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 Ouvrir son regard à la vérité

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La femme brisée
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MessageSujet: Ouvrir son regard à la vérité   Sam 2 Déc - 0:35


Ouvrir son regard à la vérité

L’une des pires choses dans cette nouvelle vie était le manque de soleil, devoir être coincé dans une maison, entendant le monde extérieur continuer à vivre avec insouciance pendant qu’on avait des heures devant soi pour réfléchir, cogiter, se blesser. Et j’avais beau savoir que réfléchir n’était pas forcément la meilleure des idées, que j’allais finir par avoir des pensées malheureuses, je ne pouvais pas m’empêcher de le faire. Le fait d’être dans cette maison ne m’aidait pas, elle me rappelait mon passé. Sa solitude me rappelait la longue attente que j’éprouvais quand j’attendais des nouvelles de Jensen, quand j’attendais de savoir si ce soir là, il me parlerait, si il reviendrait. Et à cette période, je me demandais également s’il me trompait, s’il m’aimait encore, si je l’aimais encore. J’étais… Superficielle. Je ne savais pas assez profité de ma vie, je n’avais pas assez profité de ma jolie princesse…

J’avais réussi, au bout de plusieurs jours, à retourner dans cette salle. Je rangeais doucement les cartons, j’avais le temps, je n’avais plus que cela. Je savais que c’était idiot mais je me sentais le besoin de regarder le contenu de chaque carton, de les réarranger. J’avais remis tous les petits vêtements de Judith dans un de ses cartons, les miens dans un autre que j’avais ensuite mené à la chambre, tout comme ceux de Jensen, mettant son nom sur celui-ci. Puis j’étais tombé sur les photographies… Et ce soir encore, j’étais tombé sur une autre photographie qui m’avait rendu légèrement claustrophobe, j’éprouvais le besoin de sortir…

« Kathlyn, que faites-vous dehors aussi tord, mon enfant ? Vous devriez sortir plutôt en début de soirée, il commence à se faire tard. Et vos vêtements sont trop légers pour cette saison, chère enfant. »
« Mr Johnson, c’est gentil mais je ne resterais pas dehors très longtemps, je vais juste… m’aérer un peu. »

Je le vois réagir, comme toujours, comme tout le monde, à ma voix abîmée, bien trop rauque, presque râpeuse, souvenirs d’années de tortures et de folie… Je fais à Mr Johnson un sourire légèrement pincé afin de ne pas lui montrer mes nouveaux crocs et j’ai le droit à un de ses fameux regards réprobateur pendant qu’il secouait la tête avec affection. Je lui lance un petit signe de main avant de passer le pavillon, évitant ainsi qu’il n’insiste sur l’histoire d’avoir un manteau. Habituellement, je faisais plus attention lors de mes sorties, mais pour ce soir, ce simple chemisier blanc et mon jean bleu foncé me suffisaient. Comme prévu, dès ma première sortie de la maison, les voisins avaient commencés à s’intéresser à moi. Apparemment, les commérages allaient bon train sur cette maison qui avait été acheté il y a longtemps mais peu habité. Et comme les secrets ne tenaient pas dans ce genre de quartier, j’avais du inventer une histoire sur une allergie au soleil et une certaine agoraphobie qui me faisait sortir très tard de ma maison, histoire d’éviter l’arrivée des pompiers et ensuite la prévention de cette police de vampire…

Enfin, ce n’était pas vraiment comme si j’allais aller très loin. Je me sentais obligée de rester dans le coin tant que je n’avais pas revu Jensen. Je ne voulais pas partir avant de l’avoir revu au moins une fois. Et dans ma tête, je le justifiais en me disant qu’il fallait bien que je le remercie de l’hébergement mais plus le temps passait et moins j’arrivais à mettre de l’ordre dans mes pensées…

J’arrivais dans une aire pour enfant, ralentissant le pas en me trouvant devant la grille fermée, ce qui était logique au vu de l’heure… Je ne sais pas ce qui me passait par la tête, mais je me suis retrouvée à faire un saut, afin de passer au dessus du grillage et de me retrouver dans l’aire de jeux. Immédiatement, plusieurs images me sont venues et dans chacune d’elle se trouvait Judith, parfois il y avait Jensen, d’autre fois son père, et encore une autre fois : lui. Je secouais la tête, avant d’avancer jusqu’à me retrouver devant un tourniquet et je baissais les yeux sur la photo que j’avais en main, me mordant les lèvres pour ne pas céder à mes sentiments.

