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 Cruel mirage aux allures de tendresse

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Le torturé
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MessageSujet: Cruel mirage aux allures de tendresse   Mar 30 Mai - 23:16




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

Quel genre d’homme suis-je devenu exactement ? Je suis une âme perdue et morose qui vit sans avoir de but. Je suis une âme blessée qui n’a plus rien à faire dans ce monde mais qui continue de vivre pour se punir et pour punir le mal de ce monde. Punir, c’est tout ce qu’il me reste aujourd’hui. Je range mon arme dans le coffre de ma voiture, l’argent a été transféré sur mon compte et la cible a été abattue, une balle, un tir dans la tête, mort sur le coup. Je ne rate jamais ma cible, c’est bien pour ça qu’on m’engage, en plus de ma discrétion. Voilà à quoi j’en suis réduit, et dire qu’avant j’étais un bon flic. J’essaie de garder bonne conscience en me disant que d’une certaine façon je continue de punir le mal, sauf qu’aujourd’hui je n’applique plus la justice habituelle, j’applique la mienne, adieu les droits et vive les armes à feu. C’est le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, ne vous leurrez pas, si je suis devenu ainsi c’est bien pour une raison.

Je monte dans ma voiture et roule jusqu’à mon appartement, ou plutôt studio, je n’ai pas besoin de grand-chose désormais, le luxe ne m’intéresse pas et pourtant j’ai l’argent qu’il faut. Peut-être est-ce une manière de plus de me punir, en vivant presque dans la pauvreté. Et je n’ai pas fini. Mon argent a tout de même une utilité, le bar. Je prends une douche rapide, enfile un jean et une chemise de même matière avant de quitter mon studio. Comme tous les soirs je vais arpenter les rues et me trouver un bar, parce que oui, je suis devenu l’un de ces alcolos qui boit pour oublier. Evidemment je ne bois pas quand je suis en mission, mais là je suis en pause et j’aimerais mieux ne plus penser. Alors j’entre dans ce bar que je fréquente depuis environ un mois et commande la même chose qu’à mon habitude. Oui il fallait bien vous en douter, je suis un habitué. Même bar, même boisson, même table.

Je m’installe à ma place, mon verre de Whisky en main et je commence à boire une première gorgée. Je suis installé à la table qui me permet d’avoir la meilleure vue sur l’ensemble du bar, pourtant je ne fais pas vraiment attention à ce qu’il se passe autour de moi, mais au moins on ne pourra pas non plus me surprendre. J’ignore mais je reste vigilant. Une heure plus tard je suis toujours à ce bar et on me sert un nouveau verre, le quatrième de la soirée. Est-ce que l’alcool m’aide vraiment à oublier ? Pas vraiment, au contraire, plus je bois, plus je pense à eux, à elles. Puis comme chaque soir je finis par m’emporter, balancer le verre contre le mur, lâcher un billet pour les dégâts occasionnés et quitter le bar.

Ma vie est assez pathétique, n’importe qui le reconnaitrait, mais je ne pense plus avoir le droit au bonheur aujourd’hui. J’ai échoué dans mon passé et j’ai tout perdu, alors plus rien ne m’importe maintenant. Le jour où je mourrai enfin, je n’en aurais strictement rien à faire. Peut-être que ce sera ce soir ? Un groupe de trois strigoïs me suit depuis cinq bonnes minutes, je n’ai pas besoin de me retourner pour le savoir, un bon chasseur sait reconnaître la race et le nombre. Je continue de marcher comme ci de rien n’était, au moins j’aurais l’effet de surprise avec moi, contrairement à eux, ils ne savent pas ce que je suis.

- Et toi là, t’as un collier qui me plait bien. Je parie que cette bague vaut cher.

Cette bague, celle de mon mariage. Je ne la porte plus autour du doigt mais je la garde autour du cou, j’ai perdu Kathlyn mais mon cœur restera toujours avec elle. Je finis par m’arrêter et me retourner vers eux, sans la moindre once de peur.

- Trois, c’est presque trop facile.

- Je crois que tu sais pas à qui t’as...


A faire ? Je ne saurais jamais la fin de sa phrase, même si je peux la deviner. On dit que les strigoïs sont des êtres rapides, mais mes réflexes le sont davantage. Ma main s’est refermée sur le pistolet que je garde toujours sur moi avant de tirer trois coups. Un mort. Deux morts. Trois morts. Comme quoi même avec de l’alcool dans le sang je reste toujours trop fort pour mourir. Je regarde quelques secondes les cadavres avant de ranger mon arme à sa place. Puis je me retourne pour reprendre mon chemin et rentrer chez moi, mais je n’ai pas la force de faire un pas de plus lorsque mon regard se pose sur cette silhouette. Est-ce que l’alcool a finalement eu raison de moi ? Où est-ce bel et bien elle en face de moi ? Ma Kathlyn... Avec des yeux rouges.

- Finalement peut-être que mon heure a bel et bien sonné...

Je prononce plus cette phrase pour moi que pour elle. J’ignore si tu comptes m’attaquer Kathlyn, mais face à toi je ne me défendrais pas. Strigoï ou pas je serais bien incapable de te tuer. J’ai déjà dû le faire avec notre fille, personne ne me forcera à recommencer avec toi. Qu’es-tu venue faire ici Kathlyn ? Une part de moi ose espérer que tu puisses être mon salut.
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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Lun 5 Juin - 19:12


Cruel mirage aux allures de tendresse

Les voix, les odeurs, les sons… C’était trop. Bien trop bruyant, bien trop prenant. Dans un réflexe enfantin et inutile, je presse mes paumes contre mes oreilles quand j’entends le bruit des moteurs d’un avion comme si cet avion était à côté de moi… Sauf que quand je relève la tête, je vois qu’il se trouve à des mètres et des mètres de distances. Je n’aime vraiment pas cet nouvel aspect de ma vie. Je n’aime pas cette vie tout court, d’ailleurs… Je laisse retomber doucement mes mains, qui glissent contre le tissu fluide de ma robe blanche. Surement une question d’ironie, un monstre habillé de blanc…

Je recommence à marcher le long de l’allée, tentant de garder mes mouvements à la vitesse humaine, ce qui me demande un grand effort de concentration. Je redécouvrais le monde, mais certainement pas avec des yeux émerveillés. Je sentais tout, de la pollution, jusqu’à l’odeur de la cigarette ou alors l’odeur du sexe sur un homme trompant sa compagne. Je voyais tout, de la plus infime des taches, aux bosses sous les vêtements suggérant des armes. Je prends une profonde inspiration, ce qui est définitivement une mauvaise idée. Entre l’odeur du sang coulant dans leurs veines et celui de l’urine et de la pollution, j’hésite entre l’hystérie et l’envie de vomir. Finalement, le livre sur ses vampires scintillants auraient été parfait si c’était la vérité, j’aurais pu bloquer ma respiration et me passer de… ça.

Je sens, au milieu de toutes les effluves, l’odeur d’autres personnes… De ma race. De ma nouvelle race. Alors je ralentis. J’ai encore en tête les mots que m’ont dictés ces « sauveurs », sur ma faiblesse en tant que jeune strigoï. Sur le fait que l’âge a une part plus qu’importante dans la force et le contrôle, pendant un combat. Autant dire qu’au vu de mon âge et des premiers mois de cette vie, j’avais intérêt à être prudente dans cette ville… Je les vois traverser en contre-sens le chemin que j’emprunte. Ils pourraient se faire passer pour une bande de jeunes ados mais je sentais la vérité sur eux. Ce qui me faisait me demander : combien de fois est-ce que j’avais pu être abusée pendant toutes ses années ? Quand nous faisions des patrouilles de nuit, étions-nous déjà tombés sur ces êtres ? Je les regarde passer sans me faire remarquer avant de continuer ma marche à travers cette allée. Je Le cherchais. Mais je ne pensais pas le trouver, pas ce soir, pas parmi cette foule.

