retrouverais un jour. Et cela fait mal, étonnement mal…

Je te provoque, mais ce n’est rien d’étonnant, c’est l’un des jeu auquel je suis la plus douée. Tu ne réagis peut-être pas à la première provocation, tu ne réagiras peut-être pas à la deuxième ou la troisième provocation mais… Je ne doute pas que tu finiras tout de même par réagir, même l’homme le plus insensible au monde finit par être excédé de se faire critiquer. Malgré tout, ses paroles me font hausser un sourcil. Est-ce qu’il cherche à me provoquer ? Parce que nos jeux ont au contraire toujours durer, jusqu’à ce que nous en lassions à deux pour une activité plus amusante… Mais ce n’est pas ce que présage cette soirée. Loin de là même.

Quand Lucas me dépasse, je dois me forcer à ne pas bouger de ma place. Aussi vite que la fureur me vient, elle disparaît également. Je n’ai pas assez de force pour haïr Lucas, c’est trop me demander. A la place, c’est la tristesse et la douleur qui sont les plus présents. La souffrance de me retrouver loin de lui, de me voir rejeter par lui. Et la colère envers moi-même d’être toujours aussi dépendante des hommes. A croire qu’il me faut toujours un homme pour survivre, que je suis devenue bien plus faible que les femmes dont j’aimais me moquer en tant que dhampir. Je suis tombée bien bas…

Je finis par me tourner vers Lucas quand il me relance sur son énigme et ma réponse ne laisse planer que peu de doute quand à ce qui est sous entendu. Je ne tiens pas à lui faire croire qu’il peut avoir encore plus de mon attention, mais ses prochaines paroles me font réagir. Survie et encore plus de ma fille… Ce sont les mots qu’il aurait du retenir. Je ne fais même pas attention au dhampir qui finit de se vider de son sang, je cours jusqu’à Lucas, le plaquant contre le mur de cette salle miteuse, ma main se resserrant spasmodiquement autour de son cou. Quand il continue à parler, me décrivant ce qui se passe pour ma fille, où elle se trouve et qu’il tente ensuite de me manipuler. Il me faut toute mes forces pour m’éviter de me mettre à hurler, ou à le frapper, voir même à pleurer, je ne sais pas. Je ressens trop, bien trop, je n’arrive pas à passer par-dessus. Mais quand je croise ses yeux narquois, ma réaction est instinctive. Je lève le poing et prend de l’élan, déviant à la dernière seconde pour laisser mon poing s’enfoncer dans le plâtre plutôt que dans la tête de Lucas et pourtant, ce n’est pas l’envie qui me manquait. Etait-ce possible de… d’aimer une personne et de la détester en même temps ? Parce que c’est ce que tu me fais ressentir Lucas. Je te hais, et je déteste encore plus le fait de ne jamais réussir à te haïr longtemps…

« Ne. Touches. Pas. A. Ma. Fille. Lucas. Sinon, je te détruirais. »


Si jamais tu avais été le vrai Lucas, mon ange noir, devoir me retrouver entre vous deux auraient été quelque chose qui m’aurait rendu malade mais l’homme qui est devant moi ? Celui qui s’amuse à pousser mesquinement sur tous les boutons, jusqu’à me rendre folle de rage. Lui, je n’aurais aucun mal à le repousser. A le tuer, non, je ne pourrais pas, pas alors qu’il y a quelque part le Lucas que j’apprécie en lui. Mais à détruire tout ce qu’il apprécie, je le ferais rapidement et sans même hésiter.

Je le fixe droit dans les yeux, sans cilier, sans détourner le regard, sentant les os de ma main guérir après cette rencontre brutale avec le plâtre. Si cela avait été la tête de Lucas, je ne sais pas s’il aurait su s’en relever. On a beau l’oublier, je suis une guerrière et en tant que telle, mon corps est plus fort que celui d’une femme lambda et c’est quelque chose dont je peux jouir à certains moments avec plaisir. Je finis par relâcher Lucas sans m’écarter de lui pour reprendre la parole encore une fois.