Je pris le temps de m’allonger sur ce sol de mousse rouge, presque le même que celui sur la photo, avant de lever le cadre jusqu’à mon regard. Sur celui-ci, Judith et moi nous trouvions sur un tourniquet et il faisait tourner le jouet à une vitesse folle, provoquant nos rires, pendant que le père de Jensen prenait la photo, étant assez malicieux pour réussir à apparaître dessus en gros plan. C’était une scène qui était joyeuse mais qui manquait malgré tout d’une personne… Je me souvenais de ce jour là avec une clarté assez surprenante. Jensen avait dû décommander notre soirée, celle de mon anniversaire, et mon beau-père nous avait rejoint comme prévu afin de garder Judith, sauf qu’il n’y en avait plus besoin… Je ne sais pas comment Richard avait été au courant de ce changement de programme, mais il nous avait rejoint et entraîné dans un parc pour enfant, me disant que je devais faire un effort pour être heureuse et faire sourire ma fille. Et pendant quelques heures, je me suis réellement amusé, j’avais presque oublié l’absence de Jensen… Jusqu’au moment de remballer, quand Richard m’avait embrassé et que j’avais répondu pendant quelques secondes avant de le repousser, prenant compte ensuite de la réalité. Heureusement, nous étions seuls à cet instant là mais… Je me suis rendue compte de jusqu’où je pouvais aller, de ce que j’étais capable de faire, de laisser passer, afin de me sentir femme l’espace de quelques instants… Une soirée qui s’était finalement fini dans la douleur, dans le désespoir, dans les toilettes également, à vomir ma honte et ma peine…

Je sens brutalement le retour à la réalité quand un courant d’air froid me traverse et je me rends compte que mes larmes ont coulés mais pas seulement. A un moment, il a dû se mettre à pleuvoir et cela continue d’être le cas, me trempant totalement et mouillant également le cadre, sans abîmer la photographie pour autant. Mais surtout, je me rends compte d’un regard sur moi et j’ouvre les yeux, plongeant immédiatement dans des prunelles sombres que je connais bien… Jensen…

« Comment… Non que fais-tu là ? Tu devrais rentrer, tu vas finir malade. »

Je ne peux plus tomber malade, enfin, je crois. Quoi que cela fait longtemps que je ne me suis pas nourrie et le manque de sang a rendu mon corps perméable aux cicatrices alors peut-être cela sera également le cas de la maladie ? Enfin, cela ne reste qu’une hypothèse. Ce qui est certain, par contre, c’est que malgré le fait que Jensen soit couvert, lui reste sensible aux maladies. Malgré tout, je ne quitte pas ma position allongée et surtout, je ne lâche pas son regard, mes doigts se resserrant sur le cadre posé contre mon estomac. J’aurais aimé lui demander comment il a su où me trouver, j’ai failli lui demander d’ailleurs, mais… Est-ce vraiment important ? Ce qui l’est réellement, c’est d’éviter que je laisse mes émotions prendre le dessus et que Jensen aille se mettre en sécurité, le reste attendra…

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Le torturé
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MessageSujet: Re: Ouvrir son regard à la vérité   Jeu 7 Déc - 18:00




Ouvrir son regard à la vérité
Kathlyn & Jensen

Je n’ai pas réussi à retourner la voir, je lui avais promis pourtant de repasser vite, mais à nouveau le mari absent et malhonnête a repris le dessus. Plus d’une fois des hommes ont sonné à cette maison pour y déposer des meubles pour elle, de la nourriture emballée pour ne pas attirer l’attention, mais jamais ce n’était moi. Je n’ai juste pas réussi, me détestant un peu plus à chaque jour qui passait sans que je n’aille la voir. J’étais un mauvais mari et je continue de l’être aujourd’hui, préférant m’occuper l’esprit avec de nouvelles missions ou l’alcool. C’est bien plus simple de fuir ses responsabilités, de fuir son passé. Pourtant je ne veux pas que Kathlyn soit juste mon passé, mais je ne sais pas non plus ce que pourrait représenter notre futur à deux. Non, je ne sais plus rien.

J’envoie des photos à mon employeur des trois strigoïs que je viens d’achever ce soir et on me répond moins de dix secondes plus tard que le transfert a été effectué. Je vérifie sur mon compte avant de jeter ce téléphone dans une benne à ordures, encore une belle somme qui sera versée à une association pour enfants. Je verse une potion sur les cadavres pour faire disparaître les corps avant de quitter les lieux. J’ignore pourquoi mes pas ne m’ont pas mené à mon studio mais plutôt à la maison où se trouve Kathlyn, peut-être qu’inconsciemment je me suis enfin décidé à aller la voir. Je ne sais pas, malgré ma présence dans le quartier je ne me décide toujours pas à avancer vers la maison.

Je remarque à travers mon reflet que ma chemise est légèrement tâchée de sang, ce que je camoufle en refermant ma veste, heureusement juste à temps. Monsieur Johnson quitte sa maison pour me dire que Kathlyn est sortie et s’est dirigée vers l’Est, il me conseil d’ailleurs de lui ramener un manteau et un parapluie, ce qui me fait froncer les sourcils. J’espère que Kathlyn n’attire pas trop l’attention sur elle avec ses comportements de... strigoï. Je remercie Johnson avant de l’abandonner là, ayant une petite idée de l’endroit où Kathlyn a pu se rendre et effectivement, je me rends compte avoir vu juste lorsque je l’aperçois allongée sur ce tourniquet, sous la pluie.