Parfois, je m’adresse à toi, dans mes pensées, Jensen. Comme si tu pouvais m’entendre, comme si tu pouvais comprendre. C’est idiot mais j’ai l’impression qu’ainsi, il y a autre chose qui nous unis. Je fais tourner ma bague autour de mon doigt, tu me connais, c’est un tic que je ne peux pas empêcher quand je suis stressée. Je ne sais pas ce que je vais faire. Est-ce que je vais finir par perdre le contrôle et tuer un homme ? Ou alors me faire remarquer par des ennemis peut-être ? Ou me faire entraîner dans une folle soif de sang ? La seule possibilité à laquelle je n’ai pas pensé, c’est à sentir ton odeur. Je m’arrête brusquement, prenant à peine conscience du vieil homme qui me bouscule, ne m’ayant pas vu m’arrêter. J’entends, comme au loin, l’homme s’excuser mais je ne lui réponds pas, tournant la tête dans la direction d’où vient ton odeur. Et dans la direction où je sens l’odeur d’autres strigoïs. Me déplacer à une lente allure est presque une torture mais j’y parviens. Et quand je parviens à toi, je sens l’odeur du sang, mais pas un de ceux qui me tenterait. Cela sent la vieille rouille et le composte. Pas très agréable, surtout comparé à ton odeur…

Je te vois te retourner, je vois tes yeux s’agrandir quand tu prends conscience de ma présence. Et je ne peux pas m’empêcher de te détailler du regard. Tu as l’air usé, Jensen, même si tu es toujours aussi beau. Fatigué également. Et je sens sur toi l’odeur de l’alcool. Je vois un éclat de lumière attiré mon regard qui se pose sur un pan entrouvert de ta chemise où se trouve un anneau, le jumeau du mien. Pourquoi autour de ton cou, angel ? J’entends ta voix, ce qui m’oblige à rencontrer de nouveau ton regard. Que vois-tu dans le mien ? Surement la pire des choses, si j’en crois ce que j’ai entendu sur toi. Tu hais ma nouvelle espèce, mais rassures-toi, je la hais également.

« Pas ce soir, angel, pas encore. Il y a trop de secrets qui doivent être abolies. »

Je n’ose pas regarder dans tes yeux pour voir ta réaction face à ma nouvelle voix. Ce ton éraillé, il m’insupporte également. Je suis capable de ne pas parler pendant une semaine entière, pour ne plus entendre ma voix… Car avec elle, se mêle les souvenirs de ma mort, de mon viol, de la fin de notre fille… Ce sont les pires souvenirs qui puissent être pour le cœur d’une mère… Si tant que mon espèce puisse avoir un cœur.

Je croise mes bras contre mon ventre, cherchant à y déloger la boule ayant pris domicile dans ce lieu. Et en sentant le tissu fluide entre mes doigts, je suis encore plus heureuse d’avoir choisi une robe à manche longue, au moins, cela t’éviteras de devoir affronter le massacre que sont mes bras. Je ne crois pas que ce soit… Ce qui doivent compter. Je lève les yeux vers toi, mordant ma lèvre pour ne pas dire une bêtise. Tu me fais ressentir trop de choses, Jensen, mais jusqu’à présent, je n’avais jamais trouvé que c’était une malédiction… L’amour que je ressens pour toi, il est là, sous la surface, prêt à m’ouvrir en deux. Mais en même temps, il y a la déception, tu n’as pas su me faire confiance. Et il y a la soif, la soif de tes baisers, de tes bras m’enlaçant, de nos moments de bonheur. Mais aussi la soif de me retrouver à ta gorge. Je n’ose pas m’approcher, pas plus, j’ai peur de ce que je suis devenue Jensen… Mais en même temps, il y a cette félicité qui se trouve derrière la porte et qui attend que je pousse celle-ci. Tout est si confus…

« Je n’ai jamais eu autant envie de t’embrasser et de te gifler en même temps… »
Je pousse un long soupir avant de reprendre : « est-ce que tu as du temps pour moi, ce soir ? »

Je hais ma voix rocailleuse d’être si faible. Et je déteste le fait de t’avouer mes faiblesses, car même si c’est ce que font un mari et une femme, c’est aussi ce qui nous a manqué plusieurs mois avant ma mort. Je n’étais plus vraiment ta femme, en dehors du papier… Et cette bague, autour de ton cou. C’est l’incertitude qui me tue, plus surement que la flamme de la soif. J’aimerais revenir au moment où j’étais humaine. On aurait su ce qui se serait passé, je t’aurais giflée, j’aurais exigée des explications. Je t’aurais enlacée pendant tes confessions et nous aurions ensuite parlé… Mais qui sait ce qui se passera ce soir ? Pas moi en tout cas. Pas avec les vestiges de tes mensonges entre nous. Pas avec mon instabilité. Tout est à redéfinir, angel…

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Le torturé
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Lun 5 Juin - 20:27




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

Si on devait me comparer à une créature surnaturelle, je crois que le zombie m’irait le mieux. Mort et vivant en même temps, sauf que je ne vis pas pour me nourrir mais pour tuer, un peu comme eux en fait, à la différence que je choisis mes cibles. Je suis devenu un assassin alors que j’étais un bon flic et je me force à croire que d’une certaine manière, je continue de bien faire les choses, autrement je me serais déjà logé une balle dans la tête. Ma vie ne tient qu’à un fil, et ceux depuis des années parce que je sais qu’aucune autre personne que moi ne sera mon bourreau. Je tue mes ennemis et un jour je me tuerai aussi. J’ignore simplement quand ce jour arrivera, pas aujourd’hui, mais peut-être demain, peut-être dans un mois, peut-être dans cinq ans. Qui sait... On peut facilement décider de mourir lorsque plus rien ne nous retient.

Sauf qu’il y a toujours quelque chose qui me retient, quelqu’un, elle, ma femme. Elle est vivante quelque part, sous une autre forme et c’est probablement dans l’espoir de la revoir que je continue de vivre. Pourtant je ne la cherche pas, ou du moins je ne la cherche plus, je ne suis pas sûr de pouvoir supporter de telles retrouvailles. Peut-être que je suis faible tout compte fait. Sauf que le destin a fini par décider à ma place. Il m’a d'abord donné une chance de mourir en amenant ces trois ennemis droit sur moi, peut-être que j’aurais dû les laisser me tuer, mais je ne l’ai pas fait. Maintenant je me retrouve en face de Kathlyn et je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas quoi faire, je ne suis même pas sûr que ce soit la réalité, pourtant elle me paraît bien vraie. Au fond je savais que ce jour finirait par arriver.

C’est toujours lorsqu’on ne cherche pas qu’on finit par trouver. Elle m’a trouvé. Je la fixe toujours, la détaillant de la tête aux pieds, remarquant les différences. Je n’ai pas envie de te demander ce qu’il t’est arrivé, j’en sais déjà une partie et celle-ci me bouffe déjà de l’intérieur, je ne suis pas sûr de pouvoir en supporter plus. Que vas-tu faire Kathlyn ? Tu devrais me tuer, finalement ce serait ma meilleure fin de pouvoir mourir entre tes bras. Ma femme deviendrait mon salut et je reposerais enfin dans un autre monde. Je le pense fort mais je serais incapable de lui faire une telle demande, à la place je préfère me concentrer sur ses mots. Ta voix a changé ma bien aimée, elle est devenue plus terne, plus grave, sinistre. J’ai l’impression que tes mots sont un gouffre dans lequel je viendrais aisément m’enfoncer, tant qu’il m’emporte loin.