« Ne tentes plus de me manipuler Lucas, plus jamais. Je ne serais pas un de tes pions dont tu peux jouer impunément avec la vie. Je me tuerais bien avant de devenir une pièce dans ton échiquier. »

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Le roi des ombres
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MessageSujet: Re: La course a commencé   Sam 9 Déc - 15:31


La course a commencé
Amaëlle & Lucas

C’est la première fois que nous jouons l’un contre l’autre Amaëlle. Alors, qu’est-ce que ça fait de se trouver à la place de la cible ? Qu’est-ce que ça fait de devoir te confronter à celui que tu as toujours considéré comme ton allié ? Ça ne te plaît pas, je le sais, je le vois même si tu essaies de t’en cacher et j’en joue. Je ne te laisserai pas gagner contre moi Amaëlle mais tu sais quoi ? Je ne te laisserai pas perdre non plus, même si là tu as du mal à voir où je veux en venir, dans ma tête tout est déjà bien tracé. Peut-être que tu accepterais de travailler à nouveau avec moi si quelque chose de plus important était en jeu, peut-être que tu te rendrais compte que dans l’histoire, ce n’est pas moi ton plus grand ennemi. Non ? Ta fille est un sujet très sensible, trop sensible. Tu devrais faire attention Amaëlle, un autre que moi pourrait s’en servir pour te détruire. Moi je ne compte que te pousser à te battre pour la même utopie que la mienne.

Bien assez vite je me retrouve plaqué contre l’un des murs, une main autour de ma gorge, mais ça ne m’empêche pas de continuer et même avec le sourire. Tu es décidément bien trop impulsive Amaëlle et c’est ce qui causera un jour ta perte, surtout lorsque l’unité mettra la main sur ta fille. Ou alors je peux te protéger, la protéger elle aussi en les détruisant tous et tu pourrais m’y aider. Ou bien tu pourrais choisir de me détruire et te débrouiller seule face à eux. On dirait que tu as fait ton choix en frappant de ton poing contre ce mur plutôt que sur mon visage, pourtant tu persistes à me voir comme ton ennemi. Je laisse échapper un soupire exaspéré avant de prendre la parole.

- Ce n’est pas moi qui compte m’en prendre à elle, mais eux le feront, ne l’oublie pas.

Je la repousse doucement pour me libérer de sa prise, je ne cherche pas à être violent avec elle, seulement provoquant. Devenir ce Lucas ne fait pas de moi ton ennemi Amaëlle, je ressens peut-être beaucoup moins, mais je n’ai pas pour autant envie de te voir mourir ou détruite. Alors réveille-toi un peu et entre dans la partie, prouve-moi que tu mérites d’avoir la moitié du trône et là j’accepterai de le partager avec toi. On pourrait redevenir ce duo que tu regrettes, il te suffit juste de faire comme moi. Passe le cap, refoule tes émotions, enferme-les et à ce moment-là, plus rien ne pourra nous surpasser. A ce moment-là Missoula nous appartiendra. Ses derniers mots me font ressentir une sensation étrange dans la poitrine, quelque chose que je n’apprécie pas du tout, comme une aiguille qui viendrait jouer avec mon cœur. Désagréable. Je me tourne vers elle, usant de ma rapidité pour la plaquer contre ce mur, inversant nos situations par rapport à tout à l’heure, sauf que je ne place pas ma main sur sa gorge. A la place mes doigts viennent simplement repousser une mèche de ses cheveux alors que je la regarde droit dans les yeux.

- Alors ne sois pas juste une pièce Amaëlle, apprends les règles du jeu et deviens la reine de l’échiquier.