Je trouve un moyen d’entrer dans le parc, apparemment assez discrètement pour ne pas que Kathlyn ne le remarque avant de m’apercevoir à quelques pas, en train de la regarder. Mon regard s’est d’abord posé sur cette photo avant de s’attarder sur elle. Je sais quand a été prise cette photo, à quelle date exacte, un anniversaire que j’ai raté parmi tant d’autres événements importants, un anniversaire auquel j’avais pourtant promis d’être présent. J’aurais aimé être présent. Une fois de plus revoir Kathlyn me renvoie en pleine figure tout ce que j’ai manqué, tout ce que j’ai gâché. L’eau continue de couler sur nous, de s’infiltrer à travers mes vêtements, mais au moins la fraîcheur me permet de garder les idées claires. Le regard de Kathlyn se plonge finalement dans le mien et elle me demande de rentrer par peur que je tombe malade, ou peut-être pour une autre raison.

- Je suis venu te chercher, mais peut-être qu’on peut rester là un moment.

Je ne lui laisse pas le choix de toute façon, je viens m’installer sur le tourniquet à ses côtés, jetant un nouveau regard vers la photo avant de regarder le sol. J’aimerais tellement pouvoir revenir en arrière, changer le passé. Je suis un homme rongé par le regret et malheureusement rien ne pourra changer ça. Je ne pourrais pas rattraper tout ce que j’ai perdu, Judith ne reviendra jamais à la vie, Kathlyn restera strigoï et traumatisée de son passé. Tout ce qu’il s’est passé de mal dans leurs vies, c’est à moi qu’elles le doivent.

- Deux jours avant ton anniversaire je terminais une mission dans le Colorado. Tout était prévu pour que je sois présent au moins 24h avant, j’avais posé quelques jours de congés pour vous emmener avec Judith une semaine en vacances. Mais la mission a mal tourné, on a perdu le contrôle de la situation, il y a eu une explosion et on s’est retrouvé piégé dans les décombres. Plusieurs hommes sont morts de leurs blessures et tout ce à quoi je pensais était : je ne serais pas à l'heure pour son anniversaire.

Je marque une courte pause interrompu uniquement par le bruit de la pluie qui tombe abondamment dans le parc. Je ne la regarde toujours pas quand je reprends la parole.

- Une unité de secours nous a sorti de là et je me suis dit que j’allais finalement pouvoir arriver à temps mais les blessés avaient pour interdiction de quitter les soins avant 48 heures. Je ne m’étais même pas rendu compte que 15% de mon corps avait été brûlé par l’explosion.

Je sais, je n’ai plus aucune marque de brûlure, aucune trace de cet événement, c’est parce que l’unité nous soigne au sang de strigoïs, voilà pourquoi ils nous gardent 48 heures sous surveillance ensuite, pour être sûr que la guérison ainsi que l’évacuation se passent sans problème. Pourquoi est-ce que je lui raconte tout ça ? Je ne sais pas, peut-être parce que je sais qu’elle a besoin de la vérité, même si en l’occurrence elle ne m’a rien demandé. Je tourne enfin mon regard vers elle pour croiser le sien avant de prononcer ces dernières phrases.

- Je sais que ça n’excuse pas mon absence ce jour-là, j’aurais dû tout simplement annuler cette mission, envisager que les choses tournent mal. Ça ne change rien au passé, mais en voyant cette photo j’ai pensé que tu aimerais connaître la vérité.

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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Ouvrir son regard à la vérité   Ven 8 Déc - 18:22


Ouvrir son regard à la vérité

RP manquant... Sad (en gros, elle dit qu'elle va le laisser refaire sa vie avec une autre femme parce qu'elle le bloque dans le passé même si ça lui fait mal au coeur)

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Dernière édition par Kathlyn Weaver le Mar 9 Jan - 17:30, édité 3 fois
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Le torturé
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MessageSujet: Re: Ouvrir son regard à la vérité   Jeu 28 Déc - 14:20




Ouvrir son regard à la vérité
Kathlyn & Jensen

Que sommes-nous devenu Kathlyn si ce n’est les ombres de nous-même ? J’ai horreur de nous voir comme ça, si proche tout en étant si loin l’un de l’autre. Il y a cette barrière entre nous qui ne semble pas vouloir céder, qui ne cesse au contraire de grandir. Il faut que l’un de nous réussisse à passer au-dessus de cette barrière Kathlyn, sinon vers quoi irons-nous ? J’essaie de faire l’effort, te révéler la vérité à propos de cette date, cette photo, cette absence. Je ne sais pas si ça changera quelque chose, après toutes ces années écoulées à quoi bon donner des réponses maintenant ? Mais il faut bien commencer quelque part j’imagine. Alors je t’explique ce qu’il s’est passé, ce qui m’a empêché d’être présent à ton anniversaire, cette mission que j’aurais préféré annuler. Je regrette de ne pas avoir pu voir l’avenir, deviner que mon engagement envers l’unité aurait détruit notre famille, j’aurais dû m’en douter, j’aurais dû le voir arriver.

