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 La fin

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Le roi des ombres
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MessageSujet: La fin   Lun 18 Déc - 19:15


La fin
Amaëlle & Lucas

C’est bientôt la fin. Je regarde le sang couler sans la moindre expression sur mon visage, moi qui pensais que sa mort me donnerait satisfaction, il n’y a juste rien et c’est étrange de ne pas avoir Lucie pour ressentir à ma place, pour me donner une idée de la réaction que je devrais avoir. J’ai fini par rayer tous les noms de la liste, il n’en restait plus qu’un, celui de mon ennemie, celui de celle qui pensait sérieusement pouvoir gagner contre moi. Elle a voulu me prouver que les moroïs pouvaient être à la hauteur de mon espèce, je lui ai prouvé à quel point elle avait tort. Une fois son identité enfin révélée, ça n’a pas été bien compliqué d’aller récupérer le médaillon maintenant que je connaissais son emplacement. Rectification, une autre personne que moi serait très certainement morte en essayant de voler Daniel, mais moi je connais sa façon de penser, son système et ses pièges, alors finalement ça a surtout été un défi amusant à relever. Nul doute que Daniel saura qui l’a volé, mais après tout je ne fais que récupérer ce qui m’appartient.

Une fois le médaillon en main je savais que la moroï voudrait le récupérer. Je savais qu’elle agissait seule ou en comité très réduit. Elle a voulu me tromper en envoyant une autre moroï se faisant passer pour elle, mais maintenant que je connais son visage, son nom et sa tâche de naissance, je suis devenu le maître du jeu. J’ai forcé un autre moroï au pouvoir de l’esprit à travailler pour moi, à bloquer son pouvoir pour qu’elle ne puisse pas me détraquer. L’avantage d’être un strigoï c'est qu’on apprend vite à être patient. Une fois qu’elle avait perdu tout pouvoir contre moi ce n’était pas bien compliqué de la pousser à bout, après tout avec ce médaillon je pouvais très bien décider de détruire l’espèce moroï, sa vie et celle de ses proches. Ensuite il lui aura fallu moins d’une heure pour foncer dans la gueule du loup et tomber dans l’un de mes pièges.

Sa mort a été l’une des plus longues et douloureuses que j’ai jamais réalisées. Il fallait bien lui faire payer pour toutes les conséquences qu’auront provoquées ses actes. Il fallait faire passer un message au reste du monde, personne ne me manipule, personne ne me piège. Je peux au moins reconnaître à cette moroï sa ténacité, puisque même lorsque sa peau était dépecée elle continuait de me menacer, de me promettre qu’elle pouvait emmener Lucie avec elle. Cette moroï n’a pas appris qu’il ne faut jamais menacer un strigoï qui a effacé ses émotions. Pourtant Lucie n’est vraiment pas revenue après sa mort, peut-être parce qu’elle attend que je fasse revenir l’ancien Lucas, peut-être qu’elle ne reviendra vraiment pas, je n’en sais rien.

Après avoir vu la moroï lâcher son dernier souffle, je l’ai décapité, déposant son visage dépecée dans une boite près d’une note que j’envoie tout droit à l’adresse d’Amaëlle. Elle saura qu’il s’agit de la moroï. Elle saura ce que signifie la note disant "c’est bientôt terminé", elle sait qu’elle est la dernière chose qu’il me reste en tête maintenant, utiliser l’arme que j’ai fabriqué. Si vous vous interrogez pour le moroï dont je me suis servi, je l'ai tué une fois qu'il ne m'était plus utile, autant ne pas répéter deux fois les mêmes erreurs. Je ne perds pas une minute pour quitter Missoula et me rendre à Phoenix, là où on me réserve un très bel accueil. Visiblement l’unité a découvert d’une manière ou d’une autre l’emplacement de mon arme et ils attendaient ma venue pour pouvoir s’en servir contre nous, contre les strigoïs.

Le sang continue de couler ce soir. Le mien. Le leur. Une fois de plus ils ont voulu prouver qu’ils pouvaient être supérieurs, une fois de plus je leur ai prouvé qu’ils ne me battraient pas en les tuant tous un par un. Les humains ne font que me pousser à les détester un peu plus, à vouloir leur destruction, leur disparition. Je ne peux pas leur laisser l’occasion de tout reprendre un jour. Le dernier humain tombe à mes pieds alors que sa lame s’est enfoncée à quelques centimètres de mon cœur. Je la retire sans broncher et la laisse retomber au sol, sachant que la blessure se soignera même si elle prendra un peu plus de temps que les autres. Je sais que l’humain a appelé des renforts, mais ils n’auront pas l’occasion d’arriver jusqu’ici, je les aurais tous détruits avant.