Je la relâche pour m’éloigner d’elle, me sentant étrange face à cette proximité, sentant des... émotions se battre à l’intérieur de moi alors que je ne devrais pas les ressentir. Je lui tourne le dos, j’ai besoin de rompre tout contact avec elle pour reprendre le cours de mes pensées. Il vaudrait mieux que je quitte cet endroit avant que ces sensations ne persistent, voire deviennent pire, pourtant me voilà encore dans cette pièce, avec elle alors que je pourrais déjà être loin.

- Pourquoi voudrais-tu épargner les humains après tout ce qu’ils ont fait ? Après tout ce qu’ils peuvent encore faire.

J’ignore pourquoi j’ai besoin de connaître cette réponse, mais je n’ai pas envie de partir d’ici avant de l’avoir eu. Que trouves-tu donc aux humains au point de vouloir m’empêcher d’utiliser cette arme contre eux ? Ta fille serait sauve, tu serais sauve, on le serait tous. Les humains ne sont rien de plus que de la vermine à éradiquer, alors pourquoi te bats-tu contre moi plutôt que de vouloir unir nos forces contre eux ?


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La dame des ombres
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MessageSujet: Re: La course a commencé   Dim 10 Déc - 1:19

La course a commencé
Amaëlle & Lucas

Comment, comment, comment. C’est la phrase qui revenait encore et encore. Comment en étions-nous arrivés à ce stade ? Comment une simple femme, que nous n’avions même jamais vu, avait pu nous conduire à cela ? Et pourquoi est-ce que je me posais même ses questions ? A partir du moment où tu n’avais pas su croire en un nous, plus fort qu’elle, c’était déjà terminé, il fallait juste que je me fasse maintenant à l’idée, ce qui n’avait pas l’air de te poser de problème. A contrario, je n’arrivais pas encore à m’y faire. J’avais l’impression que mon attachement envers toi était encore plus puissant que mon attachement envers Emrys, et à son départ, il m’avait fallu des semaines avant de savoir m’en remettre, quand bien même j’en avais l’habitude. Combien de temps devrais-je encore attendre avant d’avoir la force de t’oublier, Lucas ? Combien de temps avant que je ne réussisse à redevenir cette femme forte plutôt qu’une femme faible et gémissante sur son passé ? J’étais devenue l’une des larves que je critiquais, je m’écœurais.

Même si notre relation était maintenant nocive, brutale, elle n’en restait pas moins toute aussi forte. Tu arrivais toujours à me faire réagir comme peu d’autres personnes, pire encore, tu savais parfaitement sur quel bouton appuyer pour me faire réagir. Pour un peu, tu arriverais à me donner envie de te frapper. En fait, je dois même me retenir de le faire et jusqu’à la dernière seconde, je me retrouve à deux doigts de te cogner. Je n’ai jamais prétendue être une femme calme et pondérée, au contraire même, j’ai toujours été d’un comportement impulsif, une femme au sang chaud. Et toucher à l’un de mes interdits ne faisait que réanimer cette flamme en moi. Si tu me souhaitais comme ennemie, il y avait des façons moins risquée de me le demander.

Ces propos… Sonnent tellement faux. Oui, ils s’en prendraient à elle, mais pour qu’ils soient au courant de son existence, alors il faudrait que tu sois leur balance. Après tout, même dans les documents administratifs, qu’ils soient humains, strigoï ou moroï, je n’apparais pas comme sa mère, ni comme sa génitrice, je l’aurais retrouvé depuis longtemps sinon… Et il n’y a que trois personnes à connaître cette partie de mon passé, même si on me faisait les pires des choses, jamais je ne parlerais d’elle, quand à Emrys, il est bien loin, gardant mon secret en sécurité. Il ne reste donc plus que toi, pour la mettre en danger. Parce que j’ai du mal à imaginer, du mal à penser, qu’elle puisse être aussi proche de moi, dans cette ville. C’est une chimère, c’est totalement impossible…