Je la vois se redresser et l’entends dire ces mots. Etre honnête avec cette personne qui partagera ta vie... Ces mots sonnent faux à mes oreilles, ces mots sonnent faux dans sa voix. Je ne saurais envisager partager ma vie avec une femme autre que toi, je suis le genre d’homme à croire en le vrai grand amour d’une vie, tu as été ce grand amour-là pour moi Kathlyn, tu le seras toujours. Jamais je n’envisagerai être attiré par une autre personne que toi, je suis l’homme d’une seule femme, celle que j’ai épousé, celle qui a partagé mes meilleurs souvenirs tout comme les plus mauvais. Je ne dis rien pour l’instant, me contentant de profiter de sa présence à mes côtés tant que ça dure. Je sens sa tête se poser contre mon épaule, me ramenant en arrière, à cette fin de journée où elle était enceinte et qu’elle se tenait ainsi contre moi, alors qu'on regardait le coucher de soleil en face de nous. Un moment simple, beau, gravé à jamais dans ma mémoire.

Sa voix me tire de mes pensées et je ne peux m’empêcher de ressentir cette même amertume qu’elle. Revenir en arrière, je n’ai jamais eu de meilleur souhait. Sauf qu'à nouveau je n’apprécie la suite de ses mots. Je me demande presque si ce n’est pas du sarcasme mais non, tu t’infliges réellement cette pensée et tu me l’infliges avec. Je me redresse et tourne mon visage vers elle, posant doucement mes mains sur les siennes, cherchant à attirer son regard dans le mien. Regarde-moi Kathlyn, regarde à quel point je compte être honnête avec toi ce soir, lis en moi, constate que cette fois je ne te mens pas.

- Tu penses réellement que t’éloigner nous aidera à avancer l’un et l’autre ? Si tu dois t’éloigner pour toi Kat alors je serais prêt à te laisser partir, mais avant laisse-moi te dire une chose.

Je marque une pause, mes mains se resserrent un peu plus autour de celles de Kathlyn, comme si j’avais besoin de me persuader que je peux encore la retenir ici, à mes côtés, d’une manière ou d’une autre. Pourquoi est-ce toujours lorsque je suis sur le point de la perdre que je me réveille enfin ? Quelques heures avant je n’étais pas sûr d’être prêt à la revoir, et voilà que maintenant je ne suis pas prêt à la laisser partir.

- Jamais une autre femme ne prendra ta place dans mon cœur. Jamais je ne serais capable d’en aimer une autre que toi. J’ai prêté serment pour le meilleur et pour le pire et je sais qu’à cause de moi tu as traversé le pire... Je sais que rien ne réparera le passé ni ne guérira ces blessures.

L’une de mes mains s’écarte des siennes pour glisser contre sa joue, humide sous la pluie. Mes yeux plongent dans les siens et ça ne fait que confirmer cette évidence, aucune autre femme ne sera à la hauteur à mes yeux.

- Si j’étais un homme bien je ne chercherais pas à te dissuader de partir après tout ce que je t’ai fait traverser, pourtant la seule chose que je trouve à dire ce soir c’est que j’ai encore besoin de toi dans ma vie. Alors même si tu dois partir pour aller mieux, ne doute jamais de mon affection pour toi. Je t’aime Kathlyn et je n’aimerai toujours que toi.

Et tu ne peux pas douter de ces mots, de cet amour, car même si je t’ai menti par le passé, jamais je n’ai été malhonnête quant à mes sentiments pour toi. Si je m’écoutais je t’embrasserais ce soir, là, sous la pluie, mais je n’ai pas le droit de te convaincre avec un baiser, je n’ai pas le droit de t’influencer de cette façon. Alors maintenant c’est à toi de prendre ta décision, voir si mes mots sont suffisants pour te faire rester ou si mes échecs du passé te pousseront malgré tout vers la sortie.

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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Ouvrir son regard à la vérité   Mer 3 Jan - 14:21


Ouvrir son regard à la vérité

Je ne sais pas quelle situation était la meilleure. Etait-ce avant, quand nous nous dissimulions mais que nous étions trois ? Quand j’étais encore capable de voir une lueur de bonheur dans tes yeux malgré ma propre douleur ? Malgré les doutes, malgré la peur ? Ou est-ce que maintenant, on pouvait considérer la situation comme meilleur ? Je connaissais enfin la vérité mais ça nous avait tant coûté. Et quand je voyais ton regard, je ne pouvais que me le rappeler. A chaque fois que tu me voyais, tes yeux se plissaient sous la douleur, un rictus prenait place sur tes lèvres, et ton front se plissait. Je te connaissais, Jensen, quand je t’avais épousé, je connaissais tout ou presque de toi. Ça m’avait aidé, malgré notre éloignement, à être toujours capable de lire ton visage, tes émotions. Tu ne pouvais pas me cacher ta douleur. Et je savais qu’elle n’avait jamais été aussi grande que ses derniers jours. Alors même si l’idée de te laisser derrière moi me paraissait… aberrante, je ne pouvais pas m’imaginer rester à côté de toi, comme un rappel éternel de ce que tu avais perdu, de tes regrets, de tes remords, de tes souffrances… Alors oui, j’exprime cette idée de partir. Pour toi, pour nous. Parce que c’est la seule solution qui puisse me paraître sensée en cet instant. La seule qui puisse, à long terme, éviter que tu ne meurs sous peu…