Des secrets doivent être abolis. Mes secrets. Ceux qui t’ont détruite, ceux qui ont tué notre fille. Je la regarde toujours sans bouger, sans broncher, sans rien dire, même mes yeux ne clignent pas. Je la regarde bouger, elle m’a l’air torturé et j’aimerais pouvoir la sortir de ce poids qui pèse sur elle mais j’en suis incapable car cela reviendrait à devoir la tuer, je le sais. Elle reprend la parole, tiraillée entre deux sortes de retrouvailles. Je dois t’avouer, ma bien aimée, que je préférerais que tu me tues sur le champ, mais je sais bien que tu ne le feras pas. Non, à la place c’est une conversation que tu demandes.

- Le temps, c’est tout ce qu’il nous reste maintenant.

Surtout pour toi. J’aurais aimé lui dire que j’aurais toujours du temps à consacrer à ma femme, mais je pense qu’elle le prendrait comme de l’ironie, étant donné que je n’en avais jamais assez à lui consacrer à l’époque. Sauf qu’aujourd’hui comme je le dis il ne me reste plus que ça, le temps. Ce temps qui me détruit jour après jour et qui en fait probablement de même avec toi. Je m’approche d’elle sans crainte, comme vous le savez la mort ne m’effraie pas. J’avance jusqu’à elle alors qu’elle reste immobile. J’en profite pour la voir de plus près, pour pouvoir mieux la détailler, voir les différences. Tu as été détruite Kathlyn. Je t’ai détruite. Je tends doucement une main vers son visage, la posant contre sa joue. Ce contact est si froid, tu as perdu ta chaleur d’autrefois...

- Maintenant je sais. Je suis resté en vie pour toi, ma bien aimée, pour que tu puisses me retrouver et te venger, venger notre enfant.

Le simple fait de devoir parler de notre petite Judith me fend le cœur à nouveau. Je ne pense pas que tu sois au courant de ce que j’ai dû faire, personne n’a su. Peut-être que tu me détesterais encore plus si tu savais que j’ai enfoncé un pieu dans le cœur de notre propre enfant. Quand je regarde tes yeux, j’ai l’impression de voir les siens.

- Jamais je ne te demanderais de m'accorder le pardon pour ce que je vous ai fait endurer, moi-même je ne me le pardonnerais jamais. J’ai détruit notre vie. Notre famille... Une gifle ne serait pas châtiment adapté au mal que je vous ai fait.

Moi-même je me punis bien plus que ça, alors ne te retiens Kathlyn, ne résiste pas par peur de me faire du mal. Plus rien ne peut me faire souffrir, j’ai déjà tout perdu.
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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Ven 7 Juil - 10:38


Cruel mirage aux allures de tendresse

Malgré que mon but fût de te retrouver, je peux dire que la surprise est totale, Jensen. Je ne m’attendais pas à te retrouver si vite. Je ne m’attendais pas non plus à ce que tu paraisses si usé, si fatigué. Est-ce que ça serait prétentieux de penser que c’est en partie dû à notre famille ? Tout du moins, au peu qu’il en reste. Penser à eux, à ton père, même à ma belle-mère, avec qui tu le sais, je ne m’entendais pas forcément… Eh bien, cela provoque toujours cette douleur de feu au creux de mon ventre. Cette douleur plus forte que la soif de sang. Et tu le sais, le pire, tout du moins, tu dois t’en douter, c’est notre fille, notre petit ange…

En dépit de tout ce qui s’est passé, de tout ce que je pourrais apprendre, je crois que je n’aurais plus la force de te haïr, plus la force de désirer ta mort. Alors non, ne dis pas que ton heure a sonné. Parce que je ne te tuerais pas. Je n’ai jamais été farouche, si je devais tuer pour protéger, j’arrivais à m’arranger avec ma conscience. Mais cela, c’était quand j’étais encore humaine. Maintenant chaque mort me rapproche des Enfers. Et il est hors de question que je nous y précipite. Encore plus quand la seule chose que je recherche aujourd’hui, c’est des réponses. Mais, je ne peux pas exiger que tu m’en donnes, je ne le peux plus. Après tout, quel est notre lien à l’heure d’aujourd’hui ? Nous considères-tu toujours comme mari et femme ? Personnellement, j’ai du mal avec cette appellation, elle sonne si fausse quand j’apprends, jour après jour, les secrets qui se dissimulaient dans notre mariage…

Tu reprends la parole, m’assurant que nous avons le temps, amenant un sourire amère à tes paroles. Oui, nous l’avons, mais qui sait pour combien de temps. Cela fait des années que nous n’avons plus eu le temps. Alors l’aurons-nous vraiment aujourd’hui ? Cela ne m’étonnerait pas, si ces soldats qui t’avaient recruté apparaissaient maintenant pour réclamer leur dû. Ou si celui qui m’avait retenu prisonnière reviendrait d’entre les morts. Après tout, dans ce monde, à quoi est-ce qu’on peut se permettre de croire ?

Je sais que je suis trop amère, mais j’ai eu le temps de penser, bien trop, avec Clara dans cette cellule. Sauf qu’aujourd’hui, tu agis de telle sorte que tu m’empêches de penser. Je ne sais pas ce que je dois faire. Reculer ? Contrer ton approche ? Profiter de ce premier rapprochement depuis ce qui me paraît être des siècles ? Crier sous la douleur de la soif qui s’agrandit, qui creuse ses griffes dans ma gorge et dans mon ventre ? Je me contente de rester immobile, de tenter de me concentrer sur toi, plutôt que sur le sang que tu pourrais m’apporter. Je sens ta chaleur contre ma joue et je ne peux pas m’empêcher de pencher la tête pour approfondir et profiter de ce contact. Tu es si chaud et ta paume est si douce, malgré ses aspérités dues à ton passif de combattant. Cette douceur, c’est presque trop, surtout comparé à tes mots. Je rouvre les yeux pour les plonger dans les tiens. La vengeance pour Judith… Malgré toutes les pensées qui bourdonnent dans ma tête, je sais que tes mots ne sont pas ce qu’il faut, pas pour elle. Si jamais elle peut nous observer, je ne veux pas qu’elle ait pour souvenir que sa mère est attaqué son père…

Je te laisse continuer de parler, j’écoute tes mots comme s’ils étaient ma prière. Ou peut-être le salut. Malgré mes pensées, mes envies, je ne peux pas empêcher, une pointe de satisfaction à tes mots. Je peux pardonner, pour moi, avec du temps, pardonner et non pas oublier. Mais je ne le peux pas pour notre fille, alors savoir que tu ressens des remords… C’est un peu un baume au cœur. Au moins, tu as retenu la leçon, simplement c’est trop tard. Ça a toujours été notre problème, à tous les deux, nous apprenons toujours trop tard de nos erreurs, et cette fois, c’est notre famille qui en a payé les conséquences.