J’enfonce le médaillon à la place qui lui est destinée sur la porte, me permettant d’entrer le code qui la déverrouille. A l’intérieur, une machine de plusieurs mètres repose sagement, destructrice, attendant simplement d’être utilisée. J’avance vers le panneau et commence à y inscrire les données, le lieu exact où l’arme doit frapper pour faire le plus de dégâts, le minutage, les gênes de l’espèce menacée. Tout est prêt, je n’ai plus qu’à déclencher le mécanisme. Cette fois tout est bientôt terminé.


acidbrain
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La dame des ombres
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MessageSujet: Re: La fin   Ven 29 Déc - 19:33

La fin
Amaëlle & Lucas

J’entends un profond soupir à mes côtés et je vois également un retour noir, sur lequel je retourne un sourire sombre qui fait frissonner le petit homme à mes côtés. Visiblement, il n’apprécie pas le rythme répétitif de mes doigts qui tapent contre la tablette, on fait passer le temps comme on peut. Encore une fois, alors que l’avion entame la descente, je me refais les événements dans ma tête. Lucas qui part, Lucas qui déraille, Lucas qui m’avoue vouloir nous protéger d’une bien sinistre façon. Mes recherches, mes interrogations, je me suis approchée d’un dénommé Daniel afin d’avoir des réponses, recevant un accueil plutôt salé, j’avais failli y rester d’ailleurs. De ce que j’avais compris, Lucas l’avait volé, à partir de là, savoir que les événements étaient enclenchés m’avaient fait un peu plus accéléré les recherches. J’avais même été voir Lucian pour mettre carte sur table avec lui. Je me débrouillais en manipulation mais Lucian avait élevé cet art à un niveau presque divin alors le meilleur moyen de converser avec lui était encore d’être brutalement honnête et franc dans ses demandes. J’avais pu, à ses côtés, assemblés les derniers éléments de l’énigme. Et il m’avait arraché la promesse de l’appeler pour mon départ vers cette machine de guerre. Je le soupçonnais de vouloir partir avant moi, peut être même ce soir. A dire vrai, je m’attendais presque à le voir dans un vol privé lors de mon atterrissage. Enfin, j’allais tenir ma promesse… Une fois sur le sol de Phoenix. Après tout, était-ce ma faute s’il avait mal annoncé sa demande ? Bien sur que non et je n’allais pas le lui faire remarquer.

Il me faut encore attendre un petit moment avant que je ne puisse descendre de l’avion, me retrouvant sur le hangar, devant un bus qui allait nous mener à l’aéroport. Habituellement, malgré mon manque de patience, je respectais les règles afin de ne pas me faire remarquer mais cette fois, je n’aurais pas le temps. Le cadeau que j’avais reçu de Lucas indiqué plutôt bien que j’étais en retard. Alors, en me cachant des regards, je disparus ensuite en vitesse pour me diriger vers le lieu où je savais que je trouverais Lucas.

Je m’arrêtais brutalement une fois arrivée, reniflant dans l’air cette odeur de sang, de mort et de trippes, voyant tout autant de moi des dizaines de cadavres. Le pire était certainement de sentir l’odeur du sang et de Lucas et en m’approchant de la porte, je compris pourquoi. Il avait été blessé, parce que le médaillon était couvert de son sang. J’entendis quelques râles, des personnes encore vivantes mais qui n’en avait plus pour longtemps. Je ne perdis pas de temps, tapant le code que je pensais être le bon. Le 13 mars 22 n’est-ce pas ? La porte se déverrouilla et je ne perdis pas de temps à entrer.

J’aurais pensé devoir passer des tas de couloir, d’autres systèmes de sécurité mais non. C’est pourquoi je fus surprise à l’arrivée, pourquoi je me figeais devant ce monstre de plusieurs mètres, monstrueux également par sa simplicité. Qui aurait cru que ce truc cachait une bombe. En voyant Lucas devant cette machine, je compris qu’il ne m’avait entendu entrer, surement concentré sur son but. Et quand je vis des voyants s’allumer, ça me réveilla. Ah non. C’est bon, je ne suis pas la sauveuse de la veuve et de l’orpheline mais on ne va certainement pas continuer comme ça, pas quand Lucas n’a pas toute sa tête.