C’est étonnant, que malgré la crispation de mes mains sur le cadre, je ne l’ai pas encore abîmée. Je n’arrive pas toujours à contrôler ma force, surtout sous le coup de l’émotion, alors un autre jour, je l’aurais surement brisé. Tout comme j’aurais certainement brisé tes doigts quand tu me prends les mains. Et pourtant, je me force à me détendre, mes yeux fixées sur cette pseudo-étreinte. Ta peau avait toujours été si bronzée, ensoleillée, mais la mienne n’avait jamais paru aussi blanche, aussi froide et morte que cette nuit. Je sentais les aspérités de tes doigts, les cales de tes mains, dues aux armes à feu. Je les connaissais par cœur. Des cales que j’avais à mon tour perdu avec cette éternité. Maintenant, j’avais une peau lisse, froide, fine, extrêmement fine. Je sais que ce point n’était pas naturel pour mon espèce, Cara me l’avait assez répété. Mais le froid, la faim, la souffrance. Ce sont des points qui marquent un corps, même quand celui-ci est sensé être figé à jamais dans un instant de beauté. J’avais recommencé à me nourrir, légèrement, juste assez pour que l’aspect le plus maladif de ma torture disparaisse, mais pas assez pour que je guérisse complètement. Je sentais mon corps prêt à se rompre à chaque instant, mais extérieurement, à part la finesse de ma peau et les marques de morsures sur le haut de mon corps, je paraissais en bonne santé. C’était si… monstrueux. Inhumain, comme aspect. Encore plus quand je te regardais, quand je levais les yeux vers toi et que je pouvais remarquer en toi tous ses petits « défauts » que j’aimais tant. Cette ride d’expression sur ton front que tu prenais quand tu cherchais tes mots comme maintenant, ces légères ridules au coin de tes yeux qui étaient apparus avec notre mariage, avec nos rires, ces ridules que j’avais vu apparaître, les mêmes qui avaient disparus chez moi. Je pouvais encore voir cette fine cicatrice sur ta tempe, dû à un coup de crosse lors d’une de nos missions. Toutes ses petites marques que j’avais appris à aimer, à chérir. Ces marques qui faisaient de toi un humain et qui me rappelait un peu plus nos différences maintenant…

Tu prends la parole et de nouveau, je me retrouve à t’écouter sans réussir à parler. Ce que je pense… Je n’ai jamais été du genre à le cacher, à tourner autour du pot. Je te l’ai dis. Ou plutôt, je t’ai dis ce qui me paraissait le mieux, sans savoir si c’était réellement ce que je désirais mais était-ce réellement important ? La chaleur de tes mains m’ancrent un peu plus dans la réalité, contrastant avec la pluie tiède qui nous recouvrait toujours. Je sens mon cœur se serrer pendant que celui qui était mon mari continuait à me parler, me disant des mots que j’avais attendu pendant des années. Des mots qui, malgré le temps, ne paraissait pas si déplacés que cela… Je crois que malgré tout ce qu’il avait pu me révélait, je les attendais toujours. C’était bête, si bête, surtout quand moi-même je ne savais plus si j’étais capable de l’aimer.

Sa main contre ma joue me ramène à la réalité et j’inspire doucement l’odeur qui se dégage de sa peau, qui me recouvre entièrement. J’avais l’impression, malgré l’absence de contact, de me retrouver contre son corps et ce n’était pas aussi intrusif que j’aurais pu le penser. Au contraire, c’était apaisant… Alors même que ses mots mettaient ma tête sans dessus dessous, sans même parler de mon cœur. Je sentais une boule grossir dans ma gorge, que je ravalais difficilement, baissant les yeux. Etait-ce normal que ses mots provoquaient à la fois dans mon corps une félicité et une tristesse sans pareil ? Je me sentais écartelée, sans savoir quelle direction je souhaitais prendre. Quelques secondes plus tôt, j’avais pensé à nos retrouvailles, me disant que cela me paraissait aberrant après toutes ses épreuves, tous ses mensonges. Et maintenant, j’essayais de penser sérieusement à partir, à le laisser derrière moi, sachant que je possédais toujours son cœur et la souffrance me paralysait. Etait-ce normal de se retrouver dans cette situation, où toutes les solutions paraissaient si dures ? Non, le plus important était de savoir : quelle solution vaudrait la peine d’être emprunté, laquelle nous permettrait de vivre à nouveau ?

Avec une lente inspiration par le nez, sentant de nouveau son odeur me recouvrir, je relève la tête pour croiser son regard patient, retrouvant en lui l’homme que j’avais épousé. Est-ce que… je faisais le bon choix ? Je ne savais pas. Mais tout comme il voulait me laisser le choix en m’ouvrant petit à petit son cœur, son histoire, ses absences, je devais lui rendre l’appareil. Sans lâcher son regard, je lâchais une de ses mains pour prendre le cadre que je déposais sur ses genoux, je voyais son regard devenir interrogateur, sans qu’il ne prenne la parole. Peut-être parce que ce fût à mon tour de le faire.