« J’ai l’impression que tu me supplies presque pour que je ne te pardonne jamais et que je veuille ta mort. »


Mais peut-être que je me trompe. Je laisse ma voix rocailleuse, ma nouvelle voix, s’éteindre doucement pendant que je t’observe. Je ne pense pas me tromper, pas dans ce que je viens de t’annoncer. J’aime penser que malgré tes mensonges, je te connais quand même un peu… C’est à mon tour de m’approcher. Je dépose ma main contre ton torse, doucement, j’ai encore du mal avec mon changement de force. Alors je m’applique à uniquement effleurer l’anneau qui a unis nos vies, avant de déposer mes doigts contre le bout de peau découvert par l’ouverture de ta chemise. Ta chaleur réchauffe mon corps à jamais froid. Mais je sais que je n’en profiterais plus, que je ne le pourrais plus. Je garde les yeux sur cet anneau que j’ai passé à ton doigt, préférant ne pas croiser tes yeux encore quelques instants.

« Malgré tout ce que je peux te reprocher en tant qu’homme ou mari, je ne te reprocherais jamais rien en tant que père. Rien d’autre que le temps que tu aurais pu passer avec notre fille. Et je refuse de descendre notre petit ange au rang d’arme dans notre conflit. Je ne ferais pas d’elle un instrument de vengeance, Jen’… »


Si l’un de nous doit souffrir, soit. Si l’un de nous doit mourir, soit. Mais je ne salirais pas son image, je ne salirais pas sa mémoire en faisant d’elle la raison de nos souffrances. Peu importe à quel point cette tâche pourrait être difficile, c’est un principe auquel je tiens et que je ne compte pas détruire, pas même pour le prix de tes secrets… Je relève la tête, croisant ton regard avant de prononcer doucement, presque trop doucement…

« Dis-moi tout, Jensen… Plus de secrets. S’il te plait… »


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Le torturé
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Dim 9 Juil - 14:20




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

Les secrets détruisent des vies et des familles, je n’en avais pas conscience à l’époque, aujourd’hui je peux vous certifier que j’ai retenu la leçon. Malheureusement c’est trop tard, on apprend toujours de ses erreurs, mais j’aurais aimé ne pas en commettre une qui ferait voler ma famille en éclat. C’était mon rôle en tant que mari et père de les protéger, je pensais agir dans ce but, je me suis trompé. En réalité j’ai fait le strict opposé, précipitant ma femme et ma fille vers une chute inéluctable, la transformation, la fin d’une vie, la mort. Et ce fardeau me collera à la peau jusqu’à mon dernier souffle, c’est une certitude. Rien ne pourra effacer ce que j’ai fait, pas même le pardon de ma femme, de toute façon je n’en voudrais pas, je ne le mériterais pas. Alors qu’attends-tu pour me tuer au juste Kat ? Venge notre fille. Venge-toi. Tue-moi.

Sauf que le coup n’arrive jamais, à la place il n’y a que des mots et ce poids qui pèse un peu plus contre ma poitrine, qui m’étouffe, m’ôte la respiration. Voilà des années que j’agonise, ma bien-aimée, des années que je survis sans but, des années que j’attends que quelqu’un vienne me libérer de cette vie, et pour m’en libérer il faudra me tuer. Mais tu n’as pas l’intention de le faire, je le vois bien dans ton regard, tu ressens encore de l’amour pour moi, du moins une part de toi. Ainsi mon salut n’arrivera pas ce soir et je vais devoir continuer de vivre avec le souvenir de la mort de ma fille encore des jours, avec la vision de ma femme devenue une strigoï ancré dans mon esprit. Qu’ai-je fait Kat ? Qu’ai-je fait...

Tu as raison, je ne veux pas de ton pardon. Tu as encore raison, une part de moi souhaite que tu veuilles ma mort et même que tu me l’offres de tes propres mains. Sauf que je ne dis rien, tu connais déjà la réponse de toute façon, tu connais la vérité, parce que tu me connais moi. J’ai peut-être changé, mais pas complètement, mon humeur a changé, mes pensées ont changé, mais pas mon raisonnement. Je laisse le silence peser, me rendant compte que tu ne me libéreras pas de cette vie, que ce ne sera pas toi mon bourreau venu me délivrer. Alors qui sera donc ma faucheuse, si ce n’est toi ? Quand viendra-t-elle me récupérer ? Je sens sa main se poser contre mon torse, ce contact qui me donne envie de l’attirer contre moi, de la prendre dans mes bras et de l’embrasser, de la retrouver. Pourtant je reste ainsi, immobile, la laissant effleurer l’anneau autour de mon cou. C’est donc ça qui a attiré ton attention, notre union. Puis tu reprends la parole et même si tes mots ne sont pas des attaques, ils sont comme une lame enfoncée dans mon corps qui s’amuse à descendre lentement le long de ma peau, à trancher un peu plus pour faire mal. Tu as raison Kat, j’ai délaissé notre fille, j’ai échoué en espérant rattraper ce temps un jour, mais ce jour n’arrivera jamais.

- J’ai échoué... En tant que père et en tant que mari. Est-ce qu’elle m’a détesté ? Il faut que je sache si elle m’a détesté pour tout ce temps passé loin d’elle...

Je sais que je ne mérite pas cette réponse, je ne mérité que l’éternelle interrogation concernant l’amour de ma fille à mon sujet. Je me suis posé la question ce soir-là, lorsque j’ai serré toute la nuit son corps mort entre mes bras, je me suis demandé si ma petite Judith avait aimé son père, ou si elle avait passé plus de temps à m’en vouloir de ne pas être assez présent pour elle. M’offriras-tu cette réponse ? Apprécierais-je cette réponse ? En réalité, qu’elle m’ait détesté ou non me détruirait de toute façon, soit parce qu’elle serait morte en me détestant, soit parce qu’elle serait en m’aimant alors que je ne méritais pas cet amour. Kat me sort de mes pensées en reprenant la parole, attirant mon regard dans le sien. Elle me demande de tout lui raconter et je sais que c’est la moindre des choses que je lui dois, après tout ce que je leur aie fait. J’hésite un peu, réfléchissant par où commencer, puis je finis par prendre la parole.

- Le jour où on m’a transféré dans une autre section, j’ai menti sur la section en question. Je me suis mis à bosser directement pour l’Etat, à résoudre des affaires de meurtres et de disparitions étranges... Je ne voulais pas accepter au départ, mon boulot me plaisait très bien, mais ils ont su me donner des arguments convaincants en évoquant l’avenir de Judith.

Je prends un temps de pause, c’est déjà bien assez difficile de revenir en arrière, de devoir évoquer cette série de mauvaises décisions, mais je poursuis, parce que si je m’arrête trop longtemps, je n’aurais plus la force de reprendre.

- Puis je me suis rendu compte que je ne travaillais pas dans une section banale, j’ai commencé à devenir dingue, à penser au FBI, au NCIC, à ce genre de choses. L’unité 101, c’est pour eux que je bossais. Ils m’ont appris que nous n’étions pas seuls, que d’autres espèces vivaient parmi nous et qu’ils pourchassaient les strigoïs. Alors ils m’ont formé pour devenir un chasseur et je pensais que c’était une bonne chose, qu’au moins je pourrais vous protéger ainsi. Ils m’avaient promis votre sécurité...

Nouveau moment de silence, je repense à tout ce qu’il s’est passé ensuite, à ce que j’ai vu à travers les vidéos de surveillance, la mort de mon père, le viol de ma femme, la transformation de ma fille, toutes choses affreuses qui sont arrivées.