J’entamais une course rapide jusqu’au dos de Lucas, le voyant faire volteface à la dernière seconde, juste à temps pour éviter son coup qui aurait du me transpercer l’estomac. On dirait que je l’avais surpris. Je m’étais décalé à la toute dernière microseconde pour éviter son coup, et ma main avait attrapé sa main dominante pour lui éviter de recommencer. Je voyais en même temps le sang séché qui la recouvrait, tout comme Lucas en était couvert et tout comme je pouvais flairer l’odeur de son sang. Il était blessé et pourtant, plus en forme que jamais.

« Lucas… »


Je lève la main, mes doigts glissant contre sa joue, essuyant son sang qui avait l’air de provenir d’une blessure à sa pommette. J’ai l’impression que mon cœur cherche à s’enfuir dans mon estomac, une sensation désagréable, mais tant que ça… Pourquoi à chaque fois que je décide de te laisser partir, il faut que tu me fasses ressentir autant de sentiments ? Qu’ils soient bons ou mauvais, tu es l’un des seuls à pouvoir me faire ressentir aussi pleinement mes émotions, les retournant sans dessus dessous… Je laisse retomber ma main, tenant pourtant toujours sa main dominante. Je ne sais pas pourquoi. Pour lui éviter de se retourner ? Pour le retenir ? Pour l’empêcher de commettre une erreur ? Je ne sais pas. Je n’arrive plus à savoir avec lui…

Je scrute ses yeux sombres, n’y voyant toujours aucun sentiment, si ce n’est peut être l’ennui que je lui procure en l’empêchant de faire ce pour quoi il est venu. Après plusieurs secondes, je relâche enfin ma lèvre inférieure que je torturais de mes dents pour lui parler. Peut-être notre dernier contact, vu que je me retrouvais encore une fois sur sa route alors qu’il avait toutes les cartes en main pour être le roi de ce territoire…

« Ne fais pas ça. S’il te plait, ne la laisses pas gagner cette dernière partie en te faisant utiliser cette arme. Tu l’avais caché pour une bonne raison la première fois, Lucas, rappelles toi de ces raisons. Je t’en prie… »




Dernière édition par Amaëlle L. Cheverston le Mar 9 Jan - 16:00, édité 1 fois
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Le roi des ombres
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MessageSujet: Re: La fin   Mer 3 Jan - 19:23


La fin
Amaëlle & Lucas

C’est l’ultime combat qui se déroule entre les humains et moi, un combat que je remporte une énième fois. C’était donc le dernier, bientôt l’Amérique verra l’humanité disparaître de son pays et les strigoïs règneront en maître. Je régnerai en maître. J’aurais certainement dû penser à cette machine avant, ça m’aurait évité bien des problèmes comme cette lame qui s’enfonce si proche de mon cœur. Sauf que rien ne m’arrêtera désormais, j’ai plus de force qu’avant, plus de combativité et ce n’est pas cette blessure qui m’empêchera d’atteindre mon but. Une fois dans la salle je m’attèle à mettre toutes les données en place, ce n’est plus qu’une question de minutes avant l’extermination de la race humaine. Plus rien n’est capable de m’arrêter.

Ou peut-être que je m’avance un peu trop. Je ne sens que trop tard cette présence dans mon dos, mais suffisamment à temps pour attaquer avant elle. Une chance qu’Amaëlle sache se défendre, autrement son estomac aurait été ouvert en deux. Sa main bloque la mienne alors que mes yeux croisent les siens. Tu es un peu en avance en Amaëlle, je ne t’attendais pas aussi tôt. Elle prononce mon prénom et sa main glisse contre ma joue. Qu’essaies-tu de faire au juste ? Revenir mes émotions ? Je ne me laisserais pas avoir comme la dernière fois, je ne te laisserais pas avoir le dernier mot Amaëlle, autrement ça signifie que nous aurons perdu cette guerre.

- Nous sommes dans le même camp Amaëlle. Ne me trahis pas, ne sauve pas l’humanité du sort qu’elle mérite.