Même si j’étais quelques secondes auparavant habitée par la haine, ce n’est plus que la lassitude qui m’envahit, surtout en voyant le sourire amusé de Lucas. Il s’amuse de cette situation, de mes réactions. Je suis la souris coincée dans une roue, obligée à courir pour distraire les beaux yeux de ses propriétaires. Sauf que la souris s’empoisonnera avant de faire tourner la roue encore une fois… Et cela, je n’hésite pas à le lui dire. Ca le fait réagir, ce que je n’aurais jamais cru possible. Trop vite, même pour mes yeux, il bouge et je me retrouve à avoir son visage bien trop proche du mien, à goûter de nouveau à une presque tendresse totalement déplacée. Je ne savais pas qu’il était encore capable de ce genre de chose et ce que cela faisait naître en moi… C’était totalement déplacé.

J’avais envie de lui répliquer que pour être la reine, encore fallait-il qu’il me considère comme quelqu’un de valeur mais je retiens mes mots pour ne pas nous amener sur un débat stérile. L’un de ceux où nous n’aurons pas la même vision et où, finalement, l’avis de l’autre ne comptera que peu. Je préfère serrer le poing et le regarder s’éloigner. Ce qui m’étonne, c’est qu’il prenne encore le temps de me poser une question. J’aurais pensé qu’après avoir tué son dhampir, il n’aurait plus eu aucune raison de traîner dans le coin. Et sa question… On dirait presque que mon avis comptait réellement à ses yeux, presque comme avant… Non, il fallait que j’arrête de penser ainsi. Je m’écarte du mur, me retrouvant dans son dos pendant que je lui réponds, fixant ses mains qui se resserraient spasmodiquement, le seul signe que tout n’allait pas aussi bien qu’il voudrait bien le faire croire…

« Pourquoi voudrais-je épargner les moroïs après ce qu’Ethaniel m’a fait ? Pourquoi voudrais-je épargner les dhampris alors que leur système m’a obligé à servir mon violeur ? Pourquoi voudrais-je épargner les strigoïs alors qu’ils ont le pouvoir de me blesser ? Tu poses les mauvaises questions, Lucas… »

Oui, ce sont les strigoïs les pires. Emrys, toi… Vous avez tous les deux pris une partie de moi pour la détruire. Emrys a pris mon innocence, tu m’as pris ma naïveté, celle de croire que je pourrais avoir une vie… heureuse. Un mot bien utopique, pour des êtres qui ne vivent que dans l’indifférence et le sang. C’est vrai. Je l’avais oublié pendant peu de temps. Il me faudra revivre de nouveau à travers les massacres, retrouver du plaisir dans les orgies, m’oublier dans d’autres bras. J’y arriverais… Mais pas tout de suite, pas encore. Je m’approche finalement de son dos jusqu’à attraper l’une de ses mains entre mes doigts, doucement.

« Si tu les détruis, tu créeras notre fin. Oui, on perdrait quelques ennemis, mais le reste de l’humanité sera au courant de notre existence. Ils nous chasseront, nous tuerons pendant que nous serons bloqués par le soleil. Nous deviendrons les proies, de chasseur bien conscient des monstres qui se terrent dans la nuit. Notre existence sera révélé, et peu importe notre puissance, peu importe notre intelligence, il y a toujours des êtres assez fou pour créer des sectes, pour créer des kamikazes, prêt à tout pour nous détruire… »

J’imagine déjà ce futur, je le goûte déjà du bout des lèvres. Les dhampirs réfléchissaient déjà à ses idées pour éliminer les strigoïs… Les humains ont les moyens et les effectifs afin de réaliser cela. Contrairement à ce que Lucas pense, je ne les soutiens pas parce que je les aime, mais parce que j’ai conscience de qui sont vraiment les plus puissants dans ce monde. Eux. La vermine est si nombreuse que même si on en coupe la tête… Dix repousseront ensuite. Je pousse un léger soupir, m’approchant encore d’un pas sans le toucher plus que ma main dans la sienne.