- J’ai quitté l’unité le jour où... Enfin ce jour-là. Je n’ai jamais su si ces strigoïs vous avez attaqué pour une vendatta ou si ça n’avait été que le coup du hasard. Je ne connaissais pas ces hommes, du moins je ne pensais pas les connaître, mais je me suis souvenu du visage de l’un d’entre eux. Celui qui t’a gardé prisonnière était le même homme qui a assassiné ma mère, et non, ce n’était finalement pas un accident, c’est juste que je l’avais oublié. J’ai massacré ces monstres, tous jusqu’au dernier.

Je les massacrais, devenant moi-même un monstre le temps de leur mort, mais ça n'a rien apaisé. Comment vas-tu réagir ? Que vas-tu y penser ? Me détesteras-tu un peu plus ? Peut-être que maintenant que tu connais la vérité, tu décideras de me tuer, et j’accepterais cette fin comme il se doit. Je la laisse encaisser, réfléchir, décider.

- Voilà, tu connais toute l’histoire à présent.

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La femme brisée
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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Ven 28 Juil - 20:17


Cruel mirage aux allures de tendresse

Je dois l’avouer, j’ai toujours du mal à comprendre ce qui s’est passé, du mal à enchaîner les évènements. Je ne sais plus dans quel ordre cet enfer s’est déroulé, qu’est-ce qui a déclenché quoi. Tout est confus dans ma tête. Ma seule constante, Jensen, c’est ton absence. Et je ne sais pas si j’arriverais à supporter cela très longtemps. Ne sommes-nous pas promis d’être toujours honnête et fidèle ? Alors qu’est-ce qui nous est arrivé ? Je ne sais pas, j’ai besoin de toi, de tes savoirs pour éclairer les zones d’ombres. J’ai soif de comprendre, bien plus que de vengeance. Qu’est-ce qui a amené celui qui fût mon volcanique mais doux époux à devenir cet imposteur dont je ne reconnaissais presque plus le visage ?

Mes pensées sont embrouillées, Jensen. Elles vont trop vite, trop loin. Cette vie est trop intense, trop rapide, étouffante. Je n’arrive plus à faire la part des choses, à me poser des limites. J’ai besoin de me concentrer sur un but, pour réussir à survivre à la nuit suivante, mais je ne sais pas combien de nuit je tiendrais encore. Alors quelque part, je suis heureuse de t’avoir retrouvé cette nuit. Et ce n’est pas ce bonheur qui me fait te laisser en vie, c’est mes valeurs, c’est… mon amour. Même si parfois, celui-ci est étouffé sous tous tes mensonges, sous toute ma colère et ma soif de sang. Mais je continue à t’aimer. Peut-être plus de l’amour éternel que nous nous sommes jurés, mais au moins comme le père de mon enfant et mon partenaire…. Ca j’en suis sûre, le reste je ne sais plus. Entre cette situation, ma nouvelle nature, ma colère quand j’étais encore humaine… Je ne sais plus si je t’aime encore de cet amour passionnel, fusionnel et absolu que j’avais auparavant pour toi… Quand à notre fille…

« Elle n’aurait jamais pu te haïr, tu étais son père, son meilleur ami et son héros. Parfois, elle venait me demander pourquoi tu n’étais pas là quand nous sortions, pourquoi tu ne pouvais pas te libérer pour l’amener voir ses amis. Mais ce n’était que de l’incompréhension, pas de haine, pas vraiment de tristesse non plus. Jude… Jude t’aimait, tout simplement. »

Si les mots sont difficiles à sortir, ce n’est pas pour leur contenu. C’est que maintenant, à l’image de son joli visage souriant, se superpose l’image de son petit corps brisé par la vie pendant qu’on me brisait également. Si les mots butent, c’est parce que c’est l’horreur dans ma tête. Je n’arrive plus à me rappeler d’elle sans finir par me rappeler de nos morts. Car je suis morte avec elle, même si je suis revenue… Ce n’est pas totalement moi, plus sans ma petite fille. Rien n’est plus pareil sans elle. Et je pense que tu le comprends, je ne douterais jamais de ton amour de père, pas quand c’était les seuls moments où je te sentais vraiment sincère…

Mais maintenant. Maintenant, je me ressaisis. Parce que j’ai une demande à te faire, une qui me permettra de changer ma vie actuelle. Une qui me permettra de comprendre le pourquoi de cette horreur, le pourquoi de ta distance. J’ai besoin de la vérité, j’ai besoin que tu combles les trous, que tu me permettes de refouler un peu le monstre qui me dévore de l’intérieur : celui de l’incertitude, de la peur, de la douleur, de la colère…

Je ne te lâche pas du regard, malgré les faits bruts que tu m’annonces, malgré les sentiments qui se bousculent en moi. J’ai besoin de voir la vérité dans tes yeux, dans tes traits. Tu n’as jamais su me dissimuler des choses, alors je sais que je saurais repérer tes mensonges, encore plus maintenant, avec mes nouvelles capacités. Alors j’ai besoin de m’instruire, d’absorber, de vivre les choses comme tu me les décris. C’est la seule manière pour que je puisse, non pas te pardonner, mais nous permettre d’avancer… Enfin, pour le peu de « nous » qu’il reste aujourd’hui.

Je ne t’interromps pas, malgré mon désaccord, mes désaccords. L’avenir de Judith… Ainsi même quand on tente de la protéger, de protéger son souvenir, elle finit toujours par être au centre de tout… Mais je peux comprendre, comprendre ton envie de protéger notre trésor, de lui offrir une belle vie. Mais ce que je ne comprends pas, c’est dans quoi tu t’es embarqué et comment tu as pu te laisser embarquer aussi loin… Alors je t’écoute. Je t’écoute et j’assimile les choses telles que tu les as vécu, telles que tu les as pensé. Notre sécurité… C’est un sujet qui me fait grimacer, qui doit tout aussi te faire réagir. On était en sécurité loin de cette société surnaturelle, mais en t’en approchant… Je ne sais pas si ce n’est pas toi qui les as attirés à nous. Je tente toujours d’éviter de penser à cela, pour éviter de t’en vouloir plus encore. Mais parfois c’est dur. Parfois… Parfois j’ai envie de crier contre tout le monde, Jensen, et plus encore contre toi…

Finalement il évoque ce jour là. Le dernier jour où je l’ai vu, le dernier jour où j’ai vécu, le dernier où la douleur et l’horreur n’ont pas fait part intégrante de mon quotidien… Je déteste me rappeler de ce moment. Mais je comprends pourquoi il faut en passer par là. Alors je me concentre sur tes mots, sur la vérité que tu me dévoiles. J’enserre mon corps dans mes bras, tentant de me réconforter de manière illusoire. Ce monstre… Celui de mes pires cauchemars. Celui qui était dans les tiens aussi apparemment. J’ai du mal à y croire, à comprendre. Comment ? Comment peut-il s’être acharné sur ta vie ainsi ? S’être acharné sur la notre finalement… Car même si ce n’est pas lui qui a tué nore princesse, il était là, à côté d’elle, violant mon corps et mon âme…

J’inspire profondément en frissonnant, si j’avais quelque chose dans l’estomac, je pense que les souvenirs qui me reviennent en tête, aurait suffi pour me faire en rendre le contenu. Mais heureusement, ou malheureusement, je garde le contenu de ma peine et de mon horreur à l’intérieur de moi. Tu dis que je connais toute l’histoire. Je n’en suis pas si sûre. Peut-être à tes yeux, pas encore aux miens. Alors je relève les yeux pour plonger les miens dans ton regard sombre, y voyant tellement d’émotions que cela me donne le tournis. Trop… J’allais bientôt saturé. C’était trop ce soir…