« Je crois que c’est à mon tour de te parler, de t’en parler, de notre passé… Je… La chose la plus dure que tu m’ais fait traverser, dans ce passé, avant Jude… C’était ton absence. Parce qu’avec elle, venait des questions. Et quand tu revenais, tu me paraissais si distant, si lointain… Je ne retrouvais plus mon mari, mon homme, mon partenaire, mon meilleur ami. J’avais l’impression de ne retrouver que le père. Et j’étais tellement égoïste, tellement égocentrique, que la plupart de mes pensées était sur moi. Je me demandais si tu m’aimais encore, si tu étais absent parce que tu avais trouvé une autre femme, si je t’aimais encore… »


Malgré ma condition, un frisson arriva à m’atteindre, traversant tout mon corps et me glaçant. A moins que ce ne soit la pensée de ce que j’allais dire. Je quittais son étreinte, me doutant qu’il préférerait être seul pour digérer la suite. A vrai dire, je n’arrivais même pas à soutenir son regard. Alors je continuais en gardant mes yeux fixés sur l’éclat argenté de son collier, celui qui contenait sa bague de mariage… Parfois, je me demandais si je ne gardais pas ma bague à mon doigt comme un rappel, comme ma punition, plus que comme mon amour pour cet homme. Et a peine cette pensée me traversait que je me retrouvais à me fustiger. Cette nouvelle vie me laissait bien trop de temps pour penser…

« J’avais commencé à préparer des papiers pour notre divorce. Ce n’était pas… Je ne sais pas pourquoi j’avais vraiment fait ça. Pour te faire réagir je crois. Je crois qu’à ce moment-là, la douleur et la culpabilité était plus grande que l’amour. Et c’était une façon pour oublier… tout ce que je pouvais te reprocher et me reprocher également. »


Presque distraitement, je sens mes ongles s’enfoncer dans mes genoux, à travers mon jean, me faisant baisser le regard. Je sentais le sang couler mais étrangement, cela me permis de retrouver le courage de dire mes derniers mots. De blesser surement son cœur. Et alors qu’il y a quelques années, je n’aurais pas hésité pour me défaire de ma honte, pour être honnête mais aussi pour lui faire du mal, savoir maintenant la vérité ne faisait que d’augmenter ma culpabilité…

« Quand je suis morte, si je ne compte pas ce strigoï… Cela faisait deux semaines que je ne t’avais pas embrassée et trois mois que nous n’avions pas eu de relations sexuelles. Et la dernière personne qui m’avait embrassé et avec qui j’avais répondu au baiser, ce n’était pas toi… Ca n’a pas été plus loin que le baiser mais malgré tout, je n’ai pas su écoute nos vœux… Alors… »
Je secouais doucement la tête, relevant mon regard pour le plonger dans le sien, sachant déjà que ce que j’y verrais risquerait de briser définitivement nos cœurs… « Je ne sais pas si je t’aime encore, Jensen… Mais ce que je sais, c’est que je ne peux pas me faire confiance pour t’aimer comme tu le mérites et que tu ne peux plus non plus me faire confiance… »

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Le torturé
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MessageSujet: Re: Ouvrir son regard à la vérité   Sam 13 Jan - 17:44




Ouvrir son regard à la vérité
Kathlyn & Jensen

Est-il encore possible d’arranger notre situation ? Il y a certains jours où je me dis que le passé nous a bien trop détruit pour que l’on puisse rattraper quoi que ce soit, puis d’autres où je réalise que notre avenir ne sera pas plus éclairé que notre passé si les choses restent ainsi. Tu proposes que chacun refasse sa vie ailleurs, avec une autre personne, et même si je devrais accepter pour que tu sois heureuse, je ne peux pas choisir de te laisser partir. Entre mes activités et ta nouvelle nature je sais que les choses seront différentes, que cet amour nous fera probablement encore souffrir, mais t’avoir perdu une fois m’a déjà anéanti Kathlyn, alors je ne pourrais pas te laisser partir une seconde fois. Je sais que je n’ai pas été très démonstratif pendant une longue période mais malgré toutes mes erreurs Kathlyn, s’il y a bien une chose qui ne changera jamais c’est mon amour pour toi.

Je la vois baisser les yeux et apparaît cette petite ligne sur son front, comme si mes mots la faisaient souffrir. Je sais que je ne mérite pas son pardon, que c’est bien trop facile de nous entraîner plus bas que terre et regretter ensuite, mais d’un autre côté je ne peux pas juste lui dire d’accord pour que nos chemins se séparent. Je ne compte pas abandonner cette fois. Je vois à son regard qui croise à nouveau le mien qu’elle est encore perdue,  mais c’est moi qu’elle est en train de perdre lorsqu'elle pose le cadre sur mes genoux. Je fronce les sourcils, ne comprenant pas encore où elle en veut en venir, attendant ses explications qui arrivent vite.

Je suis heureux que nous réussissions à nous ouvrir l’un à l’autre ce soir, à exprimer tout ce qui a été gardé secret durant tant d’années. Ce ne sont certes pas des mots bien agréables à entendre, mais il n’y a qu’en si confrontant que nous pourrons arriver à surmonter tout ce qui nous a détruit. Je regrette de pas t’avoir donné l’attention que tu méritais Kathlyn, j’aurais dû, mais le mensonge avait fini par engendrer en moi une culpabilité si grande que je n’arrivais plus à te regarder dans les yeux à la fin, ou encore à t’embrasser. J’avais l’impression de te tromper à travers ces secrets et je n’avais pas le droit de prétendre que tout allait bien entre nous alors que je continuais de te mentir à chaque heure de la journée. Mais une fois de plus tu as souffert de mes décisions et j’aurais dû le prendre plus au sérieux, j’aurais dû faire en sorte d’améliorer les choses.