« Et je pense aussi aux autres conséquences… Sans les humains, nous finirons par manquer de nourriture, par devoir se battre pour un bout de viande, ou de territoire. Tu ferais de nous des charognards, à peine plus que des bêtes. Avant que nous ne soyons tous tués… »

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MessageSujet: Re: La course a commencé   Lun 11 Déc - 18:06


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Comment fais-tu pour parvenir à m’atteindre même dans cet état-là ? Je ne devrais pas ressentir ces picotements lorsque je t’entends évoquer le suicide, je ne devrais pas m’inquiéter. Pourtant je ne peux pas non plus y rester indifférent car même si tu ne le vois pas, même si tu m’en veux, c’est pour toi que je fais tout ça, pour nous. Peut-être qu’aujourd’hui tu me détestes, mais demain tu comprendras, tu me pardonneras et alors on pourra recommencer à zéro, on pourra régner sur cette ville et sur bien plus encore. Les humains nous ont beaucoup trop méprisé Amaëlle, ils nous ont sous-estimé, ils ont cru pouvoir faire de nous ce qu’il leur plaisait, il est temps de leur rappeler où est leur place. Je l’ai déjà fait par le passé, je peux le refaire aujourd’hui. J’ai détruit tout un hôpital pour moi. J’ai détruit une unité pour toi. Je détruirais l’humanité pour nous.

Cette proximité étant bien trop étrange pour nous deux, je finis par m’éloigner, déjà prêt à partir, sans doute est-ce ce que je devrais faire. Pourtant je ne disparais pas encore, lui posant une question à la place, attendant une parfaite honnêteté dans ses mots. Lorsque j’entends sa réponse, je me dis que je n’aurais peut-être pas dû poser cette question tout compte fait. Evoquer Ethaniel, les dhampirs, son passé fait grandir la haine qui a pris la place sur la raison dans mon cœur, qui m’a fait devenir cet être sans sentiments. Je me surprends à ressentir encore autant de possessivité envers Amaëlle dans cet état, c’était censé disparaître aussi avec tout le reste, pourtant je le ressens parfaitement comme si c’était ancré dans mon âme. Mes poings se resserrent un peu plus, mes mots sont à la fois sombres et funestes.

- On peut leur faire payer à tous... Humains, moroïs, dhampirs, strigoïs, ils peuvent tous être punis.

Peut-être que cette machine me permet de détruire une seule espèce, mais tu connais assez mon esprit pour trouver d’autres inventions, d’autres choses pour les blesser, les torturer, les réduire à l’état d’esclave, les réduire à l’état de cadavre. Tout ça je pourrais le faire pour toi. Je sens ses doigts se glisser dans l’une de mes mains, mais je ne me retourne pas vers elle, il n’y a que mon visage qui se place de profil, mes yeux fixés sur sa main dans la mienne. Elle reprend la parole, évoquant toutes les conséquences que mes choix entraîneraient, plus de négatif que de positif selon elle, tu m’as habitué à mieux Amaëlle. Tu choisis de les craindre mais je refuse de me laisser atteindre par des espèces inférieures à la nôtre. Pourquoi sommes-nous des strigoïs Amaëlle ? Pourquoi est-ce que cette espèce existe ? Pourquoi avons-nous tous ces avantages sur les autres ? Et quel intérêt de les avoir si les utiliser devient dangereux pour nous ? Je refuse de voir les choses comme toi.

- Je trouverai une solution. Je trouverai toutes les solutions nécessaires.

Je me tourne lentement vers elle, ne rompant pas ce contact de sa main dans la mienne, resserrant au contraire doucement ma prise autour de sa main. Ne comprends-tu pas que la guerre est déjà lancée Amaëlle ? On est déjà traqué, tu en as fait les frais il n’y a pas si longtemps, ne me dis pas que tu as envie de recommencer. Moi je n’ai pas envie de te revoir entre leurs mains. Mon regard se plonge dans le sien, à la fois sombre à cause de toute cette haine qui me ronge et passionné à cause de l’amour que je ressens pour toi. C’était plus simple lorsqu’il me suffisait de ne penser qu’à Lucie et moi, elle ils ne pouvaient pas l’atteindre, mais toi ils peuvent.