« Pourquoi ne m’as-tu jamais rien dit ? »


Pourquoi ? Tellement de pourquoi. J’allais devenir folle, mes sentiments partaient dans tous les sens… Sais-tu ce que cela aurait pu changer, si tu m’avais dis la vérité ? J’aurais trouvé un meilleur lieu pour cacher notre fille. J’aurais connu les points faibles de ses monstres. J’aurais peut-être réussi à en tuer quelques uns… Ou en tout cas, j’aurais fais ce qu’il fallait faire pour s’assurer que nos dernières heures n’aient pas été aussi sombres que celles que nous avons vécus. Alors oui, pourquoi, Jensen ? Je détourne le regard, le fixant sur ses bras forts qui m’avaient si souvent enlacés et qui m’avaient un jour abandonnés…

« Etait-ce par manque de confiance ? Par manque d’amour ? Par manque d’estime, peut-être ? Quand tu t’es rendu compte de cet autre monde… N’as-tu jamais pensé à m’expliquer les dangers qui nous entouraient réellement ? »


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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Jeu 3 Aoû - 14:35




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

La vie a été cruelle avec nous Kathlyn, tellement infâme. Nous formions pourtant une famille heureuse et elle a détruit tout ce que nous avions, j’ai détruit tout ce que nous avions. Si seulement j’avais pu savoir à l’avance comment les choses se seraient passées, j’aurais tout fait différemment, mais beaucoup de personnes se disent ça, je ne suis qu’un homme de plus ayant fait les mauvais choix. Regarde où la vie nous a mené Kat, elle t’a transformé en autre créature avide de sang et elle m’a transformé en un mort-vivant qui n’attend plus que son salut. Où est passé ce couple qui vivait simplement de son bonheur ? Cette belle famille qui était heureuse à ses débuts ? Cette vie est partie loin de nous, elle nous a fui, je l’ai détruite. J’aimerais tellement la faire revenir. Parfois je me dis que j’aurais aimé qu’un autre homme ait partagé ta vie, peut-être que les choses se seraient passées autrement, peut-être que tu serais encore heureuse entre ses bras, aux côtés de ta ravissante fille.

Mon pauvre bébé... Chaque fois que je repense à Judith mon âme se meurtrie et mon cœur saigne. J’ai alors ce besoin de savoir, est-ce que Judith m’a détesté ? Est-ce que ça me soulagerait que ce soit le cas ou au contraire m’enfoncerait un peu plus ? Je ne sais pas, je ne mérite même pas la réponse, mais Kathlyn me la donne. De l’amour et de l’incompréhension, pas de haine, cette enfant était incapable de détester qui que ce soit de toute façon. Je ne méritais pas son amour. Bon sang je ne méritais pas cette famille. Les larmes coulent sur mon visage, je suis incapable de les retenir, un père qui a véritablement aimé son enfant ne peut pas rester insensible face à une telle conversation. J’essaie de me calmer, de garder une respiration normale, d’essuyer ces larmes parce que cette conversation est encore loin d’être terminée.

Alors je prends sur moi pour pouvoir lui donner des explications, pour lui raconter ma version de l’histoire, comment j’en suis arrivé à prendre ces décisions et finalement les regretter. Je lui raconte tout, ou du moins les grandes lignes, tout ce qu’il y a d’important à savoir, je n’ai pas non plus envie de m’éterniser sur un tel sujet. Parlons-en une fois, parlons-en bien, puis n’en parlons plus jamais à nouveau, je n’en serais pas capable une deuxième fois. Son regard plongé dans le mien, elle me demande pourquoi est-ce que je n’ai rien dit. Encore une décision que j’ai amèrement regretté Kathlyn, crois-moi, il y a beaucoup de choses que j’aurais refait.

- Tu te trompes Kat, ce n’est pour aucune de ces raisons. Je voulais simplement vous préserver Judith et toi, je ne voulais pas que vous participiez à cet autre monde. Si je t’avais mise au courant ils auraient fait en sorte que tu travailles pour eux. Je ne voulais pas te mettre en danger...

Mais c’est ce que j’ai fait, pire que ça, je t’ai tué et j’ai tué notre enfant. Néanmoins je refuse que tu penses que je manquais de confiance, d’amour ou d’estime envers toi, s’il y a bien une personne que j’aime et respecte le plus en ce monde, c’est toi Kathlyn. Ce sera toujours toi.

- Je suis capable t’accepter ta haine mais je refuse que tu penses que je ne t’aimais pas. Toi et Jude étiez tout ce qu’il y avait de plus important à mes yeux. Tout ce que j’aimais...

Et maintenant il ne reste plus que des lambeaux, le cadavre d’une petite fille, la renaissance d’une femme qui ne peut vivre qu’en buvant du sang. Et moi je suis resté intact à l’extérieur, toujours humain, mais tellement détruit au fond. Je ne serais pas capable de tout recommencer, de vivre à nouveau, pas alors que ce poids pèsera à jamais sur ma conscience. Bien des fois il m’est arrivé de penser que nous devrions la rejoindre, toi et moi, on pourrait retrouver Jude et reformer une famille, on prendrait un nouveau départ ailleurs, loin d’ici, si du moins il existe une vie après la mort. Mais je ne pourrais pas quitter ce monde tant que tu y seras toujours, je ne pourrais pas t’abandonner encore, voilà la raison pour laquelle je suis encore vivant aujourd’hui.

- Elle est revenue à la vie tu sais... Ils ne se sont pas juste contentés de la tuer. Elle s’est réveillée dans la morgue et elle a refait le chemin jusqu’à la maison.

Je sens ma voix se briser, je ne sais même pas pourquoi je lui raconte ça, mais j’imagine que ça aussi, elle a le droit de le savoir.

- Elle était morte de peur, ensanglantée et elle pleurait, elle n'arrêtait pas de me demander où tu étais... Puis elle a eu soif, tellement soif. J’étais prêt à lui donner ma veine, à lui offrir tout mon sang mais j’ai réalisé qu’elle aurait continué après, qu’elle aurait tué des vies innocentes avant de se faire abattre froidement. Je ne pouvais la laisser vivre dans ce traumatisme, je ne pouvais pas la laisser devenir cette personne...

Ma gorge se serre à nouveau et les larmes recommencent à monter. Bon sang malgré tout ce qu’il s’est passé je crois que c’est bien ce moment qui a été le pire de mon existence. Celui où je serrais ma fille entre mes bras pour lui retirer la vie.

- J’ai tenté de la calmer, de la bercer. Je l’ai gardé contre moi jusqu’à ce qu’elle s’endorme, je ne voulais pas qu’elle ait peur, je ne voulais pas qu’elle souffre... Puis j’ai dû... J’ai dû...

Je n’arrive pas à continuer, bien trop perdu dans ce mauvais souvenir. Je me revois attraper ce pieu et le serrer de mes deux mains si forts qu’elles en sont devenues blanches. J’ai attendu ainsi d’interminables secondes, incapable de me décider, incapable de le faire, mais le geste a fini par arriver et le pieu s’est enfoncé dans son cœur, lui retirant la vie alors que je la maintenais dans mes bras en pleurant pour elle.