Elle rompt le contact qu’il y a entre nous, fuit à nouveau mon regard. Qu’y-a-t-il Kathlyn ? Ce n’est pas à toi d’avoir honte dans cette histoire, c’est moi qui nous ai mené à ça, c’est ma faute si tu t’es sentie délaissée. Puis elle reprend la parole, parlant de divorce et ce simple mot éveille un sentiment désagréable dans ma poitrine. Est-ce réellement étonnant qu’elle me parle de divorce ? Non, ce qui est plus étonnant c’est qu’elle ne soit pas allée au bout au vu de la situation que je lui faisais endurer. Je la vois se crisper et les mots qui suivent me font comprendre pourquoi. Elle me parle d’un autre homme qu’elle aurait embrassé, de ses doutes sur ses sentiments, de ses doutes sur sa confiance.

Un silence s’installe entre nous. Le mâle que je suis a envie de savoir qui l’a embrassé mais j’éteins cette sombre pensée. Seulement un baiser, je crois que je peux m’estimer heureux. Le silence est finalement brisé par un léger rire de soulagement qui s’échappe de mes lèvres, je sais que ce n’est pas vraiment le moment idéal pour ça, mais croyez-moi lorsqu’elle a parlé de culpabilité je me suis imaginé bien pire que ça. Je me calme assez vite et resserre presque instinctivement mes doigts sur le cadre photo. Cette photo sur laquelle se trouvent toutes les personnes que j’aime.

- Tu culpabilises pour un unique baiser mon amour, alors qu’une autre femme dans ta situation m’aurait probablement trompé et serait allée au bout du divorce. Tu ne te fais peut-être pas confiance mais moi oui.

A cause de ça tu doutes de ton amour pour toi alors qu’à mes yeux cette révélation sonne bien plus comme une preuve d’amour. Ironique n’est-ce pas ? J’ai mérité que tu ais d’autres tentations, j’ai mérité que tu veuilles me quitter, j’ai causé nos propres malheurs Kathlyn et tu as toujours su rester, tu as continué à te battre. Je ne pourrais pas rêver mieux que toi Kat et je m’en veux de ne pas être aussi bon pour toi que tu ne l’es à mon égard, mais j’ai envie de faire mieux aujourd’hui. Il faut que j’essaie car je n’arriverais pas à te laisser partir de toute façon. Ma main glisse sous son menton pour la pousser à croiser mon regard. Ne fuis pas Kat, de nous deux ce n’est pas toi qui devrais avoir honte.

- J’ai fait beaucoup d’erreurs Kat, mais la pire pour moi serait de te laisser partir.

Et sur ces mots je finis par céder à la tentation en rapprochant mes lèvres des siennes pour goûter à un baiser. Je sais que je n’ai pas le droit, que ça aurait dû être à toi de décider mais ce soir je choisis de prendre l’initiative pour te prouver que je ne laisserais plus la flamme s’éteindre entre nous. Et je me demande comment j’ai pu me passer du goût exquis de ses lèvres durant autant de temps...

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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Ouvrir son regard à la vérité   Jeu 15 Fév - 17:47


Ouvrir son regard à la vérité

Je ne peux pas m’empêcher de me demander si cette soirée sera la dernière où je te verrais. Je me pose cette question à chacune de nos rencontres. A chaque fois, des secrets sont révélés, des blessures sont rouvertes. Combien de temps encore avant que les ombres dans tes yeux ne gagnent ? Combien de temps avant que mon contrôle ne m’échappe ? Combien de temps avant la fin ? Ce ne sont pas des pensées agréables, mais elles sont au premier plan dans mon esprit, à chaque instant, à chaque moment où j’inspire ton odeur à la fois si réconfortante et si troublante. Penses-tu que nous serons capable de passer par-dessus toute cette histoire afin de nous relever ? Quelque que soit la direction que nous emprunterons ? Je ne sais pas… D’une certaine façon, j’en éprouve l’envie, non pas d’oublier Jude, au contraire même. Mais de reconstruire un pont entre nous deux. Sauf qu’à chaque fois que je vois la blessure dans tes yeux, je me dis que je suis bien égoïste. J’ai peut-être survécu pour ce moment où je pourrais enfin croiser sans aucun secret entre nous, mais peut être était-ce également écris qu’à la suite de cela, nous devrions nous séparer ? Peut-être. Surement est-ce la raison pour laquelle à chaque fois que l’un de nous tente de tendre la main à l’autre, nous finissons par nous détourner de cette main… Peut-être est-ce l’une des raisons pour laquelle je suis honnête à mon tour également mais surtout blessante, bien que je ne le veuille pas… Pas vraiment en tout cas.