- C’est eux ou nous Amaëlle. Je nous choisirai toujours aux autres.

Tu le sais bien pourtant, que je m’attache peu, que je ne considère pas les autres espèces. Les rares personnes que je désire protéger se trouvent être des strigoïs, alors pourquoi épargner les autres ? Tout le reste est remplaçable.


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MessageSujet: Re: La course a commencé   Hier à 21:09

La course a commencé
Amaëlle & Lucas

Cela m’a toujours fait rire, cette idée qu’un dieu puisse punir ses fidèles en leur envoyant des épreuves et du malheur pour leur désobéissance. Je ne suis pas pour l’idée de quelqu’un qui contrôle les actes des autres. Nous sommes notre propre dieu. Mais je vais peut-être commencer à réfléchir à la question, maintenant que je vois toutes les épreuves que nous traversons. Quand je regarde le dos de Lucas, j’en arrive encore à me demander comment est-ce que nous avons pu en arriver là. Nous étions si bien parti, ça a dérapé à un moment et maintenant, cela ne fait que s’accélérer, s’enchaîner, s’empirer. A partir de quand pourrions-nous espérer toucher le fond et remonter ? Parce que je t’avoue que je commence à devenir claustrophobe, à force de creuser…

Pendant que je pose ses questions rhétoriques, je vois le dos de Lucas se tendre et ses poings se serrer. Je ne sais pas si j’emprunte le bon chemin, si j’utilise les bons mots… Mais je sais que si je veux avoir une chance de le faire revenir, je ne peux pas me permettre de demi-mesure. Je ne sais pas pourquoi je m’en soucie alors que j’ai décidé de ne plus l’attendre mais… On dirait que si ma raison s’y est fait, mon cœur et mon corps, mon âme même, réclament autre chose et sont plus forts que ma tête. Je reviens au présent quand Lucas reprend la parole. Punir… Comment réagirais-tu à la vérité ? Je ne sais pas… Il y a des fois où je suis incapable de prévoir tes potentielles réactions, même de les imaginer, et cela devient encore plus fréquent avec ta perte d’émotion. Mais tant qu’à rester dans la sincérité…

« Ce ne sont pas eux qui m’ont le plus blessé. Ils sont simplement les plus faciles pour se venger. »

Il y a trois êtres qui m’ont blessés, brisés, mis à genoux, tous de différentes façons. Tout d’abord ma fille. Sa disparition m’a rendu un long moment apathique et même aujourd’hui, il m’arrive de me perdre dans l’idée doucereuse d’une vie avec elle, une vie où j’aurais pris des rides et des cheveux blancs. J’aurais volontiers donnés mon immortalité pour pouvoir la revoir, malgré tout le bien que celle-ci a apporté dans ma vie. La seconde personne, c’est Emrys. A chacun de ses départs, à chacune de ses étreintes, il a peu à peu changé la femme que j’étais devenue. Il l’a rendu plus forte mais paradoxalement, plus faible. J’étais dépendante de lui, de sa présence, en tant que sauveur, en tant que créateur, en tant que meilleur ami et amant. Je pensais que si une chose serait immortelle, ce serait notre lien, aussi distordu soit-il. Sa disparition a détruit quelque chose en moi… La troisième personne… C’est toi Lucas. Je t’ai fais confiance. Pleinement. Peut-être trop. Et la chute fût rude.