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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Mar 8 Aoû - 16:06


Cruel mirage aux allures de tendresse

Je n’arrive toujours pas à comprendre comment nous en sommes arrivés là, Jensen. Tu es en train de m’expliquer cette histoire, notre histoire, et pourtant, je n’arrive pas à le relier à ce qui nous est arrivé. Le pire est surement que je peux comprendre tes raisons, que je peux imaginer ton ressenti et ta peine, mais une part de moi continue à t’en vouloir. Je ne pourrais jamais m’empêcher d’y repenser et de me demander : comment aurions-nous pu faire pour que ce soit différent ? Pour que si une seule personne soit sauvée, ce soit notre fille plutôt que nous deux ? Et je sais, je le sais, tu penses comme moi. C’est certainement le pire.

Je ne peux pas m’empêcher de te demander, de te questionner. Pourquoi m’avoir caché la vérité ? Pourquoi m’avoir caché tout cela, après nous être promis la vérité ? Et je ne peux pas m’empêcher de me demander si j’ai joué un rôle, dans ton envie de te dissimuler. J’entends tes paroles, mais je ne peux pas dire que je comprends, pas quand le prix à payer est sa vie. Mais au moins, j’ai ma réponse. Encore une fois, tu as mal agis pour de belles raisons. J’ai l’impression que c’est un peu la plaisanterie de notre vie. Je lève les yeux vers lui quand il me parle d’amour, croisant ses yeux douloureux. J’aimerais pouvoir dire que je te crois, mais il me faudra du temps. Un temps que je ne sais pas si je possède encore. J’ai du mal à croire, après toutes ces années, que ce soit l’amour qui ait pu guider tes pas. Encore une fois, il me faudra surement du temps…

Je ne sais pas si je saurais accepter plus de révélations, plus de réponses. C’est déjà trop, pour ma tête, pour mes sens. Je me sens envahie par tout ce que tu m’apprends, je sais qu’il me faudra faire le tri. Mais pas devant toi, nous avons perdus ce privilège quand la vie nous a séparés. Maintenant, je dois réapprendre à composer seule. Tu reprends la parole et j’ai envie de te crier de te taire. Mais en même temps, je ne peux qu’écouter, horrifiée, le récit que tu me fais. Pas elle… Ils ont osés la faire souffrir jusqu’au bout. Pas notre Jude. Je baisse les yeux, résistant à l’envie puérile de me boucher les oreilles, et je t’entends. Je t’entends et je l’imagine parfaitement, revêtue de sa jolie robe rose, qui devait être tâché du sang de notre mort. Je l’imagine te croiser, se jeter dans tes bras en pleurant. Je peux presque sentir l’odeur de son shampoing, la douceur de sa peau de bébé pendant cette dernière étreinte. Et ça fait mal, bien trop, bien plus que je ne peux le supporter. Les larmes coulent sans que je ne puisse les arrêter, les larmes qui concluent la vie de notre fille.

Je ne sais pas ce que je dois ressentir. Te haïr un peu plus pour ce par quoi elle est passée ? Ou t’admirer, pour avoir fait ce que je n’aurais surement jamais osé faire ? Pour avoir fait ce qu’il fallait faire. Cette vie est déjà trop dure, trop meurtrière pour une adulte, alors pour elle ? Je préfère penser qu’elle a eu une dernière belle image, en pouvant profiter de tes bras, de ta voix, avant de s’endormir à jamais, dans un monde qui ne lui fera plus jamais de mal… Tu ne peux pas savoir à quel point j’aurais aimé pouvoir la serrer également une dernière fois contre moi. Pouvoir lui dire je t’aime une autre fois, une ultime fois. Je relève les yeux, voyant ton visage hanté, tes lèvres blanches et serrés l’une contre l’autre. Je sens ton cœur qui tambourine, presque prêt à te lâcher. Je te connais tellement, que je peux même imaginer ce que tu penses en cet instant… Je me rapproche, entourant précautionneusement ton visage entre mes deux mains, c’est si étrange de penser, de devoir me rappeler, que tu es le plus fragile de nous deux, quand je sais que tu as une telle force intérieure. J’amène doucement ton visage au mien, déposant mon front contre le tien, et je reprends la parole après quelques secondes, sans chercher à cacher mes larmes ou ma peine, pas même mon léger sourire triste.

« Tu as fais ce qu’il fallait, Jensen. Même si j’aurais aimé plus que tout pouvoir la prendre une dernière contre moi… Je sais qu’elle n’aurait pas pu survivre à cette vie, pas après cette nuit-là. Ce monde est bien trop sombre pour son petit cœur lumineux. Alors merci. Pour elle. Et pour avoir été là pour le moment le plus dur de sa vie et pour lui avoir apporté tout ton amour. »

Quand je vois les mois qui ont passés après ma mort, je sais que jamais elle n’aurait pu survivre à cette vie, elle en serait devenue folle. Si je t’avais croisé ce soir-là si je t’avais vu la tuer, je n’aurais pas compris, je serais surement devenue folle. Mais après toutes les épreuves par lesquelles je suis passée… Je sais que ton choix a été le meilleur pour elle, même si mon cœur de mère en souffre, je comprends et… j’approuve ce choix. Ton choix.

« Laisses-la partir, Jen’, laisses-la reposer en paix. Tu as fais le choix qu’il fallait. Maintenant, il faut que tu fasses les choix appropriés pour pouvoir te présenter devant elle sans avoir honte. Et je sais que tu les feras. »


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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Jeu 17 Aoû - 16:09




Cruel mirage aux allures de tendresse
Kathlyn & Jensen

Ces retrouvailles, je ne sais pas si elles me font du bien ou me brisent un peu plus. Je devrais être soulagé de te voir debout en face de moi, vivante, physiquement en forme même si je sais qu’à l’intérieur tu dois être tout autant détruite que je le suisi, si ce n’est plus. Pourtant je ne peux m’empêcher de voir également la strigoï, l’ennemie, une femme dangereuse, une espèce que mon métier m’a appris a tué. Sauf que plus rien ne compte vraiment à mes yeux, ni ce qu’on m’a enseigné, ni même ce que tu pourrais faire de moi. Epargne-moi, tue-moi, peu importe, les deux solutions ne sont pas si éloignées l’une de l’autre en réalité. Vivre ou mourir, ce ne sont que des mots à mes yeux.

Que vas-tu faire maintenant que tu sais la vérité Kathlyn ? Que vas-tu décider ? Avant que tu ne choisisses, j’ai encore quelque chose à te confier, une autre vérité, un autre événement qui te brisera encore, tout comme il m’a brisé également. Je devrais peut-être te l’épargner, mais tu m’en voudrais de te cacher encore la vérité, alors je parle. Je lui raconte comment notre fille est revenue à la vie, comment elle est rentrée à la maison, apeurée, assoiffée, à la recherche de sa mère. Je lui raconte comment j’ai réussi à la calmer, avant de finalement la tuer. Oui Kathlyn, l’homme que tu as épousé est aussi monstrueux que ça, capable de tuer la perle de sa vie. J’aperçois les larmes monter dans tes yeux et j’aimerais pouvoir te prendre dans mes bras, pouvoir te réconforter, mais je sais que je n’en ai pas le droit, pas quand je suis le responsable de tous nos malheurs. Pourtant c’est toi qui te rapproche, toi qui initie le contact, toi qui essaie de me remonter le moral. Comment peux-tu être encore si douce avec moi après ce que je nous ai fait endurer ?

- Ne me remercie pas, s’il te plaît ne me dis pas ces mots alors que j’ai tué notre enfant, alors que je t’ai tué toi.