Tu devrais plutôt m’apporter ton soutien, m’encourager à aller jusqu’au bout de cette aventure, sauf que non, tu cherches à me convaincre. Tu me demandes de ne pas faire ça, de ne pas la laisser gagner mais tu as tort, en l’utilisant je gagne justement la partie, la moroï l’aurait utilisé pour nous exterminer, je l’utilise pour tous nous sauver.

- Cette arme ne peut plus être cachée, si ce n’est pas moi qui l’utilise, ce sont eux qui le feront et il est hors de question que je les laisse gagner. Ils ont failli te détruire une fois, je ne leur offrirai pas l’occasion de recommencer.

Tu t’es peut-être remise de cette aventure dans les locaux de l’unité mais pas moi. Cette nuit-là j’ai ressenti plus de rage que je ne l’aurais cru possible et mon mépris envers l’humanité a décuplé. Ils m’ont prouvé qu’ils pouvaient être une menace, qu’ils pouvaient m’atteindre en s’en prenant à toi, mais si je les détruis tous plus personne n’aura ce pouvoir, plus personne ne pourra me contraindre à quoi que ce soit. J’attrape la main d’Amaëlle et la retire de ma joue alors que mon regard n’a pas quitté le sien.

- Ne te mets pas en travers de ma route Amaëlle, je n’ai pas envie de t’affronter.

D’autant que le temps joue contre nous, ce n’est qu’une question de minutes avant qu’une nouvelle escouade de l’unité nous rejoigne. A quoi bon perdre notre temps à les combattre alors qu’on peut en finir maintenant ? A quoi prendre le risque d’être blessé si on a entre les mains le joker qui nous permet de gagner la partie ? Ne te laisse pas attendrir par tes sentiments Amaëlle, ne deviens pas mon ennemie au profit des humains.

- Mais je le ferais si c’est nécessaire.

Je ne prendrais pas le risque de perdre cette guerre contre eux, alors si tu m’y forces je me verrais obligé de te mettre hors d’état de nuire pour que je puisse terminer ce que j’ai commencé. Ne t’inquiète pas, lorsque tu te réveilleras le monde sera pratiquement comme avant, il n’y aura juste plus d’humains sur Terre.


acidbrain
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La dame des ombres
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MessageSujet: Re: La fin   Mar 9 Jan - 16:00

La fin
Amaëlle & Lucas

Je n’arrive plus à savoir quel est notre camp exactement. Sommes nous ennemis ? Ou malgré tout, sommes-nous restés des alliés ? Je ne sais pas. Tu prétendais agir pour moi la dernière fois, mais ce n’est pas l’impression que j’ai. Si tu avais réellement agis ainsi, j’ai envie de croire que tu aurais retrouvés tes sentiments. Peut être est-ce là le signe que je devrais abandonner ? Peut-être. Mais avant cela, je dois essayer une dernière fois. Je ne peux pas te laisser disparaître sans essayer de te retenir une dernière fois. Je te promets que je ne resterais pas un poids que tu devrais traîner dans ta vie, mais je sais aussi que même si tu penses que tes sentiments sont ta faiblesse, sans eux, en réalité, tu n’es pas la moitié de l’homme que tu devrais être. C’est cette alliance entre ton génie et tes sentiments, entre ta réflexion et celle de Lucie, qui fait de toi l’homme aussi dangereux et charismatique qui séduit même les plus dangereux spécimens. Alors ne m’en veux pas de vouloir te ramener.

Je me retrouve plongé dans ton regard et ce que j’y vois ne me plait pas. Tu n’as toujours pas retrouvé Lucie, n’est-ce pas ? Même avec la mort de cette moroï, tu es toujours prisonnier de tes chaînes. Et tant que cela sera le cas, je serais obligée de me retrouver contre toi, même si je ne le veux pas. Je tente une dernière fois, une toute dernière fois, parce qu’après, il sera trop tard, j’en ai conscience. Tu me parles de trahison mais est-ce vraiment moi qui te trahis comme tu sembles le penser ? Ce n’est pas l’impression que j’ai. Je peux me tromper, je le sais. Mais pour le moment, mon impression est que c’est toi-même qui trahis ta nature profonde. Et même si nous sommes forts, même si nous sommes puissants… Aucun être sensible et doué de raison ainsi que de sentiment ne devrait pouvoir décider de l’avenir d’une espèce. Sans compter que sans les humains… Ils ont beau être de vrais parasites, mais sans eux, nous n’aurions pas d’avenir.