J’ai toujours été du genre à soutenir ton regard, pour le meilleur ou pour le pire. Du genre à affronter ton regard sans la moindre envie de le détourner. Mon frère a toujours dis que j’étais telle un Mur, infranchissable, bâtie pour protéger tout autant impossible à manquer. Le pilier de la famille. Mais c’était le passé. Petit à petit, notre nouveau présent détruisait chaque brique de ce mur et je me retrouvais à affronter enfin ce qui se cachait derrière. Est-ce que c’était une bonne chose ? Allez savoir… Mais en tout cas, cela se produisait maintenant.

Le silence entre nous… Je crois que c’est l’une des pires choses. Ce silence nous pousse toujours à nous poser des questions. Mais je crois que ta réaction est pire encore. Ce rire… Comment l’interpréter ? Surtout après tes mots précédents ? Je ne sais pas… Je devrais peut être relever les yeux, essayer de découvrir dans ton regard ce que tu pensais, j’étais assez douée pour pouvoir lire en toi. Mais je te connaissais, tu ne me laisseras pas le temps de me poser des questions. Et je n’ose pas encore affronter ton regard, affronter les émotions qui naîtront en moi peu importe ta réponse…

J’entends tes mots mais il me faut un temps pour les comprendre et je sais qu’il me faudra encore plus longtemps pour les accepter. Comment ? Comment peux-tu être toujours aussi doux et optimiste, enfin d’une certaine façon, après tout ce que nous avons traversé ? Alors que je m’attendais avant toutes ces révélations à ce que tu m’avoues avoir trouvé une autre femme, je sais que je n’aurais pas réagis d’une bonne façon. Et toi, alors que je te prends par surprise, tu arrives à trouver du positif en tout cela. Pis encore, tu sembles même… me faire confiance ? Comment ? Comment peux-tu en être capable ?

Je sens la chaleur de ta peau contre la mienne, m’y perdant avant même de me perdre dans ton regard. Et j’affronte ton regard franc et chaleureux, ouvert, mais aussi déterminé. On dirait presque que la douleur s’est estompé face à ta détermination. Je ne sais pas ce qui te fait réagir ainsi mais c’est presque plus surprenant que tes mots, de retrouver cette lueur dans ton regard. Je sais que cela devrait être à mon tour de m’éloigner quand je sens ton corps se rapprocher de moi mais… Je ne bouge pas. Je ne peux pas bouger. Même après tout ce temps, même après toutes les blessures, tu arrives toujours à paralyser mon corps de la meilleure des façons.

Tes lèvres contre les miennes, Jensen, cela fait si longtemps… Et en même temps, elles ont un goût familier. Je me retrouve à perdre le fil de mes pensées pour profiter de ta chaleur, de ta douceur, de cette fougue sous-jacente. Et quand je reprends le contrôle de mes émotions, de mes pensées, je me rends compte que je suis sur tes genoux et que mes poumons brûlent sous le manque d’air. Je croyais pourtant ce dernier fait impossible… Tu me rends mon humanité, mon ange. Tout autant que tu fais vaciller dangereusement mon contrôle. Je m’éloigne un peu, déposant mon front contre le tien sans chercher à quitter ta chaleur. Tu arrives à réchauffer mon corps à jamais glacé, malgré la pluie, malgré nos événements…

« A chaque fois que je pense te connaître, tu me prouves que tu peux me surprendre, que tu peux voler un autre part de mon âme… »

Je dépose ma main contre son cou, sentant son pouls battre sous sa peau. Et je me rends compte enfin de la soif qui me taraude, je me rends compte que malgré notre baiser, une part de mon esprit est resté concentrée sur lui d’une façon primaire, d’une façon sanglante… Cette fois, ma tendresse pour lui a été plus forte, mais la prochaine fois ? Est-ce que je saurais me contrôler alors qu’il était capable de m’empêcher littéralement de penser ? Non, je ne voulais pas m’attarder sur ces pensées, je ne voulais plus imaginer le pire, je l’avais fait trop longtemps, trop souvent. Surtout quand je pouvais voir dans son regard qu’il était prêt à m’ouvrir de nouveau son cœur, surtout quand je me rendais compte que je n’avais jamais réellement fermé le mien à son encontre… Distraitement, un soupir m’échappa pendant que ma main caressait doucement l’arrête de sa mâchoire, ressentant tout. Le contact rêche de sa barbe, la douceur sous-jacente de sa peau, la chaleur de son corps. Mais surtout les picotements dans mes doigts, la vague de chaleur dans mon cœur…

« J’ai si peur de te blesser, que nous finissions tous les deux blessés de nouveau… Notre situation est devenue si différente. Et pourtant, tu fais toujours naître autant d’émotions en moi qu’à nos débuts… »


Je finis par décrocher mon regard du sien, fermant les yeux pour profiter de son corps contre le mien. Son torse effleurant le mien, son souffle se mêlant au mien, ses mains sur moi, mes mains contre son torse et sa gorge. Et je me rendais compte que j’étais déjà redevenue dépendante de sa présence. Sauf que cette fois, je n’avais plus envie de m’en protéger…

« Je ne veux pas me contenter d’un soir de temps en temps… J’ai compris que tu as des activités dangereuses, que parfois tu ne pourras pas rentrer plusieurs jours d’affilés… Mais tant que tu le peux, je veux pouvoir te retrouver au lever du jour. Est-ce que tu penses que c’est… faisable ? »

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