Tu n’as pas le droit de me remercier ni de me pardonner, pas après tout ce qu’il s’est passé, pas alors que je n’ai rien pu empêcher. J’aimerais réellement pouvoir profiter de ce contact davantage, mais je m’en éloigne, m’écartant d’elle. Je ne te mérite pas Kathlyn. Je ne méritais pas Jude non plus. Tu me demandes de la laisser partir mais je ne crois pas en être capable, je ne crois pas pouvoir un jour me présenter devant elle sans honte. Tu es persuadée que j’y arriverais, mais je n’ai pas autant de convictions que toi à ce sujet. Je ravale mes émotions, mes larmes, mes souvenirs, je ne poursuivrais pas une telle conversation, laisse-moi redevenir cette âme meurtrie et errante.

- Je t’aime Kat, fais attention à toi. Cette ville est dangereuse, même pour ton espèce.

Je ne sais pas si c’est un adieu ou des au revoir, je sais simplement que je ne peux pas continuer à te regarder comme ça, sans avoir le droit de te toucher, de t’embrasser ou de te tenir dans mes bras. Il faut que je m’éloigne, car le véritable danger pour toi, ça a toujours été moi. Je ne mettrais pas encore une fois ta vie en danger Kathlyn, je ne te détruirais pas une deuxième fois. Tu auras plus de chances de retrouver le bonheur loin de moi, quant à moi il y a bien longtemps que je me suis interdis de pouvoir être heureux à nouveau.

Je lui tourne le dos, prêts à m’en aller, à retourner me noyer dans le travail ou dans le whisky, l’un comme l’autre m’aidera à penser à autre chose, à oublier. Néanmoins je ne pars pas encore, je crois qu’au fond de moi je n’ai pas envie de m’éloigner d’elle à nouveau, pourtant il le faut. Je ne pars toujours pas, je ne me retourne pas non plus. A la place je finis juste par reprendre la parole, lui posant une question.

- As-tu un endroit sécurisé où loger ?

Oui, c’est ce qui m’empêche de partir, j’ai besoin de la savoir saine et sauve. Je refuse de la tuer, mais je refuse aussi de la laisser se faire abattre sauvagement. Comme je l’ai dit, Missoula n’est pas un endroit sécurisé, même pour les strigoïs, pas alors que l’unité guette les rues à la recherche d’un autre immortel à capturer ou à tuer. Je ne les laisserais pas te ramener dans leurs cages. Je ne les laisserais pas non plus te massacrer. Ironique tout de même, un tueur de strigoïs se retrouve à en protéger une, mais il faut dire que ce n’est pas n’importe laquelle.

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MessageSujet: Re: Cruel mirage aux allures de tendresse   Mar 22 Aoû - 21:07


Cruel mirage aux allures de tendresse

Tes mots ont un immense pouvoir, Jensen. Ils sont capables de me briser et de me reconstruire en même temps. Mais pour le moment, j’ai encore du mal à y croire, à croire à tout ce que tu m’as appris, cela fait trop en un soir. Malgré tout, je dois bien reconnaître que tout ton récit est cohérent, c’est tout à fait toi, de faire les mauvaises actions avec de bonnes intentions, mais je ne sais pas si je pourrais par-dessus ce qui est arrivé à notre fille. S’il n’y avait que moi dans cette histoire, je sais, de source sûre que j’aurais pu te pardonner. Mais pour elle…

Justement, tu parles maintenant de notre Jude et j’aimerais te faire taire tout autant que t’inciter à continuer. T’entendre est douloureux, parce que j’imagine parfaitement, si parfaitement la scène. Et savoir que je n’ai pas pu être là pour la serrer contre moi une toute dernière fois me brise presque. Mais ensuite, je relève la tête et je peux voir ton émotion, ta douleur, ta colère. Et mes émotions s’apaisent, la douleur est toujours là, lancinante, mais je sais en cet instant que je trouverais la force de te pardonner, pour elle, car tu as été là pour le moment le plus important de sa vie. Car tu as fais ce que tu devais faire pour la préserver de l’Enfer. Tu as agis comme tu le devais, Jensen, même si tu n’y croirais surement pas… Je ne réplique pas quand tu me contredis, parce que je sais qu’il te faudra du temps pour accepter, pour te relever, mais je souhaiterais que tu saches te pardonner…

Tu romps ce contact entre nous deux et c’est presque physiquement douloureux, quand tu reprends tes distances. J’aimerais de nouveau la combler, mais peut-être as-tu raison de t’éloigner. Après tout, avec mes nouveaux instincts, on ne peut pas avoir confiance en moi, en ma force, en ma résistance face au sang… Oui, tu as surement fait le meilleur choix. Mais j’aimerais qu’il y en ait un autre… Malgré tout, je ne m’attarde pas sur cela, je préfère continuer de parler, te demander d’avancer. Parce que c’est la seule façon pour toi, de pouvoir de nouveau vivre… Et même si tu ne le veux pas, pas tout de suite, j’espère qu’un jour, tu sauras écouter ses mots.

Tes mots font naître un sentiment de confusion, à la fois doux et amer, en moi. Est-ce que c’est possible d’aimer encore, quand tu n’as pas vu l’autre depuis si longtemps ? Je ne sais déjà pas si j’arriverais à croire en ton amour au moment de ma mort, alors voir aussi loin… Je ne sais pas si je veux y croire. Parce que la femme que tu as aimé est morte ce soir-là et il n’en reste qu’une copie légèrement changée. Quand à parler de mon espèce… Ce sont ses mots qui me font mal. Ses mots qui me rappellent notre différence. Qui me rappellent que je suis morte et que j’aurais dû le rester, que normalement, je ne devrais pas être là…

« Jensen… »


Je ne sais pas si c’est dû à mon appel de ma voix éternellement brisée ou si c’est de ta volonté, mais de façon presque synchronisé, tu me tournes le dos, provoquant un pic de douleur dans mon cœur mais aussi un horrible sentiment d’urgence. Tu ne peux pas déjà partir. Si tu le fais, j’ai l’horrible certitude que je ne te reverrais plus jamais et je ne sais pas si je peux le supporter… Je ne sais pas si je t’aime encore, mais j’ai besoin de toi. Tu es la seule chose qui m’a empêché de devenir folle sous le poids de tous ses instincts, je ne peux pas m’imaginer sans toi… Ta voix me rappelle à la réalité et je remarque que je me suis légèrement recroquevillée, mes bras autour de mon ventre. Je suis devenue faible, il faut croire. Mais c’est cette vie qui fait que je ne peux plus avoir confiance en rien. Et pourtant, il faut continuer à avancer, n’est-ce pas ?

« Ce n’est pas vraiment sécurisé, mais j’ai un endroit où passer la journée oui… »

C’est même tout le contraire de sécurisé, mais je ne me voyais pas faire comme le font apparemment les êtres de mon espèce et éjecter les gens de chez eux, de leurs demeures. Alors, j’ai trouvé un hôtel dont j’ai calfeutré les fenêtres, ce qui n’empêche pas bien sur les femmes de chambre d’ouvrir les volets si j’oublie de les prévenir… Disons que j’ai déjà été quelques fois surprise. Malgré tout, comme tu le vois, je suis toujours vivante…

Je m’approche de ton dos, m’arrêtant à un pas de distance. Ne t’inquiète pas, je ne chercherais pas à te retenir contre ta volonté, mais j’ai malgré tout une dernière demande… Je baisse le regard sur tes mains et laisse ma voix râpeuse s’élever, doucement, prudemment…

« Est-ce que… Tu as accès à notre affaire ? Je… Enfin on me croit morte donc je ne peux pas m’en approcher. Mais j’aimerais avoir une photo de notre famille, un souvenir… Si tu peux, bien sur. »


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