Je ne lâche pas ton regard mais je ne te réponds pas, pas encore. Donnes des arguments, laisses-moi les démonter, laisses-moi une chance de séduire une nouvelle fois ton cœur, laisses-moi une chance de le faire revenir. Je ne peux pas m’empêcher de froncer les sourcils en utilisant encore mon existence comme une excuse pour ses actes. Est-ce que, si je n’avais pas été là, tu aurais détruit cette arme comme elle aurait du l’être par le passé ? Je ne sais pas. Mais je ne peux pas me permettre de douter. Je ne peux pas le faire, sinon tout ce que j’aurais fais n’aura servi à rien. Ils nous restent encore du temps, utilisons le à bon escient.

Je sens sa peau contre la mienne mais encore une fois, j’en ressens la froideur et la sécheresse plutôt que la douceur et la chaleur, cette chaleur qui me manque tant. J’ai beau avoir décidé de te laisser partir, ce n’est pas pour autant que j’aime voir face à moi cette statue de marbre sans sentiment. Et cette fois, les menaces reprennent. Je ne peux pas empêcher un léger rire de monter en moi. Un rire amer, bref, noir. Pas le genre de rire que j’ai l’habitude d’émettre, mais j’ai l’impression que le bonheur n’est pas un sentiment que je retrouverais à ses côtés. Pas aujourd’hui, peut être même jamais…

« C’est toi qui me considères comme ton ennemie, Lucas, même si tu prétends l’inverse. Le toi, le véritable toi, ne m’aurait pas donné tous ses indices pour que je t’abandonne à la dernière ligne, pour que je me range à ton avis biaisé. Tu considères que je suis ton ennemie, mais en réalité, tu es ton propre ennemi… »


Je relâche mes mains, sortant de cette étreinte glacée, mais sans le lâcher du regard. Ce n’est pas avec des mots que je te convaincrais j’ai l’impression… Mais contrairement à toi, je ne peux pas me résoudre à t’assommer pour faire mes actions dans ton dos. Qu’est-ce que cela changerait de toute façon ? Tu serais capable de reconstruire une autre machine et on aura juste déplacé le problème. Non, il faut que je te convaincs de retrouver tes sentiments, de retrouver ta lucidité… Et après, peut-être devrais-je m’éloigner pour te permettre de ne plus jamais retrouvé ce raisonnement. Peut-être. Après tout, c’est ce que j’avais décidé, même si face à tes yeux à la couleur du Topaze Impériale, je me retrouvais à mettre moi-même mon raisonnement en doute…

« Ouvres la porte à tes sentiments. Redeviens complet, Lucas, redeviens l’homme que tu n’aurais jamais du cesser d’être et je te promets que si tu décides malgré tout de détruire les humains, j’appuierais moi-même sur le bouton. »

Je prends un pari risqué, certes, mais je ne pense pas pouvoir faire autrement… Après tout, si même Lucie et ses sentiments ne pouvaient le raisonner, alors la partie était perdu d’avance…

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Le roi des ombres
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MessageSujet: Re: La fin   Mar 9 Jan - 19:59


La fin
Amaëlle & Lucas

Qu’es-tu venue faire ici Amaëlle ? Pourquoi cherches-tu encore à m’arrêter ? Ne l’as-tu pas compris ? Les humains sont condamnés à mourir ce soir, je ne te laisserais pas me faire changer d’avis. Pourtant tu continues d’essayer, plus tu parles et plus tu fais grandir cette part en moi, celle que je m’efforce de chasser. Plus tu me regardes et plus je me dis que tu pourrais gagner, mais je ne peux pas te laisser faire. Avant tu soutenais tous mes plans Amaëlle, j’aurais aimé que tu me soutiennes dans ce dernier, mais tu ne le fais pas. Je te menace de me battre contre toi s’il le faut mais je n’en ai pas envie, la seule chose dont j’ai envie c’est de les éliminer eux. Je t’entends rire, un son que je n’aurais pas aimé par le passé mais qui ne provoque rien en moi ce soir. Est-ce l’ironie de ce soir qui te rend hilare ? Peut-être que tu as raison d’en rire, finalement nous sommes devenus ennemis pour la cause humaine, n’est-ce pas le comble de notre histoire ?