J’en reviens pourtant à notre discussion précédente. Je lui explique mes raisons, celles qui m’animent, me poussent à me placer contre lui. Est-ce que c’est étonnant que Lucas ait encore envie de me répondre ? Non, pas vraiment. Mais je ne vois pas comment il pourrait changer la situation. Si nous n’avons plus de nourriture, il n’existera aucune autre fin que la nôtre. On détruirait tout un écosystème. Non, je n’ai toujours pas envie d’écouter ses mots, alors que je l’aurais suivi aveuglement si peu de temps auparavant. Mais savoir que ma fille fait parti de l’équation maintenant… Une dhampir, enfin je le suppose, ne pourra pas survivre à ses plans. Je scrute son visage, son air sombre, ses yeux passionnés. On dirait presque un retour à l’ancien Lucas… Mais ce n’est pas le cas, ce n’est pas vrai. Ce ne sont que des illusions… Je pousse un soupir, levant ma deuxième main, celle qui ne tient pas la sienne pour caresser doucement sa joue, un léger sourire douloureux aux lèvres.

« Comment pourrais-je avoir confiance en toi alors qu’à peine deux minutes plus tôt, tu ne me voyais que comme un pion à manipuler ? Non. »


Suivant ma ponctuation, doucement, je dépose un doigt contre ses lèvres quand je le vois sur le point de prendre la parole, continuant à argumenter pour lui, pour la question qu’il pourrait se poser. Pourquoi est-ce que je dis cela alors qu’il a l’air presque prêt à m’accepter de nouveau ? Parce que malgré tout… Ce n’est toujours pas lui, ce n’est toujours pas mon ange noir.

« Tu ne peux pas me dire que j’ai tord. Tu m’as dis que je devais apprendre les règles du jeu pour devenir la reine à tes côtés. Tu ne t’es pas opposé à mes paroles. C’est bien la preuve que, même inconsciemment, tu ne me vois pas comme ta partenaire. Tu me vois plus que comme une femme avec du potentiel, mais que tu pourrais oublier à la moindre erreur ou faille. Je suis impulsive, possessive, sauvage. J’aime avec force, avec passion, toujours pleinement. Et quand je décide quelque chose, j’ai tendance à m’y tenir. Je ne peux pas revenir avec toi. Pas tant que tu ne me verras pas de nouveau à tes côtés. Pas derrière toi, te laissant être le cerveau pendant que je traîne pour te suivre. Je serais ton égale, ton amante, ta seule partenaire. Ou alors, je ne serais rien. Je ne ferais pas les choses à moitié, comme je le fais toujours. »


Je laisse retomber doucement ma tête contre son épaule, mon front touchant celle-ci, ne supportant plus de soutenir son regard. Je ne sais pas… J’avais presque l’impression d’un adieu. Et cela me déchirait le cœur. Ce fichu organe était bien trop fragile, bien trop prompt à se briser. A moins que ce ne soit moi qui le suis. J’inspire profondément, me chargeant de la douceur odeur de cannelle qui se dégageait de Lucas, troublée par l’odeur du sang frais, une odeur que je n’avais pas l’habitude de sentir sur lui. Est-ce que je pouvais vraiment souhaiter qu’il retrouve ses sentiments quand il avait l’air plus en forme et plus fort que jamais sans eux ? L’attachement que nous portons aux autres peut être nocif, suivant la situation… Et jusqu’à présent, on ne peut pas dire que son attachement pour moi lui avait réussi. Je pouvais comprendre qu’il souhaite ne pas le retrouver… Mais je ne pouvais pas imaginer rester à ses côtés sans rien ressentir pour lui. Cette situation était tellement folle, tellement improbable… Que parfois, j’aurais souhaité qu’il me tue tout simplement, cela aurait été bien plus simple, cela aurait tout résolu…

« Pars. Retrouves ta liberté, retrouves cette femme et brises tes chaînes. Je ne serais jamais très loin… Mais je ne supporterais pas de rester à tes côtés si je ne suis rien de plus qu’un défi à tes côtés. Je te libère de tes promesses, mon ange noir... »

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