- L’ancien Lucas me remerciera d’avoir anéanti ses ennemis.

Tu peux continuer d’argumenter, je continuerai de contre-argumenter, mais nous n’avons pas toute la nuit devant nous Amaëlle, alors il va falloir prendre une décision. Soit tu gagnes soit je perds, car visiblement nous ne sommes pas dans le même camp ce soir. Le contact est complètement rompu entre nos corps, mais ses yeux continuent de me regarder, continuent de fouiller en moi, d’éveiller ces choses. Tu reprends la parole et je sens cette vague me secouer l’estomac, dangereuse, désagréable, un véritable tsunami qui secoue mes émotions. Tu es en train de faire éclater le champagne Amaëlle et la mousse ne tardera pas à se déverser. Mon esprit et mon cœur sont envahis par de multiples émotions, tellement que ça en devient douloureux. Où est passée Lucie ? J’attrape Amaëlle par les épaules et la plaque contre le mur derrière elle, c’est brutal mais pas violent, presque sexuel. Mon regard embué de ce liquide insupportable ne m’empêche pas de la regarder dans les yeux.

- Arrête ça ! Je ne peux pas redevenir complet sans Lucie pour me canaliser. Je ne peux pas revenir sans elle...

Pourtant elles continuent de grandir, de s’imposer, d’anéantir toutes les barrières. Je suis devenu ce Lucas uniquement dans la volonté de tuer cette moroï, or maintenant que c’est chose faite c’est bien plus difficile de te tenir tête, de ne pas laisser tes mots s’ancrer en moi, tes yeux déchirer tout ce que je m’efforce à construire entre nous. Tu détruis tout avec tes gestes, ta douceur, ton amour. Tu détruis tout ce qui me permet de rester un minimum saint d’esprit. Ne le comprends-tu pas Amaëlle ? Si je reviens sans Lucie, je serais un véritable ouragan. Sans même m’en rendre compte mon poing cogne contre le mur à quelques centimètres de son visage, s’enfonçant dans le béton alors que l’autre glisse sur sa peau, contre sa nuque. Je suis un mélange explosif entre haine et amour, entre violence et tendresse, entre celle que je veux protéger et ceux que je veux détruire. L’une de mes mains est serrée, crispée, alors que l’autre est plus chaude, plus délicate. Mon corps est perdu, perturbé, il tremble de toutes ces émotions qu’il ne comprend pas et n’arrive pas à gérer, il veut toute les satisfaire mais ne sait pas par laquelle commencer, ne sait pas comment s’y prendre. Comment faites-vous pour ressentir de cette façon jour après jour ? Lucie m’empêchait de devenir fou, elle a toujours su qu’en gérant la partie émotion pour moi le génie serait libéré de sa folie. Ma main remonte sur la joue d’Amaëlle, tremblante.

- Je ne peux pas contrôler tout ça sans elle. L’envie de t’embrasser, le vœu de les anéantir, la peur de te perdre... Je ne peux pas... Je ne peux plus penser clairement avec tout ça.

Pourquoi m’as-tu mis dans cet état alors que nos ennemis sont si proches de nous ? Même si je ne les tue pas avec cette arme, je vais les anéantir d’une telle façon que tu ne me reconnaîtras pas. Faire revenir l’ancien Lucas sans Lucie, c’est probablement pire que de conserver un Lucas sans émotions. Ma main quitte alors sa joue pour m’emparer de la sienne et la placer à plat sur mon torse, au niveau de mon cœur alors que mes yeux n’ont toujours pas quitté les siens. Regarde bien ces yeux Amaëlle et dis-moi ce que tu y vois. N’est-ce pas de la pure folie ?

- Pourquoi as-tu allumé l’incendie Amaëlle ?

Cette phrase n’a peut-être pas de sens à proprement parlé, peut-être même me prendra-t-elle pour un fou mais après tout c’est ce que j’étais, c’est ce que je suis toujours visiblement. Pourtant cette phrase a bel et bien une signification, je ne parle pas d’un incendie qu’il y a autour de nous mais de celui que tu as éveillé à l’intérieur de moi. Mon cœur brûle d’amour pour toi et c’est à la fois puissant, douloureux et plaisant. Sauf que je ne sais pas ce qui l’emportera à la fin.


acidbrain
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MessageSujet: Re: La fin   

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